Définition dans Jewish Encyclopedia

Rosée

DEW

Données bibliques : Humidité condensée de l’atmosphère et recueillie en petites gouttes, spécialement à la surface supérieure des plantes. En Palestine la rosée « tombe » lors de nuits sans nuages durant l’été, et rafraîchit la végétation, qui sans elle souffrirait. Les vents d’ouest balayant la mer pendant les mois de fin d’été déposent cette humidité sous forme de brume semblable à une fine pluie sur les récoltes d’été ; d’où « la rosée d’Hermon qui descend sur les montagnes de Sion » (Ps. cxxxiii. 2, Hebr.). La rosée et la pluie sont étroitement liées l’une à l’autre dans la littérature hébraïque comme sources de fertilité et de régénération de la vie (Micah v. 6 [7]). Dans la saison sans pluie « la rosée apaise la chaleur » (Ecclus. [Sirach] xviii. 16, xliii. 22); elle est donc aussi précieuse que la pluie (Gen. xxvii. 28; Deut. xxxiii. 13, 28; Zech. viii. 12), et son retrait, comme celui de la pluie, est une malédiction (I Sam. i. 21 ; I Kings xvii. 1; Hag. i. 10). La rosée d’été est si abondante qu’elle peut saturer la toison d’une laine (Judges vi. 37 et sqq.) ou les cheveux du voyageur (Cant. v. 2). Elle tombe soudainement (I Sam. xvii. 12), et doucement (Deut. xxxii. 2; Prov. xix. 12); elle reste toute la nuit (Job xxix. 19), et monte et disparaît le matin (Ex. xvi. 14; Hos. vi. 4). La rosée, en tant que puissance vivifiante, est employée comme une comparaison pour Elohîm (Hos. xiv. 6 [5]); elle symbolise aussi la fraîcheur (Ps. cx. 3 : « la rosée de ta jeunesse ») et la résurrection : « Une rosée d’herbes est ta rosée, et la terre rejettera les âmes des morts » (Isa. xxvi. 19, Hebr.).

Dans la littérature post-biblique : Selon Enoch lx. 20, « l’esprit de la rosée habite aux extrémités du ciel, près des chambres de la pluie, et sa course est en hiver et en été. » Des vents venant du milieu des douze portails apportent une rosée bénéfique de prospérité ; d’autres portails, une rosée nuisible accompagnée de sauterelles et d’autres calamités (Enoch lxxvi. 8 et sqq.). Cela est aussi conforme à la tradition rabbinique ; « Dans le sixième ciel, Makon, il y a des trésors de rosées nuisibles et de gouttes de rosée bénéfiques » (Hag. 12b). « Entre Pesa’h et Shabu’ot on offre une prière pour qu’Elohîm préserve le peuple des rosées nuisibles » (Lev. R. xxviii., en référence à Jer. V. 24). Les deux pains offerts à Shabu’ot sont agités en signe de requête symbolique envers le Souverain du ciel et de la terre et des quatre vents pour tenir éloignés les vents et les rosées inopportunes (Suk. 37b ; Lev. R. l.c.).

La rosée vient comme bénédiction sur le monde uniquement à cause d’Israël : à cause de Jacob, qui étudia la Torah, ou à cause de Job, dont les portes restaient grandes ouvertes pour les nécessiteux (Gen. R. lxvi.). « Elohîm promit à Abraham sous serment de ne jamais laisser la rosée cesser de bénir ses descendants, et par conséquent Élie ne put arrêter sa chute par ses paroles » (Yer. Ta'an. i. 63d; comparer Bab. 3a, b). Selon Samuel bar-Nahmani, la rosée vient comme don céleste et par le mérite d’aucun homme (Yer. Ta'an. l.c. ; Ber. V. 9b, après Micah vi. 6). D’un autre côté, l’opinion s’exprime que depuis la destruction du Temple aucune rosée de bénédiction pure ne tombe (Sotah ix. 12), et cela à cause de la cessation de l’offrande rituelle et des dîmes (Shab. 32b).

Mais la « rosée de la Résurrection » est également entreposée en 'Arabot, le ciel le plus élevé (Hag. 12b). Par cette rosée les morts sont revivifiés (Yer. Ber. v. 9b: Yer. Ta'an. i. 63d, avec la référence au Kesur à Isa. xxvi. 19). Dans Hag. l.c., Ps. lxviii. 10 (9) est référencé : « Tu fis tomber une pluie abondante pour ranimer ton héritage » (Hebr.). Ce verset est interprété comme faisant allusion à un incident lors du don de la Loi sur le mont Sinaï. « Quand Elohîm apparut au milieu du tremblement de la terre sur Sinai, la vie quitta le peuple d’Israël et tout être vivant dans le pays d’Israël ; et les anges dirent : ‘Veux-Tu donner Ta Loi aux morts ou aux vivants ?’ Alors Elohîm laissa tomber la rosée de la Résurrection sur tous, et ils reprirent vie. » Concernant la Prière pour la Rosée et la poésie liturgique de Kalir pour le premier jour de Pessa'h, qui contient de nombreuses allusions à la rosée de la Résurrection, voir Tal, Prayer for.

Bibliographie : Cheyne and Black, Encyc. Bibl. s.v. Dew.

E. G. H. K.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.