Définition dans Jewish Encyclopedia
Tremblement de terre
EARTHQUAKE
Le mot hébreu « ra'ash », ainsi que ses équivalents assyrien et arabe désignant un tremblement de terre, indique un grand bruit ou un rugissement formidable. En Ps. lxxii. 16 le même mot est utilisé pour décrire le doux bruissement du blé. Il est aussi employé en poésie pour exprimer le chant choral harmonieux des anges. Il semblerait donc que, lors d'un tremblement de terre, l'hébreu fût surtout impressionné par le grondement qui l'accompagne, qu'il considérait comme une théophanie (Ps. xviii. 8 [Version Autorisée King James A.V. 7] ; Hab. iii. 6 ; Nahum i. 5 ; Isa. v. 25). Le tremblement et l'incandescence des montagnes, comme lors de la révélation sur le Sinaï (Ex. xix. 18, xx. 18), le mouvement des poteaux de porte, comme lors de l'initiation d'Isaïe (Isa. vi. 4), accompagnant de grandes théophanies, doivent, aux yeux des auteurs, être regardés comme des tremblements de terre (comp. 1 Rois xix. 11, 12).
La Palestine était sujette à des tremblements de terre fréquents, la nature volcanique de la région autour de la mer Morte et de la mer de Génésareth étant une cause contributive. Le tremblement de terre mentionné sous Achab (1 Rois xix. 11) est légendaire, mais celui sous Ozias (Uzziah) (809-759 av. J.-C.) est historique : on comptait le temps à partir de lui (Amos i. 1 ; Zach. xiv. 5). Ibn Ezra et R. David Kimhi rapportent toute la prophétie d'Amos, surtout Amos ix. 1, à ce tremblement de terre (comp. Eusèbe, “Demonstratio Evangelica,” vi. 18).
Josèphe décrit un tremblement de terre qui eut lieu en Judée pendant la bataille d'Actium. La terre trembla, et de nombreux animaux et plus de 30 000 personnes périrent (“Ant.” xv. 5, § 2). Le tremblement de terre à la mort de Yéhoshoua (Jésus) est mentionné dans Matthieu (xxvii. 52), mais non dans les autres Évangiles (voir Crucifixion). Quelques années avant l'insurrection de Bar Kokhba, les villes de Césarée et d'Emmaüs furent détruites par un tremblement de terre (Eusèbe, “Chronicon,” onzième année d'Hadrien). En 499, de violents tremblements de terre dévastèrent l'Asie Mineure, se prolongeant jusqu'en 502, époque à laquelle la synagogue des Juifs à Beyrouth s'effondra (Assemani, “Bibl. Orient.” i. 272 ; “Jerusalem,” vi. 17). Antioche fut visitée par de nombreux tremblements de terre au VIe siècle (Procopius, “De Bello Persico,” ii. 14 ; Evagrius, “Hist. Eccl.” v. 17, vi. 8). Bar Hebneus, ‘Abd al-Latif, et les “Gesta Dei per Francos” mentionnent de nombreux tremblements de terre en Palestine pendant le Moyen Âge. Le 1er janvier 1837, toute la province de Galilée fut secouée ; les villes de Safed et Tibériade souffrirent particulièrement, 4 000 Juifs périssant. La secousse s'est aussi fait sentir à Tyr, Sidon, Beyrouth, et même à Jérusalem. Cette dernière ville a par ailleurs été peu affectée par les tremblements de terre (Robinson, “Biblical Researches in Palestine,” etc., iii. 500-585 ; “Jerusalem,” v. 295).
Les Rabbins, suivant Joël et Amos, emploient l'expression ra'ash au sens de « tremblement de terre » (Yer. Ber. 13c ; Ex. R. xxix. 9). Les tremblements de terre, selon eux, sont un châtiment divin pour les spectacles dans le cirque et le théâtre des païens, ou pour leur immoralité. D'autres soutenaient que les tremblements de terre avaient pour fonction de rappeler aux hommes leurs péchés. Un tremblement de terre, comme le tonnerre et la foudre, appelait la bénédiction : « Béni sois‑Tu, Éternel, par la puissance et la force dont le monde est rempli » (Ber. ix. 1). Un chapitre sur « Tonnerre et Tremblement de terre », sous forme de calendrier, se trouve dans l'appendice de “Milhemet Hobah,” Constantinople, 1710.
Bibliographie : Forbiger, Handbuch der Alten Geographie, i. 636 ; M. Rahraer, Ueber Erdbeben in den Tagen Usia's, in Monatschrift, 1870, xix. 241.
E. G. II. S. Kr.
