Définition dans Jewish Encyclopedia

Renard

FOX

(^JHEJ') — Données bibliques : Il existe actuellement deux espèces de renard habitant la Palestine : le Canis flavescens, trouvé dans le nord, et le C. niloticus, commun dans les régions centrale et méridionale. Mais la plupart des passages de l’Ancien Testament où « shu'al » apparaît semblent plutôt s’appliquer au chacal (Canis aureus), le carnivore le plus commun en Palestine. D’autre part, il existe dans l’Ancien Testament deux noms spéciaux pour le chacal, tous deux employés seulement au pluriel, « iyyim » et « tannim » (Isaïe xiii. 33, xxxiv. 13 et sq., xxxv. 7 ; Jérémie ix. 10, x. 33, xlix. 33, etc.). Il se peut que « shu’al » dans l’Ancien Testament soit destiné à être un terme général pour toute la famille ou pour plusieurs espèces de Canidés, tandis que « iyyim » et « tannim » désignent le chacal spécifiquement comme le « hurleur » (comp. l’arabe « wawi » ou « ibn awa ») et comme l’animal au corps allongé. Selon Tristram, même aujourd’hui les deux animaux sont communément confondus en Syrie, bien que les habitants en fassent la distinction.

Ainsi la capture de 300 shu'alim dans l’histoire de Samson (Juges xv. 4) semble se rapporter aux chacals plutôt qu’aux renards, puisque les premiers sont grégares et restent en troupeaux, tandis que les seconds rôdent seuls et sont difficiles à prendre vivants. De même en Ps. lxiii. 11 le mot s’applique probablement au chacal, car il est caractéristique de ce dernier, mais non du renard, de se nourrir de cadavres. Lamentations v. 18 et Néhémie iii. 35 conviennent aussi bien au renard qu’au chacal, les deux ayant l’habitude de creuser parmi les rochers et les ruines ; tandis qu’Ézéchiel xiii. 4 et Cantique ii. 15 se rapportent sans doute à la ruse proverbiale du renard et à son goût pour les raisinées, bien que le chacal soit également destructeur des vignobles.

Le fait que renards et chacals furent autrefois, comme maintenant, communs en Palestine, se déduit des noms dérivés de ces animaux tels que « Ilazar-shual » (Josué xv. 38) et « Shalim » (1 Samuel ix. 4).

Dans la littérature rabbinique : Il n’y a pas de référence assurée au chacal dans les écrits rabbiniques, tandis que le renard y est souvent évoqué. La durée de gestation de ce dernier est de six mois ; il rôde parmi les ruines, creuse des terriers, se trouve même à habiter une gourde creuse ; il tue la volaille et les jeunes moutons et chevreaux, et est nuisible aux vignobles (Bek. 8a ; Mak. 34b ; Ned. 81b ; Ket. 111b ; Hul. 53a, B. K. 93a ; Eccl. II. 98a, etc.). Dans les expressions proverbiales le rusé et traître renard est souvent mis en contraste avec le lion royal : « Mieux vaut être plutôt la queue [c.-à-d. l’ultime] parmi les lions que la tête des renards » (Sanh. 37a ; Abot iv. 15). De celui qui déçut sa grande réputation on disait : « Le lion est devenu renard » (B. K. 117a ; comp. aussi B. M. 84b ; Meg. 16b ; Ned. 81b ; Ab. ii. 15). Les « fables du renard » (« mishle shu'alim »), dont R. Meïr en connaissait sans doute 300 (Sanh. 38b ; Suk. 38a), avaient indubitablement pour thèmes des escapades du renard (comp. Ber. 61b ; Esth. K. iii. 1 ; Eccl. K. v. 14 ; L. Levysohn, dans “Jüdisches Volksblatt,” vol. iii.). Voir Fables d’Ésope chez les Juifs.

Le renard était aussi employé dans la magie de l’époque. Sa queue était suspendue entre les yeux du cheval pour le protéger du mauvais œil (Shab. 53a) ; sa dent était portée pour favoriser ou empêcher le sommeil, selon qu’elle provenait d’un animal vivant ou mort (Shab. 67a, Kashi) ; tandis que le passage d’un renard sur son côté gauche était considéré comme un mauvais présage (Sanh. 65b).

Bibliographie : Tristram, The Natural History of the Bible, p. 85 ; L. Levysohn, Zoologie des Talmuds, p. 77.

E. G. H. I. M. C.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.