Définition dans McClintock & Strong

Ndengei

Ndengei, le plus élevé et principal des êtres divins adorés par les Insulaires des Fidji. Ndengei est pour eux l'incarnation de l'idée abstraite de l'existence éternelle. Il n'est sujet à aucune émotion ni sensation, ni à aucun appétit autrement que la faim. Ils croient que ce dieu se manifeste sous diverses formes d'âge en âge, mais il est réellement adoré sous la forme d'un énorme serpent. Selon les Fidjiens, Ndengei mène une existence monotone dans une caverne obscure — le creux d'un rocher intérieur près de l'extrémité nord‑est de Viti Levu ; n'éprouvant d'intérêt pour personne sauf pour son serviteur Uto, et ne donnant de signes de vie qu'en mangeant, en répondant à son prêtre, et en changeant de position d'un côté à l'autre. Il y a dans cette description des traits qui rappellent Chronos de la mythologie grecque. Le mot Ndengei est supposé par quelques-uns être une corruption de la première partie du nom Tangasoa, ou grand Tanga, la divinité principale de la Polynésie ; mais que cette idée soit fondée ou non, une grande vénération est entretenue pour Ndengei, car on croit que, à la mort, l'esprit se rend immédiatement auprès de cette divinité, soit pour être purifié, soit pour recevoir son jugement. Cependant tous les esprits ne sont pas autorisés à atteindre le siège du jugement de Ndengei, car la route est obstruée par un gigantesque géant brandissant une grande hache, avec laquelle il attaque tous ceux qui le rencontrent, et ceux qui sont blessés n'osent se présenter devant Ndengei, et sont obligés d'errer dans les montagnes. « À Rewa, » dit le capitaine Wilkes, de l'expédition américaine d'exploration, « on croit que les esprits se rendent d'abord à la demeure de Ndengei, qui attribue certains d'entre eux aux démons pour nourriture, et renvoie les autres à Mukalon, une petite île au large de Rewa, où ils restent jusqu'au jour fixé, après quoi ils sont tous condamnés à l'anéantissement. » Les jugements ainsi attribués à Ndengei semblent être davantage ascrits à son caprice qu'à quelque mérite de l'âme défunte. Voir Williams, Fiji and the Fijians, éd. par Rowe (Lond. 1870, 12mo), chapitre 7. (J.H.W.)

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.