Définition dans Jewish Encyclopedia
Sicle
SHEKEL
(^pEJ*) : Nom (1) d’un poids et
(2) d’une monnaie d’argent en usage chez les Hébreux.
1. Poids : Il est admis depuis longtemps que les
Israélites tirèrent leur système de poids et de monnaies
des Babyloniens, et les deux peuples divisaient le
talent (123) en 60 mines (niO), chaque mine consistant en 60 sicles, de sorte que le talent contenait
3 600 sicles. Cette division en 3 600 sicles est
Shekel
Shekinah
généralement supposée être impliquée dans Éz. xlv. 12
(comp. Kiehm, « Handworterbuch », p. 509), mais cette
déduction est erronée, car le passage est presque certainement corrompu (comp. Smend, Cornill et Kratzschmar, ad loc.). En fait, il énonce que la
mine contenait 50 sicles, ce qui ferait du talent 3 000 sicles ; ainsi une mine équivaut à
818,6 grammes et un talent à 49,11 kilogrammes.
Un talent semblable se rencontre chez d’autres peuples, car les Grecs et les Perses divisaient aussi la mine
en 50 sicles, tandis que la division du talent en
60 mines était universelle. Cette division en 50 est évidemment une conséquence du conflit entre le système décimal
et le système sexagésimal, l’influence égyptienne se faisant sentir à côté de la babylonienne.
On peut peut-être inférer d’Éz. xlv. 12
qu’à la période de l’exil et au temps qui l’a immédiatement précédée, la division de la mine en 50
sicles devint habituelle chez les Juifs, et que
cela fut simultané de la division du sicle
en 20 gerahs (mj), puisque cette monnaie n’est mentionnée
que dans Ézéchiel et dans le Pentateuque (Ex. xxx. 13 ;
Lév. xxvii. 25 ; Nom. iii. 47). À l’époque préexilique, les demi-sicles (yp3) et les quarts de sicle sont mentionnés, tandis que dans le Pentateuque la taxe du Temple
était déterminée selon le « sicle du
sanctuaire », qui équivalait à 20 gerahs. La
signification de l’expression « sicle du sanctuaire »
est incertaine, mais en tout cas rien ne justifie l’hypothèse rabbinique selon laquelle, outre celui-ci, il existait aussi un sicle commun de la moitié de sa
valeur, car il n’existe absolument aucune référence à ce dernier. Il est toutefois possible que le « sicle du
sanctuaire » soit opposé au plus petit sicle d’argent, et qu’il ait reçu son nom du fait que le poids étalon était conservé dans le Temple.
2. Monnaie : Le sicle était l’unité monétaire aussi bien que pondérale, et les pièces de métal qui servaient de monnaie étaient soit des fractions, soit des multiples du sicle étalon. Comme il a déjà été noté, la lutte pour la suprématie entre le système décimal égyptien et le système sexagésimal babylonien était particulièrement apparente dans les poids d’or et d’argent, et le fait que la mine de 50 sicles devint l’étalon fut probablement dû à l’influence phénicienne.
Le sicle d’or avait à l’origine le poids de la mine, et le sicle d’argent, qui devait correspondre en valeur à celui d’or, aurait par conséquent dû être x = I *■^>6 du poids de la
mine, puisque le rapport entre l’or et l’argent était devenu progressivement de 40 à 3. Comme ce sicle ne pouvait toutefois être couramment employé comme monnaie,
il se fit sentir un besoin d’une plus petite pièce de taille pratique, qui pouvait être obtenue soit en divisant l’équivalent argent du sicle d’or en dix parties, donnant ainsi un sicle d’argent de du poids de
la mine, soit en divisant l’équivalent argent en quinze parties, donnant un sicle d’argent de ^^7-5 = yfir
du poids de la mine. Lorsque le système décimal se fut établi, la mine d’or et la mine d’argent furent chacune comptées pour 50 de ces sicles.
Il y eut donc (1) la mine d’argent babylonienne,
égale à = ’5® du poids de la mine, et (2)
la mine d’argent phénicienne, égale à = 7-3 « =
du poids de la mine.
Dans la monnaie d’argent babylonienne originelle, le sicle d’argent était divisé en tiers, sixièmes et douzièmes, tandis que dans la monnaie phénicienne il était divisé en moitiés, quarts et huitièmes. Ces sicles d’argent phéniciens avaient aussi cours chez les Juifs, comme le montre le fait que l’on retrouve chez eux la même division, un quart de sicle étant mentionné dans I Sam. ix. 8, tandis qu’un demi-sicle est mentionné comme taxe du Temple dans le Pentateuque. Les sicles existants de l’époque maccabéenne varient entre 14,50 et 14,65 grammes, et équivalent ainsi à tIt de la grande mine babylonienne « commune » — 14,55 grammes. La mine équivalait donc à 725,5 grammes, et le talent à 43,659 kilogrammes.
Le sicle babylonien, qui équivalait à du poids de la mine, fut introduit à l’époque perse, car Néhémie fixa la taxe du Temple à un tiers de sicle. Ce système monétaire perse était fondé sur la petite mine, son unité étant le siglos, qui équivalait à la moitié du sicle babylonien, son rapport au sicle juif étant de 3 à 8.
Il était considéré comme la centième, plutôt que la cinquantième partie de la mine, et pesait entre 5,61
et 5,73 grammes, tandis que la mine pesait entre
565 et 573 grammes, et le talent entre 33,660
et 34,380 kilogrammes.
À l’époque maccabéenne, le sicle d’argent phénicien eut de nouveau cours, la taxe du Temple étant une fois encore un demi-sicle (Matth. xvii. 24-27, R. V.). Voir Numismatique.
Bibliographie : C. F. Lehmann, Zeitschrift für Ethnologie,
1889, pp. 372 et suiv. ; Sitzungsberichte der Archäologischen
Gesellschaft, 1888, pp. 23 et suiv. ; 1893, pp. 6 et suiv. ; L. Herzfeld, Metrologische Voruntersuchungen zu einer Gesch.
des Jüdischen, Respektive Altjüdischen Handels, Leipsic,
1863 ; F. de Saulcy, Numismatique de la Terre Sainte, Paris,
1875 ; F. W. Madden, Coins of the Jews, London, 1881 ; Th.
Reinach, Les Monnaies Juives, dans R. E. J. xv. (publié séparément, Paris, 1888) ; Ad. Erdmann, Kurze Uebersicht
über die Münzgeschichte Palästinas, dans Z. D. P. V. ii. 75
et suiv.
K. G. H. W. N.
