Définition dans Jewish Encyclopedia

Yarobam

JEROBOAM

(Yerûbba‘am) : Nom de deux rois d'Israël. Le sens généralement attribué au nom est “[il] lutte contre [opprime] le peuple”, ou “le peuple lutte”, la racine du premier élément étant prise pour an = rib (comp. Juges vi. 32). Cette équation, toutefois, entre “rub” et “rib” présente des difficultés. Hommel (Z. D. M. G. 1895, pp. 525 et s.) considère “Am” comme le nom d'une divinité, et donne “‘Am combat [pour nous]”. Kittel (Die Bücher der Könige, p. 99) suggère la dérivation de “rabab” (= “être nombreux”), et propose le rendu “le peuple, ou le clan, est devenu nombreux.” Cela nécessiterait la vocalisation “Yerubbe‘am”.

1. Données bibliques : Fils de Nébat ; fondateur du royaume d'Israël ; un Éphraïmite de Zeredah, dont la mère, Zérua, est décrite comme veuve. Jéroboam se révolta contre Salomon, dont il avait gagné la faveur par son activité pendant la réparation de la muraille de la ville et la construction du Millo. Bien que nommé par son protecteur royal surintendant “de tout le travail de la maison de Joseph” (R. V.), il s'engagea dans une conspiration contre lui (I Rois xi. 26-28). Dans cette entreprise il fut encouragé par le prophète Achijale, le Shilonite, qui, en rencontrant le jeune conspirateur, déchira son vêtement neuf en douze morceaux, en invitant Jéroboam à prendre dix d'entre eux, annonçant ainsi symboliquement la division du royaume (comme châtiment pour l'idolâtrie de Salomon) et la nomination de Jéroboam à régner sur les dix tribus du nord, tandis qu'une tribu (ou deux ?), conservant Jérusalem, restait fidèle à la maison de David. Salomon, suspectant la fidélité de Jéroboam, chercha à le faire tuer, mais le conspirateur réussit à s'enfuir en Égypte, où, sous la protection de Shichaq [Shishaq], roi d'Égypte, il attendit la mort de Salomon (I Rois xi. 30-40).

Quand Roboam convoqua Israël à Sichem, après la mort de son père, pour confirmer sa propre succession au trône, Jéroboam, informé de ce qui s'était passé, revint. Il semble avoir été le porte-parole des Israélites assemblés et avoir représenté leurs demandes de soulagement du “fardeau pénible”. À la suite du refus de Roboam d'accéder à leurs demandes, et de l'échec de la tentative de contraindre les plaignants à se soumettre, qui conduisit à la lapidation d'Adoram, les dix tribus du nord affirmèrent leur indépendance en proclamant Jéroboam roi ; le prophète Shémaya empêchant toute mesure guerrière de la part de Roboam (I Rois xii. 1-24 ; II Chroniques x., xi. 1-4).

Jéroboam choisit Sichem pour sa capitale, et la fortifia ainsi que Penuel. Pour empêcher son peuple de se tourner de nouveau vers la maison de David, il dressa deux veaux d'or, l'un à Béthel et l'autre à Dan, sous prétexte que le pèlerinage à Jérusalem était “trop” pour le peuple et que “ceci sont tes dieux, ô Israël, qui t'ont fait monter du pays d'Égypte”. Jéroboam construisit aussi des autels sur les hauts-lieux, et nomma des non-Lévites pour les desservir ; il changea la date de la fête des Tabernacles du septième au huitième mois ; à la nouvelle date Jéroboam lui-même offrit de l'encens sur l'autel (I Rois xii. 25 et s.). Cet acte provoqua un “homme de Dieu” à venir de Juda à Béthel pour crier contre l'autel et annoncer que sous Josias ses prêtres seraient exterminés. Comme signe, l'autel serait fendu. Jéroboam, en colère, tendit la main, ordonnant à ses serviteurs d'arrêter le prophète, où la main du roi fut “desséchée” et l'autel fut fendu ; le roi retrouva l'usage de sa main seulement en suppliant humblement le prophète de la lui rendre (II Rois xiii. 1 et s. ; pour le sort de cet “homme de Dieu” voir I Rois xiii. 1 et s.).

Jéroboam, non découragé par cet incident, continua sa politique de nomination de prêtres quel que fût leur origine lévitique (I Rois xiii. 33). Mais lorsque son fils Abija tomba malade, Jéroboam envoya sa femme, déguisée, avec des présents à Achija le prophète, à Silo, pour le consulter sur l'enfant. Bien qu'aveugle, le prophète la reconnut et lui annonça le destin de la dynastie : le fils malade de Jéroboam serait le seul de sa maison à mourir de mort naturelle ; tous les autres connaîtraient une mort violente (I Rois xiv. 1-17). Le récit de cet épisode nomme Tirzah comme résidence royale. Jéroboam entra en guerre avec le fils de Roboam, Abija, et fut vaincu, malgré une supériorité numérique et stratégique de la partie méridionale. À la suite de cette défaite plusieurs districts revinrent au Royaume du Sud. Jéroboam régna vingt-deux ans (I Rois xiv. 20 ; comp. II Chroniques xiii. 1).

Dans la littérature rabbinique : Jéroboam devint pour les écrivains rabbiniques un type d'iniquité. Cela apparaît déjà dans la Septante (deuxième recension), où même sa mère est représentée comme d'une réputation douteuse.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.