Définition dans McClintock & Strong

Isaac Abravanel (Abarbanel)

Abrabanel, Abrabenel, or Abravanal Isaac

Abrabanel, Abrabenel, or Abravanal Isaac (aussi appelé ABARBANEL, ABRAVENEL, BARBANELLA, RAVANELLA), ISAAC, un rabbin célèbre, né à Lisbonne en 1437. Il descendait d'une famille juive ancienne et distinguée, qui prétendait pouvoir retracer sa généalogie jusqu'au roi David. Il fut favori d'Alphonso V de Portugal, mais après la mort de ce roi il fut accusé de certains méfaits et contraint de quitter le Portugal. Il se réfugia en Castille, où il obtint (1484) un emploi auprès de Ferdinand et d'Isabella; mais, en 1492, avec le reste des Juifs, il fut expulsé du royaume. Il alla d'abord (1493) à Naples, où il gagna la confiance du roi Ferdinand I. Après la conquête de Naples par Charles VIII de France, il suivit Alphonso II en Sicile. Après la mort d'Alphonso il s'enfuit à Corfou, puis (1496) à Monopoli, ville de l'Apulia, et finalement (1503) à Venise, ville dans laquelle il devint fort populaire en mettant fin à un conflit entre les Vénitiens et les Portugais. Il mourut enfin à Venise en 1508. Son corps fut transporté à Padoue et y fut enterré avec les plus grands honneurs de la part de la république de Venise. Abrabanel fut un étudiant et un écrivain infatigable, et est placé par les Juifs presque au même rang que Maïmonide. Il écrivit avec âpreté contre le christianisme, mais ses commentaires sont néanmoins fort estimés, car il prend grand soin d'exposer le sens littéral du texte. Les plus importants d'entre eux sont, פֵּרוּשׁ הִתּוֹרָה, un Commentary on the Pentateuch (fol. Venice, 1579, and later; best ed. by Van Bashuysen, fol. Hanau, 1710); פֵּרוּשׁ רַאשׁוֹנַים נבַיאַים, un Commentary on the Early Prophets [Joshua - Kings] (fol. Pesaro, 1522; Naples, 1543; best ed. by Pfeiffer and Christiani, Leipz. 1686); עֲסִר פֵּ8 נבַיאַים א2ֲ2ִח - רוֹנַים וּתרֵי, un Commentary on the [properly so called] Prophets (fol. Pesaro, 1520; best ed. Amst. 1641); פֵּ8 דָּנַיֵּאל, un Commentary on Daniel (4to, Naples, s. d.; Ferrara, 1651, and later; best ed. Venice, 1652). Ce commentaire renferme les invectives les plus vives contre Mashiah et les chrétiens, bien que quelques-unes d'entre elles soient omises dans la seconde édition (voir De Rossi, Bibl. Jud. Antichr. p. 7 sq.), et il provoqua par conséquent un grand nombre de réfutations de la part de Danz, C. l'Empereur, Seb. Schnell, Pfeiffer, Koppen, Brand, H. Gebhard, J. Fr. Weidler, et C. G. Mundinus. Des traductions latines furent publiées des Commentaires sur Nahum and Habakkuk par J. Meyer (in his Notes to Seder Olam); du commentaire sur Haggai par Scherzer (Trifol. Or. Lips. 1663 and 1672), et Abicht (Select. Rabb. Phil.); des commentaires sur Malachi par J. Meyer (Hamburg, 1685). Une traduction de l'ensemble du commentaire fut faite, mais non publiée, par un ancien Juif à Vienne. La préface de ce travail par le rabbin Baruch donne un essai sur la vie et les écrits d'Abrabanel, compilé d'après ses œuvres. Il écrivit aussi מִשׁמַיעִ ישׁוּעָה (héraut du salut), une explication des principaux passages messianiques de l'Ancien Testament, ouvrage dans lequel est présenté un système complet des vues de la théologie juive concernant le Mashiah. Ce travail, dans lequel Abrabanel donne libre cours à son animosité contre les chrétiens, fut rédigé par lui à Monopoli, et publié pour la première fois (in 4to) sans indication de lieu (probablement à Salonichi) en 1526 (again, Amsterdam, 1644; Offenbach, 1767). Une traduction latine, sous le titre Proeco Salutis, fut publiée par H. May (Frankfort-on-the-Main, 1712, 4to), qui, en lieu de préface, donne une biographie d'Abrabanel. רֹאשׁ אֲמָנָה (head of security), un traité sur les articles de la foi juive (first ed., Constantinople, 1505, fol.). עֲטֶרֶת זקֵנַים (crown of old men), une des premières œuvres de l'auteur, dans laquelle il traite des différents genres de prophétie (first printed at Sabionetta, 1537, 4to). מַפעֲלוֹה א6לֹהַים (œuvres d'Elohîm), un traité philosophique sur la création du monde, dans lequel il combat l'hypothèse d'une éternité du monde (Venice, 1592, 4to). Plusieurs ouvrages d'Abrabanel n'ont pas encore été imprimés. La proposition de Bashuysen d'éditer une édition complète de toutes les œuvres d'Abrabanel n'a jamais été exécutée. Toutes ses œuvres sont en hébreu, mais plusieurs de ses dissertations ont été traduites en latin par Buxtorf (4to, Basil, 1660) et d'autres. Bien qu'il ait passé de longues années dans les cours royales, Abrabanel exprima dans un de ses ouvrages des opinions très décidées en faveur de la république. Il laissa deux fils, dont l'un se distingua comme médecin et comme auteur d'un poème italien, Dialogi d' Amore; l'autre embrassa la religion chrétienne. Le fils de celui-ci publia à Venise, en 1552, une collection de lettres hébraïques. — Winer, Theol. Lit. vol. 1; Furst, Bib. Jud. 1, 11 sq.; Jost, Gesch. d. Judenthums, 3, 104; Wolf, Biblioth. Hebraica, 3, 544; Mai, Dissertatio de origine, vita et scriptis Abrabanielis (Altdorf. 1708); Hoefer, Biographie Generale, 1, 31; Ersch and Gruber, Encycl. s.v.

Source

John McClintock et James Strong, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature (1867-1894), domaine public ; traduction française À l'ombre du figuier.