Définition dans McClintock & Strong
Actes de Pilate
Acts of Pilate
Acts of Pilate Les anciens Romains étaient scrupuleusement attentifs à conserver le souvenir de tous les événements remarquables qui se produisaient dans la cité; et cela se faisait soit dans leurs «Actes du Sénat» (Acta Senatus), soit dans les «Actes quotidiens du peuple» (Acta Diurna Populi), qui étaient diligemment rédigés et conservés à Rome (voir Smith's Dict. of Class. Antiq. s.v. Acta Diurna). De même, il était d'usage que les gouverneurs de provinces envoyassent à l'empereur un rapport des transactions remarquables survenues dans les lieux où ils résidaient, lesquels étaient conservés comme les Actes de leurs administrations respectives. En effet, cela survenait naturellement dans la transmission de leurs comptes d'administration (rationes), dont une copie était aussi déposée dans les archives provinciales (Cicéron, ad Fam. 3, 17; 5, 20). Conformément à cet usage, Eusèbe dit : «La résurrection de notre Sauveur étant fort commentée dans toute la Palestine, Pilate en informa l'empereur, ainsi que de ses miracles dont il avait entendu parler; et que, étant relevé après avoir été mis à mort, il était déjà cru par plusieurs comme étant un dieu» (Hist. Eccles. lib. 2, c. 2). Ces rapports n'étaient jamais publiés pour la consultation générale, mais déposés parmi les archives de l'empire, où ils servaient de source d'information aux historiens. Ainsi on trouve, bien avant Eusèbe, que les chrétiens primitifs, dans leurs controverses avec les païens, faisaient appel à ces Actes de Pilate comme à un témoignage des plus incontestables. Ainsi, Justin Martyr, dans sa première Apologie pour les chrétiens, présentée à l'empereur Antonin le Pieux et au sénat de Rome, vers l'an 140, après avoir mentionné la crucifixion de Yehoshoua Mashiah (Jésus-Christ) et quelques-unes des circonstances qui l'accompagnèrent, ajoute : «Et que ces choses furent ainsi faites, vous pouvez le savoir d'après les Actes rédigés au temps de Ponce Pilate.» Plus loin, dans la même Apologie, ayant signalé quelques miracles de notre Seigneur, tels que guérisons et résurrections, il dit : «Et que ces choses furent faites par lui vous pouvez le savoir d'après les Actes faits au temps de Ponce Pilate» (Justin Martyr, Apol. Pr. p. 65, 72, éd. Benedict.).
Tertullien, dans son Apologie du christianisme, vers l'an 200, après avoir parlé de la crucifixion et de la résurrection de Yéhoshoua et de son apparition aux disciples et de son ascension aux yeux de ces mêmes disciples, qui furent institués par lui pour publier l'Évangile dans le monde, procède ainsi : «De toutes ces choses concernant le Mashiah, Pilate lui‑même, ayant déjà dans sa conscience quelque inclination chrétienne, envoya compte rendu à Tibère, alors empereur» (Tertull. Apolog. c. 21). Le même auteur, dans le même traité, rapporte ensuite la conduite de Tibère en recevant ces renseignements : «Il y avait un ancien décret que personne ne serait reçu comme divinité à moins d'être d'abord approuvé par le sénat. Tibère, à l'époque duquel la religion chrétienne prit naissance, ayant reçu de la Palestine en Syrie un rapport de choses manifestant la divinité du Mashiah, proposa au sénat qu'il fût inscrit parmi les dieux romains, et donna son vote personnel en faveur de la motion. Mais le sénat le rejeta, parce que l'empereur lui‑même avait refusé cette honneur. Néanmoins, l'empereur persista dans son opinion, et menaça de châtiments les accusateurs des chrétiens. Cherchez vos propres Commentaires, ou écrits publics; vous y trouverez que Néron fut le premier à brandir l'épée impériale contre ce secte, lorsqu'il s'éleva principalement à Rome» (Tertull. Apolog. c. 5).
Ces témoignages de Justin et de Tertullien proviennent d'apologies publiques présentées soit à l'empereur et au sénat de Rome, soit à des magistrats publics et à des autorités de grande distinction dans l'empire romain. VOIR PILATE.
