Définition dans Jewish Encyclopedia

Sichem

SHECHEM

(D3B’ = « épaule » ou « crête ») : 1.
Ville de la Palestine centrale ; appelée Sichem dans Gen.
xii. 6, A. V. ; Shalem, selon certains commentateurs, ib. xxxiii. 18 ; Sychem dans Actes vii. 16 ; et
Syclar dans Jean iv. 5. Sa situation est indiquée comme étant
dans le mont Éphraïm dans Jos. xx. 7 et I Rois xii.

Shebu'ot

Shechem

25 ; mais d’après Juges i.\. 7 elle semble avoir été
immédiatement au-dessous du mont Garizim, et elle est donc située par Josèphe (« Ant. » iv. 8, § 48) entre
Garizim et Ébal. Il est par ailleurs dit que Sichem
était dans le voisinage de Dothan (Gen.
xxxvii. 12 et suiv.), au nord de Silo (Juges xxi. 19).

La première mention du lieu apparaît dans
son lien le plus ancien avec Abraham, qui, lors de sa
Première mention, première migration vers le pays de Canaan,
bâtit un autel sous le chêne de Moré,
sur l’emplacement où Sichem fut bâtie plus tard (Gen. xii.
6). Au temps d’Abraham, le lieu, qui pouvait à peine être une ville, était occupé par les
Cananéens.

Sichem apparaît d’abord comme ville au temps de
Jacob qui, après sa rencontre avec Ésaü, campa devant elle dans le champ qu’il acheta pour 100
pièces d’argent à Hamor, prince du
pays (ib. xxxiii. 18-19). Elle était alors habitée
par les Hivvites (ib.). L’arrivée de Jacob à Sichem
marqua une période très importante de son histoire ; car
la souillure de Dina, qui s’y produisit, entraîna le pillage de la ville et le massacre
de tous les habitants mâles par les fils de Jacob (ib. xxxiv.
2-29). Ce récit montre également que Sichem était
alors un centre commercial, riche en moutons,
bœufs et ânes. Le chêne sous lequel Abraham avait bâti un autel existait encore au temps de
Jacob, qui y cacha les images et les boucles d’oreilles
des Sichémites (ib. xxxv. 4). Le territoire environnant offrait de bons pâturages ; c’est pourquoi,
durant le séjour de Jacob à Hébron, ses fils conduisirent leurs troupeaux à Sichem (ib. xxxvii. 12 et suiv.). Jacob avait auparavant
promis la ville à Joseph (ib. xlviii. 22,
hébr.) ; elle fut attribuée par Josué à Éphraïm, et les restes de Joseph y furent ensevelis. Elle fut ensuite assignée aux Lévites et devint
aussi une ville de refuge (Jos. xx. 7, xxi. 20-21,
xxiv. 32).

Après la conquête de Canaan, Sichem devint
un important centre religieux. Les deux montagnes,
Garizim et Ébal, entre lesquelles la
Centre religieux ville était située, avaient été précédemment
désignées comme les lieux où les Lévites devaient réciter leurs bénédictions ; et
sous Josué cet arrangement fut mis à
exécution (Deut. xxvii. 11 ; Jos. viii. 32-35). C’est à
Sichem que Josué rédigea les statuts de la
religion mosaïque et dressa une pierre comme monument
dans le temple de YHWH sous le chêne (Jos,
xxiv. 1-28). Peu avant sa mort, Josué assembla à Sichem les anciens et les juges
d’Israël, leur donnant ses dernières recommandations et
les exhortant à adhérer au culte de YHWH.

Après la mort de Gédéon, les habitants de Sichem,
se séparant de la communauté,
élurent Abimélek roi et l’inaugurèrent solennellement dans le temple sous le chêne (Juges
ix. 1-6). Au bout de trois ans, toutefois, ils
se révoltèrent et furent tous tués, la ville étant détruite
et semée de sel (ib. versets 23-45). Elle fut restaurée plus tard et recouvra son ancienne importance ; car
après la mort de Salomon toutes les tribus d’Israël s’y assemblèrent pour couronner Roboam. C’est là que
les dix tribus, dont les demandes furent repoussées par Roboam, renoncèrent à leur allégeance envers lui et

élurent Jéroboam roi (I Rois xii. 1-20). Ce dernier fortifia Sichem et en fit pendant un temps
sa capitale (ib. verset 25). Depuis ce temps,
Capitale il n’est plus fait mention du lieu. Il

de fut très probablement compris parmi « les

Jéroboam, villes de Samarie » qui furent conquises par les rois assyriens, et
dont les habitants, emmenés en captivité, furent
remplacés par des colons venus d’autres pays (comp.
II Rois xvii. 5-6, 24 ; xviii. 9 et suiv.).

Des gens de Sichem, probablement des prosélytes, sont mentionnés comme ayant été tués par Ismaël, fils de
Nethaniah (Jer. xii. 5), alors qu’ils se rendaient au
Temple de Jérusalem, auquel ils portaient
des présents, sans savoir qu’il avait été détruit.
Après l’Exil, Sichem devint la capitale religieuse des Samaritains, dont le temple était sur le mont
Garizim (comp. Joshua, Son of Sirach, i. 26). Ainsi
Sichem était pour les Samaritains ce que Jérusalem était
pour les Juifs ; et sa prééminence religieuse fut maintenue pendant près de 200 ans, lorsqu’elle fut prise
par Jean Hyrcan (129 av. J.-C.), qui détruisit le
temple (Josèphe, « Ant. » xiii. 9, § 1 ; idem, « B.
J. » i. 2, § 6). Plus tard, Alexandre Jannée subit
une écrasante défaite près de Sichem (« Ant. » xiii. 14,
§§ 1-2 ; « B. J. » i. 4, §§4-5).

Le lieu paraît avoir été entièrement détruit durant les guerres juives, et une autre ville fut bâtie sur son emplacement par Vespasien (72
Détruite apr. J.-C.), auquel il donna le nom
sous de « Neapolis » (« B. J. » iv. 8, § 1 ; Pline,
Vespasien. « Historia Naturalis », v. 13, § 69) ;

ce nom fut ensuite transformé par les
Arabes en « Nablus ». L’identification de Sichem
avec Neapolis par Josèphe et Pline est confirmée
par Num. R. xxiii. 14, qui rend « Sichem » par
« Neapolis ». Eusèbe (« Onomasticon », s.v.

« Sichem »), toutefois, place Neapolis dans le voisinage
du site de Sichem. Sur les monnaies de Neapolis, cette
ville est appelée « Flavia Neapolis » (Eckhel, « Doctrina
Nummorum Veterum », iii. 433 et passim). Josèphe comme Pline déclarent que Sichem ou Neapolis était appelée par les indigènes « Mabortha » (MafinpHa)
ou « Mamortha ». Ce nom est évidemment une corruption de l’araméen « JIabarakta », ou « la ville bénie »,
ainsi appelée par les Samaritains par opposition à
Jérusalem, de même qu’ils nomment le mont Garizim
« la montagne bénie » par opposition au mont
Moriah, qu’ils désignent comme « la montagne maudite » (Gen. R. lxxxi. 3). Une grande hostilité envers les
Juifs fut manifestée par les habitants samaritains
de Neapolis. R. Ishmael ben Jose, qui passa un jour par
Neapolis (D'^IC'J) afin de se rendre à Jérusalem prier, rapporte qu’il fut l’objet de leurs moqueries
(Yer. ‘Ab. Zarah v. 4).

Sous les empereurs romains, Neapolis devint l’une
des villes les plus importantes de Palestine. Septime Sévère la priva un jour du « jus civitatis », mais le
lui restitua plus tard (Spartianus, « Vita Severi », ch. ix.).
Sous Zénon (474), des émeutes eurent lieu à Neapolis entre
les Samaritains et les chrétiens. En 1184, la ville fut prise par les troupes de Saladin. Il a été remarqué plus haut que le nom « Neapolis » fut corrompu en « Nablus » par les Arabes ; et la ville est généralement connue sous ce dernier nom depuis le Moyen Âge. Son histoire est étroitement liée

Shedim

She’elot u-Teshubot

à celle des Samaritains. On peut ajouter que
le tombeau de Joseph (comp. Jos. xxiv. 32) a toujours été le principal objet d’attraction pour les visiteurs
de Nablus. Ce fait est d’abord men-
Tombeau tionné par Benjamin de Tudela (« Itinéraire »,
de Joseph. éd. Asher, pp. 32-33) — qui, soit dit en
passant, rapporte qu’à son époque il
n’y avait pas de Juifs à Nablus — puis par le
voyageur français R. Jacob, qui se trouvait à Nablus en
1258 (Carmoly, « Itineraires », p. 186). Isaac Helo
(XIVe siècle) dit (ib. p. 251) que des gens venaient de
loin à Nablus visiter le tombeau de Joseph et le puits de Jacob, et qu’il y avait dans le lieu peu de Juifs,
mais beaucoup de Samaritains. L’auteur du « Yihus
ha-Zaddikim » (ib. p. 386) est plus précis en situant
le tombeau de Joseph dans le village d’Al-Balatah, près
de Nablus, ajoutant que les visiteurs récitent sur le tombeau
Ps. lxxvii., lxxx., et lxxxi. Enfin, l’auteur du
« Yihus ha-Abot » (ib. p. 445) dit que le village
d’Al-Balatah, qui contient le tombeau de Joseph, est à une journée de Sabbat (2 000 coudées) au nord de Nablus.
Samuel b. Samson (ib. p. 150), toutefois, place le tombeau de Joseph à Silo. Nablus compte actuellement une
population d’environ 24 000 habitants, dont 170 Samaritains et 150 Juifs.

Bibliographie : Outre les sources mentionnées dans l’article,

Guérin, Samarie, i. 373 et suiv. ; Neubauer, G. T. pp. 168 et

suiv. ; Robinson, Researches, iii. 96 et suiv., 113 et suiv. ; idem,

Later Researches, p. 131 ; Schürer, Gesch. 3d ed., i. 50-51 ;

Stanley, Sinai and Palestine, pp. 233 et suiv.

2. Fils de Hamor, prince de Sichem ; il tira probablement son nom de cette ville. Il est particulièrement connu pour la souillure de Dina, fille de Jacob,
ce méfait ayant entraîné la destruction de
sa famille et le massacre de tous les habitants mâles
de Sichem (Gen. xxxiv. 1-26). Voir Dinah ;
Hamor.

3. Fils de Galaad et petit-fils de Manassé, et
chef de la famille des Sichémites, selon
Nom. xxvi. 31 et Jos. xvii. 2. Dans I Chron. vii.
19, toutefois, il est dit fils de Shemida et, par conséquent, petit-fils de Galaad.

E. G. H. M. Sel.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.