Définition dans Jewish Encyclopedia
Tarse
TARSUS
Ville turque dans le vilayet d'Adana, à 12 milles de la Méditerranée, sur la rivière Cydnus. Durant la période romaine elle fut la capitale de la Cilicie. Elle était importante en raison de son commerce et de ses produits textiles, et était renommée pour ses écoles de rhétorique. À Tarse, comme en Cilicie en général, la population originelle était sémitique, fait reflété dans la tradition que la ville fut une colonie phénicienne (Dio Chrysostom, “Orationes,” xxxiii. 40), tandis que sur les monnaies phéniciennes elle était souvent appelée « Taraz » (firi). Josephus (“Ant.” i. 6, § 1), en accord avec la littérature rabbinique (Gen. R. xxxvii. 1 ; Yer. Meg. 71b ; Targ. Yer. à Gen. x. 4), identifia la ville à Tarshish (Gen. x. 4), et en conséquence croyait que c'est à Tarse que Jonas aurait voulu fuir (“Ant.” ix. 10, § 2). Un monument à Jonas fut découvert à Tarse en 1876 ; mais il date sans doute de la période chrétienne.
L'hellénisation de la ville commença à l'époque d'Alexandre le Grand ; cette influence se fit pleinement sentir chez les Juifs, qui avaient été colonisés à Tarse par les Séleucides vers 170 av. J.-C. Pendant le règne d'Antiochus Épiphane une révolte de ces colons joua un rôle dans l'histoire juive (II Macc. iv. 30-38). Rien de plus n'est connu au sujet des Juifs de cette ville, bien qu'elle devienne plus tard célèbre comme lieu de naissance de Paul de Tarse, qui y vécut quelque temps (Actes ix. 11, xi. 25, xxi. 39, xxii. 3) et revendiqua la citoyenneté romaine en vertu de cette origine. Ramsay, suivi par Schürer, a prouvé (voir Hastings, “Dict. Bible,” ii. 105, s.v. « Diaspora ») qu'un Juif ne pouvait être citoyen dans une cité grecque à moins que le souverain n'eût ordonné que les Juifs de la ville en question forment une gens séparée, un événement qui dut se produire à Tarse, probablement, selon Ramsay, à l'instance d'Antiochus Épiphane (“Expository Times,” xvi. 18 et suiv.).
La ville de Tarse est fréquemment mentionnée par les Rabbins. Là R. Jose ben Jasian monta à bord d'un navire (Eccl. R. vii. 11), et R. Nahum ben Simai y donna des leçons (Pesik. R. 15 [éd. Friedmann, p. 78a]). Les Rabbins font allusion aux habitants et à la langue de Tarse en relation avec Bigthan et Teresh (Esth. ii. 21), bien que le sens exact de ce passage ne soit pas clair. La présence de Juifs à Tarse est encore attestée par des inscriptions : une à Rome nomme un certain Asaphat de Tarse (Levy, in “Jahrbuch für die Gesch. der Juden,” ii. 287), et une épitaphe trouvée à Jaffa fut inscrite à la mémoire d'un Judah ben Joseph de la même ville (Schürer, “Gesch.” 3e éd., iii. 17). Il est également fait mention d'un Isaac, aîné de la synagogue des Cappadociens à Tarse, qui était marchand de lin (“Ril. Explor. Fund, Quarterly Statement,” No. 110, p. 18), prouvant non seulement l'existence d'une communauté juive à Tarse mais aussi la participation juive aux activités mercantiles. Au Moyen Âge la ville passa sous la domination des Isauriens et autres barbares, tombant plus tard aux mains des Arabes et des Turcs, qui lui ôtèrent son importance. Sa population permanente actuelle (1905) est d'environ 7 000 âmes.
Bibliographie : Ritter, Erdkunde, ii. 197-220 ; Winer, B. R. ; Boettger, Lexicon zu Flavius Josephus ; S. Krauss, in Monatsschrift, xxxix. 53 ; Hastings, Dict. Bible.
j. S. Kk.
