Définition dans Jewish Encyclopedia
Trahison
TREASON
Données bibliques : Au sens le plus strict il n’y a pas dans la Bible de récit d’une tentative de trahir sa patrie, ni de mention d’une tentative infructueuse d’assassinat du souverain, ce qui constitue la haute trahison ; mais il y a de nombreux exemples de tentatives réussies de renverser le gouvernement en tuant son chef. Abimélec, fils de Jérubbaal, tua ses demi‑frères, les soixante‑dix fils de Gédéon, et se proclama chef d’Israël (Juges ix. 1‑5). Athalie annihila tous ceux de sang royal et se fit proclamer reine de Juda (2 Rois xi. 1).
Saul considérait manifestement l’action de David comme criminelle et digne de mort (1 Samuel xx. 31), et il exécuta Abimélec et sa famille de prêtres pour avoir aidé David (1 Samuel xxii. 11‑18), bien que Samuel, par l’ordre d’Elohîm, eût déjà oint David comme successeur de Saul. Néanmoins, David fit mourir l’Amalécite qui avait assisté Saul à se suicider, « pour avoir étendu sa main pour détruire l’oint du Seigneur » (2 Samuel i. 14). Baanah et Réchab, deux capitaines, tuèrent Is‑Boshé, le fils de Saul, dans l’espérance d’être récompensés par David ; mais celui‑ci les accusa de trahison et les fit exécuter (2 Samuel iv. 2‑12). Joab tua Absalom pour avoir tenté de renverser le gouvernement et de déposer son père, David, de la royauté (2 Samuel xviii. 14). Shiméi, fils de Géra, fut coupable de trahison en insultant et maudissant David (2 Samuel xvi. 5‑8). Lorsque Shiméi implora le pardon de David, ce dernier le pardonna (2 Samuel xix. 21), mais le roi Salomon trouva un prétexte pour venger son père (1 Rois ii. 46). Saba, fils de Bicri, leva l’étendard de la rébellion contre David, et fut tué par ceux qu’il avait égarés (2 Samuel xx. 22). Adonija fut reconnu coupable de trahison, et fut finalement exécuté (1 Rois i. 5, ii. 25).
Zimri, capitaine dans l’armée d’Éla, fils de Baasha, tua son roi, et après un règne de sept jours, craignant d’être capturé, se suicida (1 Rois xvi. 9‑18). Son acte devint proverbial, et fut rappelé dans la remarque d’Jézabel : « Zimri, . . . qui tua son maître » (2 Rois ix. 31). Pekaïa, fils de Menahem, roi d’Israël, fut tué par son capitaine Peka, fils de Rémalia, qui lui succéda. En retour, Osée, fils d’Éla, conspira contre Peka, le tua et le remplaça (2 Rois xv. 25, 30). Ismaël tua Gédalya, fils d’Akikam, que le roi de Babylone avait nommé gouverneur (2 Rois XXV. 25).
Dans la littérature rabbinique : Les Rabbins trouvent la peine de mort pour désobéissance au roi en Josué i. 18 (voir Sanh. 49a). Un roi juif peut infliger la mort aux coupables de révolte. Même si le roi ordonne à un de ses sujets d’aller en un certain lieu, ou lui défend de quitter sa propre maison, il doit obéir sous peine de devenir passible de la peine capitale. Le roi a aussi le droit de tuer celui qui l’insulte ou le déshonore, comme dans le cas de Shiméi ben Géra. La mort pour trahison se fait uniquement par l’épée. Le roi peut aussi punir l’offenseur autrement, mais il ne peut confisquer ses biens, car ce serait un vol (Maïmonide, « Yad », Melakhim, iii. 8). David ben Salomon abu Abi Zimra définit un roi comme celui choisi par un prophète ou élu par le peuple, mais non un souverain auto‑proclamé qui a acquis son royaume par usurpation. Nul ne peut être coupable en tant que « mored be‑malkut » dans le cas d’un tel roi (commentaire sur le « Yad », ad loc., éd. Wilna, 1900). R. Joseph justifie en partie l’action de David contre Urie par la référence de ce dernier à « mon seigneur Joab, et aux serviteurs de mon seigneur » (2 Samuel xi. 11), ce qui plaça Joab sur un pied d’égalité avec le roi, une offense qui équivalait à la trahison (Shab. 56a). D’autres estiment qu’Urie méritait la mort parce qu’il désobéit à l’ordre de David d’aller chez lui (Tos. ad loc., s.v. IDNI). David déclara Nabal coupable de manque de respect envers le roi ; mais Abigail plaida que Saul était encore vivant et que David n’était pas encore unanimement reconnu comme roi : David admit la force de son argument (1 Samuel xxv. 33 ; Meg. 14b). Amasa fut coupable de désobéissance lorsqu’il « tarda plus que le temps fixé que [David] lui avait assigné », et mérita ainsi la mort aux mains de Joab (2 Samuel xx. 5, 10 ; Sanh. 49a).
j. J. D. E.
