Définition dans Jewish Encyclopedia
Zorobabel
ZERUBBABEL
Fils de Shealtiel (Esdras iii. 2, 8 ; Aggée i. 1 ; « Pedaiah » dans 1 Chroniques iii. 19 est probablement une erreur de copiste) et petit‑fils de Joïachin. Le nom est soit l'hébreu ^33 yilT (= « engendré de [en] Babylonie »), bien que les composés avec le participe passif, fréquents en assyrien, se rencontrent rarement, voire jamais, en hébreu ; ou, plus probablement, il s'agit de l'assyro‑babylonien « Zeru‑Babel » (= « semence ou postérité de Babylone »). Il est sujet à discussion de savoir s'il fut ou non identique à Sheshbazzar, « le prince de Juda » et chef du premier grand groupe d'exilés retournant à Jérusalem depuis Babylone sous Cyrus (Esdras i. 8). D'une part, on fait valoir qu'il est considéré comme le chef de la communauté des exilés rentrés (Esdras iv. 2), qu'il est associé à ce titre avec le grand prêtre Josué dans l'administration générale (Esdras iii. 2, 8 ; iv. 3 ; v. 2 ; Aggée i. 1 ; Zacharie iii.-iv.), et que le même titre de gouverneur (« pehah ») de Juda lui est donné par le prophète Aggée (i. 1 ; ii. 2, 21) comme il est attribué à Sheshbazzar par Esdras (v. 14) ; tandis qu'on suppose qu'il portait, comme Daniel, un double nom, l'hébreu « Zerubbabel » et le babylonien « Sheshbazzar ». En opposition à ce point de vue, on fait observer que « Zerubbabel » est très probablement un nom babylonien, et qu'aucune indication de cette identité n'est donnée dans les passages d'Esdras où les deux noms figurent. Il a été suggéré que « Sheshbazzar » pourrait être identique à « Shenazar » (1 Chroniques iii. 18), l'un des fils de Joïachin et oncle de Zerubbabel. Dans ce cas, on pourrait supposer que le neveu prit une part importante à la réorganisation de la communauté et succéda peu après au gouvernorat. En tout cas, Zerubbabel était gouverneur de Juda dans la deuxième année de Darius Hystaspis (520 av. J.-C. ; Aggée i. 1, 14 ; ii. 2). Selon le récit du chroniqueur dans Esdras iii.-iv. 5, Zerubbabel, avec le grand prêtre Josué et d'autres, érigea un autel pour les holocaustes au septième mois, offrit des sacrifices matin et soir, et observa la fête des Tabernacles. Au deuxième mois de la deuxième année du retour, ils posèrent la fondation du Temple, mais l'opposition des « adversaires de Juda et de Benjamin » (soit des descendants d'Israélites qui n'étaient pas allés en exil, soit des colons qui montrèrent de l'hostilité envers les exilés revenus) causa un retard de dix‑sept ans. Réveillé par les prophètes Aggée et Zacharie, le travail fut repris dans la deuxième année de Darius (520 av. J.-C.), mais de nouveaux obstacles furent rencontrés dans les intrigues de Tatnai, « gouverneur au-delà du fleuve » (R.V.), et un appel fut adressé à Darius, qui promulgua un décret autorisant l'achèvement des travaux. Le Temple fut achevé et consacré quatre ans plus tard (Esdras v.-vi.). On ne sait rien de certain sur la suite de la vie de Zerubbabel, bien qu'une tradition juive dise qu'il retourna à Babylone et y mourut. Ses fils sont nommés en 1 Chroniques iii. 19, et dans Ecclus. (Sirach) xlix. 11 son nom figure dans la liste des hommes fameux d'Israël.
Dans 1 Esdras iv. 13-63, suivi par Josèphe (« Ant. » xi. 3, §§ 5-9), un récit, qui paraît manquer d'historicité, raconte que Zerubbabel fut soldat dans la garde du corps de Darius Hystaspis et se fit remarquer auprès du roi par son esprit prompt, recevant en récompense la permission d'aller à Jérusalem et de rebâtir le Temple. De nos jours, l'ingénieuse hypothèse de Sellin (« Serubbabel : ein Beitrag zur Geschichte der Messianischen Erwartung », 1898) a suscité l'intérêt ; il s'efforce de montrer que Zerubbabel fut réellement fait roi de Juda, mais renversé et mis à mort par les Perses. Ce royaume, selon lui, aurait été considéré comme messianique, et Isaïe liii. contiendrait une allusion au martyre de Zerubbabel.
Bibliographie : Ryle, Ezra and Nehemiah, in The Cambridge Bible for Schools, Cambridge, 1891 ; Van Hoonacker, Zerubbabel et le Second Temple, Paris, 1893 ; Sayce, Higher Criticism and the Verdict of the Monuments, pp. 639 et s., London, 1894 ; Wellhausen, I. J. G. 3d ed. ; Schrader, Die Bauren des Zweiten Tempelbaues, in Studien und Kritiken, 1867, pp. 460-504 ; Roster’s Het Uiterst van Israel in het Perzische Tijdvak, 1894.
E. G. H. J. F. McL.
