Définition dans McClintock & Strong

Abracadabra (incantation magique)

Abracadabra

Abracadabra un mot magique d’origine factice, comme la plupart des incantations allitératives. On le trouve sur l’un des amulettes sous lesquelles les hérétiques basilidiens auraient censément dissimulé le nom de Dieu. Il fut tiré du culte syrien, et recommandé comme charme magique contre le tremblement et la fièvre. Il est décrit par Serenus Sammonicus (l’aîné), qui est d’ordinaire classé, apparemment sans raison, parmi les disciples de Basilide (q.v.). Le mot s’écrivait en une sorte de cône inversé, omettant la dernière lettre à chaque répétition. Les vers de Serenus (De Medicina) qui le décrivent sont les suivants :

"Mortiferum magis est, quod Graecis hemitritaeum
Vulgatur verbis, hoc nostra dicere lingua
Non potuere ulli, nec voluere parentes.
Inscribis Chartae, quod dicitur Abracadabra,
Saepius et subter repetis, sed detrahe summam,
Et magis atque magis desint elementa figuris
Singula, quae semper rapies, et caetera figes,
Donec in angustum redigatur litera conum,
His lino nexis collum redimere memento," etc.

Ainsi : A B R A C A D A B R A
A B R A C A D A B R
B R A C A D A B A
B R A C A D A A
B R A C A D A B R A C A A B R A C A B R A A B R A B A

Différentes opinions ont été avancées quant à l’origine et au sens du mot. Basnage l’attribua à un Égyptien, Beausobre à un Grec, d’autres à une origine hébraïque, mais Grotefend (in Ersch et Gruber, Encycl. s.v.) tente de prouver qu’il est d’origine perse (ou plutôt pehlevi). Comme des amulettes grecques sont inscrites ABPACADABPA, il considère comme certain que le mot doit se prononcer Abrasadabra. Il le dérive du perse Abrasax (le nom de l’Être Suprême) et du chaldéen דַּבּוּרָא (l’énonciation), de sorte que le sens en serait « un oracle divin ». Cette explication, pense Grotefend, jette quelque lumière sur d’autres mots magiques que les basilidiens employaient de façon voisine des Thibétains et Mongols leur Hommani Peme‑Hum ; tels que les palindromes Ablanathanalba et Amoroma. — Lardner, Works, 8, 683 ; C. F. Ducange, Glossarium, s.v. VOIR ABRAXAS.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.