Définition dans Jewish Encyclopedia

Poterie

POTTERY

Données bibliques : Il ne fait aucun doute que les Israélites ont d’abord appris l’art de la poterie sur le sol palestinien. Le nomade, dans ses errances continuelles, ne peut utiliser les ustensiles fragiles du potier ; et les vaisseaux propres à l’usage du nomade sont la outre en cuir et les fruits creux ou les écuelles en bois. Même après leur établissement, les Israélites semblent avoir maintenu pendant quelque temps une réticence à l’usage des vases en terre ; la mention d’un vase en terre n’apparaît que dans un seul passage de la littérature ancienne (I Sam. xvii. 28). Naturellement, les Cananéens furent les maîtres des Israélites ; mais non moins sûrement les Cananéens apprirent à leur tour l’art du potier des Phéniciens, qui fournissaient des pays étrangers en poterie et qui, peut-être, parcouraient la Palestine en colportant leurs marchandises. L’artisanat ne semble pas s’être développé avant l’époque des rois ultérieurs.

Le procédé par lequel on fabrique la poterie était familier aux Prophètes et au peuple. Ils comprenaient le pétrissage de l’argile du potier (« homer »), foulée par les pieds (Isa. xli. 25) ; et Jérémie mentionne les disques du potier (« obnayim »), qui, comme le nom l’indique, étaient au nombre de deux, tournant l’un au-dessus de l’autre. Le disque inférieur et plus grand était mis en rotation par les pieds, tandis que l’argile, placée sur le disque supérieur, qui suivait le mouvement du disque inférieur mais pouvait être tournée aussi en sens contraire, était moulée à la main dans la forme désirée. Le procédé de cuisson et d’émaillage des vases n’est pas mentionné avant une époque beaucoup plus tardive (comp. Prov. xxvi. 23 ; Sirach [Ecclus.] xxviii. 34) ; mais il ne fait guère de doute que les Cananéens, et par leur intermédiaire les Israélites, apprirent cette partie de l’art aux Phéniciens à une époque assez ancienne. Au temps de Jérémie, un atelier de potier se trouvait probablement dans l’une des vallées près de la Porte des Potiers (comp. Jer. xviii. 1 et svt., xix. 1).

La coutume de faire des dessins coloriés sur les vases était probablement aussi d’origine phénicienne, et était connue à une période ancienne, certainement en des temps pré-exiliques. Quelques trouvailles à Jérusalem, montrant une exécution soignée, doivent, d’après leur position dans les couches inférieures, être attribuées à l’époque des rois. En comparaison, les trouvailles de Tell al-Hasi paraissent très primitives. Peut-être les premières relèvent de la fabrication phénicienne et les secondes sont des imitations domestiques. Les ornements, dans les deux cas, sont purement géométriques.

Il est connu que la terre cuite était fréquemment utilisée comme symbole de fragilité et de ce qui peut être rapidement et complètement détruit (comp. Ps. ii. 9 ; Isa. xxii. 84 ; Jer. xix. 11). Elohîm, en tant que Créateur, surtout comme Créateur de l’homme et comme le Seigneur qui décide du sort des individus et des nations selon Son jugement, est souvent comparé à un potier (Isa. xxix. 16, xlv. 9, Ixiv. 8 ; Jer. xviii. 6, xix. 11 ; Sirach [Ecclus.] xxxiii. 13). Il est probable que la référence en Zach. xi. 13 porte sur le trésor du Temple (« ha-ozar ») et non sur le potier (« yozer »).

E. G. II. W. N.

Période pré-israélite ancienne : Cette période commence avec la poterie la plus ancienne connue (probablement avant 1700 av. J.-C.), et cesse avec l’apparition de l’influence phénicienne et mycénienne (vers 1500 av. J.-C.). Sous des formes détériorées, certains types se sont poursuivis plus tard. Les caractéristiques principales sont les suivantes : (1) l’absence de vases tournés au tour, excepté peut-être tard dans la période ; (2) les anses-ressauts particulières fixées sur les côtés des jarres, trouvées aussi dans la poterie égyptienne ancienne qui relie à la poterie de la première dynastie ; (3) des méthodes de traitement de la surface, telles que le raclage avec un peigne, et l’utilisation de lignes burnies sur un fond coloré ; et (4) des marques de potiers, comparables aux spécimens égyptiens anciens.

Période pré-israélite tardive : Le début de cette période est marqué par l’apparition de l’influence étrangère mentionnée ci-dessus sur la poterie de la Palestine, vers 1500 av. J.-C. Jusqu’à quel point cette influence s’est étendue dans la monarchie juive reste à déterminer ; le choix du nom a donc été suggéré par l’origine des types. Parmi les caractéristiques de la période on peut noter : (1) l’usage presque universel du tour ; (2) importations directes chypriotes (ou phéniciennes) et mycéniennes ; (3) imitations locales de celles-ci ; (4) introduction de la lampe dans sa forme la plus ancienne connue (un bol ouvert avec un bec pincé et un fond arrondi) ; (5) petits teraphim ou idoles ; et (6) ornementation peinte, consistant en lignes, zigzags, spirales, oiseaux et autres animaux, etc. Ceci est peut-être la caractéristique la plus originale. Bien que certaines ressemblances avec des motifs phéniciens, mycéniens, et surtout cappadociens puissent être retracées, les différences sont si grandes qu’on peut considérer cette forme de décoration comme une production indigène.

Période juive : On a insinué que la ligne de démarcation entre cette période et la précédente n’est pas nette. Par poterie juive on entend les types dans lesquels l’influence étrangère est presque perdue, ou au mieux apparaît sous des formes détériorées, et qui ont certainement prévalu pendant les dernières années du royaume juif, bien que certains d’entre eux aient aussi survécu à sa chute. Les formes sont, en règle générale, grossières et disgracieuses, et la décoration, sauf dans le style de lignes burnies, est rare. Quelques flacons minces sont façonnés à la main ; mais la poterie est généralement tournée au tour. Des importations grecques se produisent. Les traits les plus intéressants de cette période sont les anses de jarres estampées, se répartissant en deux groupes : (1) anses estampées avec le sceau hébreu du potier ou du propriétaire. Sur certaines d’entre elles les caractères phéniciens sont exquis. Bien que le Nom Divin (in' ou n') apparaisse souvent dans des composés, pourtant dans la même strate avec ces anses se rencontrent souvent des teraphim païens et d’autres symboles.

(2) Cachets royaux. L’ovale estampé sur les anses contient l’un des deux symboles, tous deux d’origine égyptienne. Le premier représente un scarabée avec quatre ailes étendues ; le second, un disque ailé. Dans tous les cas juifs se trouvent deux lignes d’écriture ; au-dessus du symbole se lit le mot "la-melech" ("au roi" ou "du roi") ; en dessous, le nom d’une ville. Bien que ces anses aient été trouvées sur sept sites, seulement quatre noms de lieux apparaissent : p^n (Hébron), (Ziph), (Shocho), et riTOO (Memshath ?). Les trois premiers sont des noms scripturaires ; le dernier n’apparaît nulle part dans la Bible. Bliss considère les noms de lieux comme indiquant les sites de poteries royales (voir la référence obscure en I Chron. iv. 33). Macalister les considérerait comme les centres de districts où les impôts en nature destinés à la capitale étaient collectés (comp. I Rois iv. 7-19 avec II Chron. xxxii. 38). Selon la première supposition, l’inscription représenterait une dédicace des jarres au roi par les potiers royaux ; selon la seconde, une dédicace de leur contenu par les districts taxés. Les jarres auxquelles les anses étaient fixées sont datées approximativement entre 650 et 500 av. J.-C., bien qu’elles puissent être plus anciennes. Ainsi « le roi » peut être reporté soit à la monarchie juive tardive, soit à la période de souveraineté perse. La représentation du scarabée et du disque ailé pourrait être utilisée comme argument en faveur d’une période de domination païenne.

Période séleucide : Bien que certains types juifs se prolongent jusqu’à cette période, elle se caractérise surtout par des importations et des imitations grecques. Parmi les premières figurent les amphores rhodiennes bien connues avec anses inscrites.

La poterie post-séleucide n’a pas été étudiée systématiquement ; mais elle peut être grossièrement divisée en romaine, byzantine et arabe. Des cachets de la Xe légion (Fretensis) sont communs près de Jérusalem. L’époque byzantine montre des lampes avec inscriptions chrétiennes. La décoration géométrique de la période arabe doit être soigneusement distinguée de l’ornementation pré-israélite, à laquelle elle présente une ressemblance superficielle.

La poterie du sud de la Palestine, depuis les temps pré-israélites anciens jusqu’à la fin de la période séleucide, a été étudiée systématiquement dans une série de fouilles entreprises par le Palestine Exploration Fund. Petrie ouvrit la voie en 1890, dans une reconnaissance de Tell al-Hasi (Lachish), où il eut la chance de trouver le versant oriental si érodé par le ruisseau que les différentes strates du tertre (18 mètres de hauteur) étaient pratiquement mises à nu. On y trouva des types à la fois phéniciens et grecs, servant à dater approximativement les types locaux avec lesquels ils étaient associés ou qu’ils recouvraient. Bliss, en découpant systématiquement (1891-93) un tiers du tertre, put non seulement vérifier l’échelle chronologique générale de Petrie, mais aussi augmenter le matériel disponible pour l’étude. En raison de la nature remuée du sol, les fouilles à Jérusalem (conduites par Bliss et Dickie, 1894-97) furent de peu d’aide pour la systématisation ; mais celle-ci fut grandement favorisée par les trouvailles dans les quatre tertres stratifiés de Tell Zakariya, Tell al-Safi, Tell al-Judaidah et Tell Sandahannah, fouillés par Bliss et Macalister en 1898 et 1900. En 1902 Macalister commença la fouille de Gezer, où l’on a aussi trouvé beaucoup d’anciennes poteries. Sur la base de ces découvertes (antérieures à la campagne encore en cours [1905]) Bliss et Macalister ont classé la poterie pré-romaine du sud de la Palestine en les quatre groupes chronologiques mentionnés ci-dessus : (1) pré-israélite ancien ; (2) pré-israélite tardif ; (3) juif ; et (4) séleucide.

BIBLIOGRAPHIE : W. M. Flinders Petrie, Tell-el-Hesy (Lachish), Londres, 1891 ; F. J. Bliss, Mound of Many Cities, or Tell-el-Hesy excavated, ib. 1894 ; idem et R. A. S. Macalister, Excavations in Palestine, 1898-1900, ib. 1903 ; F. B. Welch, The Influence of the Aegean Civilization on Southern Palestine, in Pal. Explor. Fund. Quarterly Statements, 1900, p. 142. Une collection de poteries palestiniennes, arrangée et classifiée par Bliss, peut être vue au musée gouvernemental de Jérusalem.

K. G. II. F. J. B.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.