Définition dans Jewish Encyclopedia
Poesie
POETRY
Biblique : La question de savoir si la littérature des anciens Hébreux comprend des parties qui peuvent être appelées poésie est tranchée par les anciens Hébreux eux-mêmes. Une distinction entre différentes catégories d’écrits apparaît dans un fait tel que la désignation de la section II Sam. xxiii. 1-7, dans le titre (postérieur), comme « les dernières paroles de David », bien que d’autres paroles de ce roi soient rapportées aussi tard que I Rois ii. 9 ; on ne sait cependant pas si les paroles de David citées en II Sam. loc. cit. sont appelées ses « dernières paroles » en raison de leur substance ou de leur forme. De même, l’auteur du Ps. xlv. l’a désigné comme un « ma'aseh », c.-à-d. « un produit » ; et cette expression correspond dans un degré remarquable avec le grec noirjai^, bien qu’il ait pu appliquer ce terme au psaume seulement à cause de son contenu. Mais le fait que les anciens Hébreux percevaient qu’il y avait des portions poétiques dans leur littérature est montré par le fait qu’ils intitulaient chants ou cantiques de tels passages comme Ex. xv. 1 et svt. et Num. xxi. 17 et svt. ; et un chant ou cantique (« shir ») est, selon le sens primaire du terme, de la poésie. Il faut donc considérer en premier lieu ces chants de l’Ancien Testament si l’on veut déterminer les qualités qui distinguent les productions poetiques des anciens Hébreux de leur mode de présentation littéraire ordinaire.
Caractéristiques de la poésie hébraïque ancienne : (1) La poésie hébraïque ancienne ne contient pas de rime. Bien que le premier chant mentionné ci-dessus (Ex. xv. 1 et svt.) contienne une assonance à la fin des vers, comme dans « anwehu » et « aromemenhu » {ih. verse 2), une telle consonance en « hu » (= « lui ») ne peut guère être évitée en hébreu, parce que de nombreux pronoms sont affixés aux mots. En outre, la rime n’apparaît que sporadiquement dans les poèmes hébreux comme chez Shakespeare ; par ex., dans « thing » et « king » à la fin du second acte d’« Hamlet. » Il n’existe aucun poème dans l’Ancien Testament avec une rime finale à chaque ligne ; bien que Bellermann ("Versuch fiber die Metrik der Hebraer," 1813, p. 210) fasse allusion à une exception, signifiant probablement le Ps. cxxxvi., dont la rime tout au long du poème ne consiste que dans la fréquente répétition du mot « hasdo. » H. Grimme a déclaré dans son article « Durchgereimte Gedichte im A. T. » (dans Bardenhewer’s "Bibl. Studien," 1901, vi. 1, 2) que de tels poèmes sont représentés par Ps. xlv., liv., et Sirach (Ecclus.) xliv. 1-14 ; mais il considère la consonance des consonnes finales comme rime, par ex. , « ozneA » et « abi^ » (Ps. xlv. 11), tandis que la rime propre exige au moins l’assonance de la voyelle précédente.
(2) L’emploi de formes de langue inhabituelles ne peut être considéré comme un signe de poésie hébraïque ancienne. Dans les phrases de Noé, par ex. (Gen. ix. 25-37) la forme « lamo » se rencontre. Mais cette forme, qui représente en partie « lahem » et en partie « lo », a de nombreux parallèles dans la grammaire hébraïque, comme, par exemple, « kemo » au lieu de « ke » (Ex. xv. 5, 8) ; ou « emo » = « eux » {ib. vv. 9, 15) ; ou « emo » = « leur » (Ps. ii. 3) ; ou « elemo » = « à eux » {ib. v. 5) — formes trouvées dans des passages pour lesquels aucune prétention à des expressions poétiques n’est avancée. Puis on trouve « hayeto » = « bête » (Gen. i. 34), « osri » = « liant » {ib. xlix. 11), et « yeshu'atah » = « salut » (Ps. iii. 3) — trois formes qui conservent probablement des vestiges des anciennes terminaisons du nominatif, du génitif et de l’accusatif : « u(n), » « i(n), » « a(n). » Encore, dans les paroles de Lamech, « Adah et Zillah, écoutez ma voix ; vous, femmes de Lamech, prêtez l’oreille à mes paroles » (Gen. iv. 23), les deux mots « he’ezin » et « imrah » attirent l’attention, parce qu’ils apparaissent pour la première fois dans ce passage, bien qu’il y eût eu une occasion antérieure de les employer. « He’ezin » = « prêter l’oreille » aurait pu être utilisé tout aussi bien que son synonyme « shama‘ » = « entendre » en Gen. iii. 8, 10 et svt., mais son emploi le plus ancien se trouve dans le passage cité ci-dessus Gen. iv. 23. Il se rencontre aussi en Ex. xv. 26 ; Num. xxiii. 18 (une sentence de Balaam) ; Deut. i. 45, xxxii. 1 ; Juges V. 3 ; Isa. i. 2, 10 ; viii. 9 ; xxviii. 23 ; xxxii. 9 ; xlii. 23 ; li. 4 ; Ixiv. 3 ; Jer. xiii. 15 ; Hos. v. 1 ; Joël i. 3 ; Nell. ix. 30 (dans une prière) ; et en II Chron. xxiv. 19 (probablement une imitation d’Isa. Ixiv. 3). En outre, « imrah » = « parole » aurait pu être employé au lieu de l’essentiellement identique « dabar » en Gen. xi. 1 et svt., mais son emploi le plus ancien est, comme indiqué ci-dessus, en Gen. iv. 23. Il se trouve aussi en Deut. xxxii. 2, xxxiii. 9 ; II Sam. xxii. 31 ; Isa. v. 24, xxviii. 23, xxix. 4, xxxii. 9 ; Ps. xii. 7, etc. ; Prov.
