Définition dans Jewish Encyclopedia

Sage-femme

MIDWIFE

Données bibliques : Les sages‑femmes sont mentionnées dans la Bible comme ayant été employées parmi les Hébreux à une époque ancienne ; ainsi Rachel et Tamar furent aidées par des sages‑femmes (Genèse xxxv. 17, xxxviii. 28). Elles étaient appelées cependant seulement dans des cas rares. Par exemple, l’accouchement de Rachel est expressément déclaré être difficile, et Tamar accoucha de jumeaux. Mais en général les sages‑femmes étaient dispensées. Ainsi en Égypte, où les Hébreux se multiplièrent rapidement (Exode i. 7, 12), seuls les noms de deux sages‑femmes sont enregistrés, Chiphrah et Pouah ; et il est dit que les femmes hébreuses, contrairement aux Égyptiennes, «accouchent avant que les sages‑femmes n’entrent auprès d’elles» (ib. i. 15, 19). Parfois le service nécessaire était rendu par des amies ou des parentes (1 Samuel iv. 20).

Le terme hébreu général pour «sage‑femme» est (pluriel, mais le mot ni'P! (Exode i. 19), aussi, est interprété par Rashi comme désignant des sages‑femmes, comme l’araméen Nir'TI. Le mot (ib. i. 16), qui est la forme duale de ps (= «deux pierres»), a donné lieu à quelque difficulté. Les Targumim et les commentateurs postérieurs, tels Rashi et David Kimhi, l’interprètent comme «le tabouret d’accouchement», tandis qu’Ibn Janah, Joseph Kimhi et Parhon, suivis par quelques commentateurs modernes, comme Eichhorn et Knobel, le rendent par «l’utérus». Gesenius («Th.»), rejetant l’idée que des tabourets d’accouchement aient existé en Égypte à une époque aussi ancienne (comp. Ploss, «Das Weib,» 2e éd., pp. 197, 232), traduit par «le bain de pierre».

Bien qu’il ne soit pas déclaré quelles étaient les fonctions d’une sage‑femme après l’accouchement, les services énumérés dans Ézéchiel xvi. 4 furent très probablement rendus par elle.

J. M. Sel.

Dans la littérature rabbinique : La sage‑femme est généralement désignée par n'n. ND'H (un terme appliqué aussi à la femme qui accouche) et par ntD3n (= «la femme sage» ; comp. le français «sage‑femme»), mais d’après Lev. R. xxvii. 7 il semble que le terme soit aussi appliqué à la sage‑femme (comp. Gen. R. lx. 3). Outre le fait de couper le cordon ombilical (Shah. 128b), elle exerçait deux autres fonctions, comme on peut l’inférer du passage talmudique Sotah 11b. Il y est sous‑entendu que «Chiphrah» et «Pouah» (voir Midwife, Données bibliques) n’étaient pas les vrais noms des sages‑femmes, mais n’indiquaient que leurs fonctions ; la première signifiant «celle qui débarrasse l’enfant des membranes», et la seconde «celle qui parle à l’enfant», ou, selon R. Hananeel, «celle qui chuchote» ; c’est‑à‑dire que la sage‑femme murmurait dans l’oreille de la femme afin de faciliter l’accouchement.

La question de savoir si le tabouret d’accouchement était en usage en Égypte pendant la période biblique est tranchée par les Rabbins en sens affirmatif ; car ils traduisent par «tabouret d’accouchement», donnant diverses raisons pour ce faire (Sotah loc. cit.). L’interprétation talmudique de "I3C’D (Osée xiii. 13) est aussi «tabouret d’accouchement».

Une sage‑femme, lorsqu’elle est appelée pour assister une femme en travail, est autorisée à profaner le sabbat, si nécessaire, dans l’exercice de ses fonctions (Shah. loc. cit. ; Yer. Shah, xviii. 3) ; et toutes les concessions lui sont accordées comme à quelqu’un qui est occupé à sauver une vie humaine.

Bien que de nombreux médecins étudièrent l’obstétrique, et que des rabbins qui connaissaient cette science (Samuel, entre autres) furent consultés à certaines occasions quant à la pureté rituelle ou à l’impureté de la mère, il ne semble pas d’après le Talmud que des hommes aient jamais été appelés pour assister une femme dans son accouchement. Il est aussi difficile de dire si, à l’époque talmudique, les sages‑femmes étaient spécialement formées pour leur profession ou si elles acquéraient leur connaissance principalement en observant les opérations d’autres. Le terme nojn, cependant, semblerait indiquer qu’elles étaient bien entraînées.

Les sages‑femmes, d’après le Talmud, étaient appelées à assister non seulement des femmes, mais même des animaux domestiques (Hullin 43a).

BIBLIOGRAPHIE : Wilhelm Ebstein, Die Medizin im Alten Testament und im Talmud, pp. 213 et suiv., Stuttgart, 1888 ; L. Kotelmann, Die Geburtshilfe der Alten Hebräer, 1894.

s. s. M. Sel.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.