Définition dans Jewish Encyclopedia
Ebed-melech
EBED-MELECH
Données bibliques : Officier cushite à la cour du roi Sédécias, qui intercéda en faveur de Jérémie, et que le roi envoya avec trente (Ewald et Duhm : « trois ») hommes pour tirer le prophète du puits (A. V. « dungeon ») dans lequel il avait été jeté par ordre des princes (Jer. xxxviii. 4-13). Pour cette délivrance Ebed-melech se vit prophétiquement assurer de la sûreté lors de la chute générale de Sédécias (ib. 16-18). Le nom se rencontre dans l'inscription phénicienne, “C. I. S.” i. 46, 3 (Lidzbarski, in “Handbuch der Nordsemitischen Epigraphik,” p. 334 ; voir aussi Grey, “Hebrew Proper Names,” pp. 117, 147).
E. G. II. G. B. L.
Dans la littérature apocryphe et rabbinique : Ebed-melech est le héros de la légende populaire. Selon “The Rest of the Words of Baruch,” publié par J. Keudel Harris en grec sous le titre Τα Παράλειπτα περὶ τοῦ Ἑβερὼμ (Cambridge, 1889), Ebed-melech dormit sous un arbre pendant les soixante-six années qui s'écoulèrent entre la destruction du Temple au mois d'Ab et le retour des exilés de Babylone le 13 Nisan ; durant tout ce temps les figues dans le panier que Jérémie lui avait envoyé pour les malades à Jérusalem restèrent fraîches comme au jour où elles y avaient été mises. Ebed-melech est aussi compté parmi les neuf personnes qui entrèrent vivantes au paradis (“Masseket Derek Erez,” i., éd. Taurogi, p. 8 ; “Alphabeticum Siracidis,” éd. Steinschneider, pp. 27 et suiv. ; comp. “J. Q. R.” v. 409-419). K.
Il existe un désaccord parmi les auteurs rabbiniques quant à l'identification d'Ebed-melech. Jonathan b. Uzziel rendit le nom « le serviteur du roi », considérant que « ha-Kushi » s'applique à Sédécias. Cette interprétation fut adoptée par les talmudistes (M. K. 16b). Mais le Talmud ne précise pas qui était le serviteur de Sédécias. Dans Pirke Rabbi Eliezer liii. (voir aussi Pesik. R., éd. Friedmann, 131b), Ebed-melech est identifié à Baruch b. Néria, auquel l'épithète « ha-Kushi » est référee. Néanmoins, Ebed-melech est généralement compté parmi les neuf qui entrèrent vivants au paradis, ou parmi les treize qui ne connurent jamais la mort (Derek Erez Zuta ch. i., fin ; Talk. ii. 367 ; Yalk. Hadash, s.v. py p). La source de cette légende est Jérémie xxxix. 16, d'où découle aussi la légende éthiopienne selon laquelle Ebed-melech, comme Honi ha-Ma‘gal, dormit pendant soixante-dix ans (voir R. Basset, “Les Apocryphes Éthiopiens,” fasc. X., et MS syriaque No. 65, fols. 230b-247a à la Bibliothèque Nationale de Paris).
s. s. M. Sel.
