Définition dans McClintock & Strong
Actes du Mashiah (spurieux)
Acts of Christ, Spurious
Acts of Mashiah (Christ), Spurious Plusieurs paroles attribuées à notre Seigneur Yéhoshoua (Jésus), et qui seraient, selon la tradition alléguée, transmises par la tradition, peuvent être comprises sous cette rubrique, dans la mesure où elles sont supposées par quelques hommes érudits avoir été tirées d'histoires aujourd'hui disparues (comp. Luc 1:1). VOIR APOCRYPHA.
1. La seule parole de ce genre apparemment authentique est le beau sentiment cité par Paul (Actes 20:35), «Il est plus bienfaisant de donner que de recevoir», auquel le terme apocryphe a parfois été appliqué, attendu qu'il ne se trouve dans aucun des Évangiles existants (ainsi Gausen, dans son Theopneustia, trad. angl. 1842). Heinsius pense que le passage est pris d'un livre apocryphe perdu, tel que celui intitulé, dans les Reconnaissances de Clément, «le Livre des Paroles du Mashiah (Christ)», ou les prétendues Constitutions des Apôtres. D'autres, toutefois, estiment que l'apôtre ne se réfère pas à une parole unique et particulière de notre Sauveur, mais qu'il a déduit les sentiments du Mashiah (Christ) sur ce sujet d'un ensemble de ses paroles et paraboles (voir Matthieu 19:21; Matthieu 25; et Luc 16:9). Mais la probabilité est que Paul a reçu ce passage par la tradition des autres apôtres.
2. Il existe une parole attribuée au Mashiah dans l'Épître de Barnabas, ouvrage au moins du second siècle : «Résistons à toute iniquité, et haïssons-la»; et encore, «Ainsi ceux qui voudraient me voir, et saisir mon royaume, doivent me recevoir à travers beaucoup de souffrance et de tribulation»; il n'est cependant pas improbable que ces passages ne contiennent qu'une allusion à quelques-uns des discours de notre Seigneur.
3. Clemens Romanus, troisième évêque de Rome après saint Pierre (ou l'écrivain qui se présente sous le nom de Clément), dans sa Seconde Épître aux Corinthiens, attribue la parole suivante au Mashiah : «Quoique vous soyez unis à moi dans mon sein, et que vous ne gardiez point mes commandements, je vous rejetterai, et je dirai, Éloignez-vous de moi, je ne sais d'où vous êtes, ouvriers d'iniquité.» Ce passage paraît évidemment tiré de l'Évangile de Luc, Luc 13:25-27.
Il existe de nombreux passages semblables que plusieurs écrivains éminents, tels que Grabe, Mill, et Fabricius, ont considérés comme dérivés d'évangiles apocryphes, mais qui paraissent, avec plus de probabilité, n'être rien d'autre que des citations vagues des Écritures, très communes parmi les Pères apostoliques.
Il y a une parole du Mashiah, citée par Clément dans la même épître, que l'on trouve dans l'Évangile apocryphe des Égyptiens : «On demanda au Seigneur quand son royaume viendrait; il répondit, Quand deux deviendront un, et ce qui est sans comme ce qui est dedans, et le mâle avec la femelle ni mâle ni femelle.» VOIR ÉVANGILES (APOCRYPHES).
Nous devons ici mentionner que l'authenticité de la Seconde Épître de Clément est elle‑même discutée, et rejetée par Eusèbe, Jérôme, et d'autres; au moins Eusèbe dit d'elle : «Nous ne savons pas si celle-ci est aussi approuvée que la précédente, ni si elle a été usitée des anciens» (Hist. Eccl. 3, 38, trad. de Cruse, 1842). VOIR CLEMENT.
4. Eusèbe, au dernier chapitre de l'ouvrage cité, rapporte que Papias, compagnon des apôtres, «donne une autre histoire d'une femme qui avait été accusée de nombreux péchés devant le Seigneur, laquelle se trouve aussi dans l'Évangile selon les Nazoréens.» Comme ce dernier ouvrage est perdu, il est douteux à quelle femme l'histoire se rapporte. Quelques-uns supposent qu'elle renvoie à l'histoire de la femme surprise en adultère; d'autres, à la femme de Samarie. Papias rapporte deux discours attribués au Mashiah, préservés par Irénée (Adversus Haeres. v. 33), relatifs à la doctrine du Millénium, dont Papias paraît avoir été le premier propagateur. Le Dr. Grabe a défendu la véracité de ces traditions, mais les discours eux‑mêmes sont indignes de notre bienheureux Seigneur.
5. Il existe une parole attribuée au Mashiah par Justin Martyr, dans son Dialogue avec Tryphon, que le Dr. Cave a supposé tirée de l'Évangile des Nazoréens. M. Jones la conçoit comme une allusion à un passage du prophète Ézéchiel. Le même Père nous fournit une histoire apocryphe du baptême de Yéhoshoua, dans laquelle il est affirmé qu' «un feu s'alluma dans le Jourdain.» Il nous apprend aussi que le Mashiah travailla, lorsqu'il fut sur la terre, au métier de charpentier, fabriquant des charrues et des jougs pour les bœufs.
6. Irenaeus conserve quelques paroles apocryphes du Mashiah, mais sa remarque la plus remarquable est que le Mashiah «vécut et enseigna au‑delà de sa quarantième ou même cinquantième année.» Il fonde cela en partie sur des inférences absurdes tirées du caractère de sa mission, en partie sur Jean 8:57, et aussi sur ce qu'il allègue être le propre témoignage de Jean rendu aux presbytres d'Asie. Il est à peine nécessaire de réfuter cette idée absurde, qui contredit toutes les affirmations des évangiles authentiques. On trouve aussi une parole absurde attribuée au Mashiah par Athénagoras (Legat. pro Christianis, cap. 28).
7. Diverses paroles sont attribuées à notre Seigneur par Clément d'Alexandrie et plusieurs Pères. L'une des plus remarquables est : «Soyez habiles changeurs d'argent.» On suppose qu'elle se trouvait dans l'Évangile des Nazoréens. D'autres pensent qu'il s'agit d'une ancienne interpolation dans le texte des Écritures. Origène et Jérôme la citent comme parole du Mashiah.
8. Dans Origène, Contre Celse, lib. 1, se trouve une histoire apocryphe de notre Sauveur et de ses parents, dans laquelle il est reproché au Mashiah d'être né dans un village misérable, d'une femme pauvre qui gagnait sa vie en filant, et qui fut renvoyée par son mari, un charpentier. Celse ajoute que Yéhoshoua fut contraint par la pauvreté de travailler comme serviteur en Égypte, où il apprit de puissantes pratiques, et que, pour cette raison, on devait l'estimer pour un dieu. On trouvait un récit analogue dans quelques livres apocryphes existant au temps de saint Augustin. Ce fut probablement une fabrication juive. Augustin, Épiphane, et d'autres Pères citent également des paroles et actes du Mashiah, qu'ils ont probablement rencontrés dans les premiers évangiles apocryphes.
9. Il subsiste un hymne apocryphe du Mashiah, attribué aux priscillianiens par saint Augustin. Il y a aussi beaucoup de tels actes et paroles dans le Coran de Mahomet, et d'autres dans les écrits des docteurs mahométans (voir Toland, Nazarenus).
10. On attribue aux mêmes personnes une prière à notre Sauveur, imprimée en latin et en arabe dans le savant Commentaire de Selden sur les Annales d'Eutychès d'Alexandrie, publié à Oxford en 1650 par le Dr. Pococke. Elle contient une demande de pardon des péchés telle qu'elle suffit à la condamner comme fausse.
11. Il existe une lettre curieuse, dite avoir été écrite à notre Sauveur par Agbarus (ou Abgarus), roi d'Édesse, le priant de venir et de guérir une maladie dont il souffrait. La lettre, ainsi que la réponse supposée du Mashiah, sont conservées par Eusèbe. Cet historien érudit affirme avoir obtenu les documents, avec l'histoire, des registres publics de la ville d'Édesse, où ils existaient de son temps en langue syriaque, d'où il les traduisit en grec. VOIR AGBARUS.
Ces lettres sont également mentionnées par Éphrem le Syrien, diacre d'Édesse, à la fin du quatrième siècle. Jérôme s'y réfère dans son commentaire sur Matthieu 10, et elles sont mentionnées par le pape Gélase, qui les rejette comme spuries et apocryphes. Elles sont cependant regardées comme authentiques par Évagre et des historiens postérieurs. Parmi les écrivains modernes, l'authenticité de ces lettres a été soutenue par le Dr. Parker (dans la préface à sa Demonstration of the Law of Nature and the Christian Religion, part 2, § 16, p. 235); par le Dr. Cave (dans son Historia Literaria, vol., p. 23); et par Grabe (dans son Spicilegium Patrum, particulièrement p. 319). D'un autre côté, la plupart des écrivains, y compris la grande majorité des théologiens catholiques romains, les rejettent comme apocryphes. M. Jones, dans son précieux ouvrage sur l'Autorité canonique du Nouveau Testament, bien qu'il n'ose nier que les Actes aient été contenus dans les registres publics de la ville d'Édesse, donne toutefois comme conjecture probable — en faveur de laquelle il avance quelques fortes raisons tirées de preuves internes — que tout ce chapitre (à savoir le 13e du premier livre) de l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe est lui‑même une interpolation. VOIR EPISTLES (APOCRYPHES).
12. L'autre histoire apocryphe relatée par Évagre, d'après Procope, affirme qu'Agbarus envoya un peintre pour dessiner le portrait de notre Sauveur, mais que, n'en pouvant venir à bout à cause de la clarté du visage du Mashiah, notre «Sauveur prit un linge, et, le posant sur son visage divin et vivifiant, y imprima son effigie.» Cette histoire de l'image du Mashiah est rapportée par plusieurs, au Second Concile de Nicée, et par d'autres écrivains anciens, dont l'un (Léon) assure s'être rendu à Édesse et avoir vu «l'image du Mashiah, non faite de mains, vénérée par le peuple.» C'est la première des quatre ressemblances du Mashiah mentionnées par les anciens écrivains. La seconde est celle dite avoir été estampée sur un mouchoir par le Mashiah, et donnée à Véronique, qui l'avait suivi jusqu'à sa crucifixion. La troisième est la statue du Mashiah, que Eusèbe assure avoir été érigée par la femme qu'il avait guérie d'une perte de sang, et que l'historien savant nous dit avoir vue à Césarée de Philippe (Eusèbe, Hist. Eccl. 7, 18). Sozomène et Cassiodore affirment que l'empereur Julien fit enlever cette statue et ériger la sienne à sa place. Il est cependant dit par Astérius, écrivain du quatrième siècle, qu'elle fut enlevée par Maximin, prédécesseur de Constantin. La quatrième image est celle que Nicodème présenta à Gamaliel, conservée à Berytus, et qui, ayant été crucifiée et percée d'une lance par les Juifs, laissa couler du flanc du Mashiah du sang et de l'eau. Ceci est affirmé dans un traité apocryphe relatif à la passion et à l'image du Mashiah, faussement attribué à Athanase. Eusèbe, l'historien, affirme (l. c.) qu'il avait de même vu ici les images de Pierre, Paul, et du Mashiah lui‑même, de son temps (voir aussi Sozomène, Hist. Eccl. 5, 21). Que de tels reliques aient été effectivement exposées est donc indubitable, mais leur authenticité est autre chose. Elles faisaient probablement partie des miracles pontificaux et des fraudes pieuses des temps superstitieux. VOIR Yehoshoua Mashiah (Jésus-Christ).
