Définition dans Jewish Encyclopedia
Peor
PEOR
Montagne dans les plaines de Tsophim, dominant Jeshimon, où Balak conduisit Balaam pour l’engager à maudire Israël. Selon l’“Onomasticon” de Jérôme, elle se trouvait en face de Jéricho, près d’une ville nommée « Danaba. » Bien que la montagne n’ait pas encore été identifiée avec certitude, les recherches les plus récentes semblent indiquer El-Mmshakkar.
Bibliographie : Bühl, Oeov. des Alten Palästina, p. 110.
i:. G. II. S. O.
PE’OT (forme plurielle de « pe’ah » = « segment », « côté », « bord ») : Mèches latérales portées par les hommes juifs, surtout ceux de Pologne et de Russie. Se conformant strictement au précepte biblique de Lévitique xix. 27, ils laissaient pousser les cheveux de chaque côté de la tête et les laissaient pendre en boucles ou en anneaux. Le fait de couper les péot était considéré comme une coutume païenne ; par conséquent cette loi, telle qu’interprétée par certaines autorités, interdit l’enlèvement des péot au rasoir ou leur coupe aux ciseaux (voir RABaD au Sifra, Kedoshim, vi. [éd. Weiss, 90c] ; Bertinoro et Lipschitz à Mak. iii. 9 ; ib. Gemara, 20b ; Jew. Encyc. ii. 614, s.v. Peot). Selon Maïmonide, « Yad », ‘Akkum, xii. 6, on est autorisé à couper les cheveux des péot avec des ciseaux.
Pendant de nombreux siècles la plupart des Juifs d’Europe orientale observèrent cette loi biblique ; mais en 1845 le tsar Nicolas Iᵉʳ de Russie décréta que ses sujets juifs ne devraient plus porter ni le costume judéo-polonais ni les péot. Des moyens coercitifs furent employés pour faire respecter cet ukase ; néanmoins les péot sont encore largement portés par les Juifs d’Europe orientale, ainsi que par ceux de l’Orient. Aujourd’hui certains des Hassidim observent aussi la loi biblique.
Bibliographie : Jost, Neuere Gesch. der Israeliten, ii. 313.
A. S. DHan.
PERREA : Division de la Palestine, s’étendant, selon Josèphe (“B. J.” iii. 3, § 3), de Machérus au sud jusqu’à Pella au nord, et du Jourdain à l’ouest jusqu’à Philadelphie (Rabbat Ammon) à l’est. Mais en réalité elle couvrait une région bien plus vaste, s’étirant du Yarmuk au nord jusqu’à l’Arnon au sud, incluant ainsi les territoires de Bashân, de Gaulanitide et du Hauran, du Jabal ‘Ajlun actuel à Al-Balka. C’est un plateau accidenté, à pente abrupte vers le Jourdain à l’ouest, avec une descente plus douce à l’est vers le désert arabe. Bien que la végétation de Péréa soit beaucoup moins riche que celle de la Palestine et de la Galilée, le pays contient de bons pâturages et le sol peut être facilement cultivé. Les rivières suivantes, mentionnées dans la Bible, appartiennent à Pérée : le Jaboc (Genèse xxxii. 22) ; l’Arnon (Nombres xxi. 13 ; Deutéronome iii. 8) ; le Zered (Nombres xxi. 12 ; Deutéronome ii. 13) ; l’Abana et le Pharpar (2 Rois v. 12). Le Talmud donne le Yarmuk (l)DI'; Parah viii. 10 ; B. B. 74b).
Les villes principales de Pérée, mentionnées dans la Bible, sont : Ashtoreth-Carnayim (Genèse xiv. 5) ; Mahanaïm (Josué xiii. 26, 30) ; Ramoth en Galaad (Josué, xxi. 38 ; Deutéronome iv. 43) ; Beth-Peor et Médéba (Josué xiii. 9, 16, 20) ; et Bézer (Deutéronome iv. 43). La littérature de la période talmudique mentionne les villes suivantes comme appartenant à Pérée, ou le territoire désigné comme Pérée : Gadara (Ar. ix. 6) ; Ragab (Men. viii. 3) ; Tarela (Yer. Hag. i. 1) ; Amathus (Eusèbe, “Onomasticon”) ; Gérasa (Midr. R. xxxvii.) ; Callirrhoe (\T)f)p ; Gen. R. xxxvii.) ; et Makar (Tn^O ; Ta'an. 33a).
Pérée ne devint importante dans l’histoire politique de Judée qu’au temps des Maccabées. Le premier prince juif à soumettre Pérée fut Judas Maccabée. Jean Hyrcan soumit Médéba, tandis qu’Alexandre Jannée prit les forteresses de Gadara et d’Amathus et imposa un tribut aux Moabites et aux Galiadites (voir Josèphe, “Ant.” xiii. 13, 3-5). La plus grande partie de Pérée resta juive jusqu’au temps d’Hérode ; Gabinius y affecta un sanhédrin en 63 apr. J.-C., lorsqu’il divisa la Judée en cinq districts. Cinquante ans plus tard le frère d’Hérode, Phéroras, fut nommé tétrarque de Pérée (“Ant.” XV. 10, § 3). Elle fut subjuguée par Vespasien en 67, avant la chute de Jérusalem. À l’époque talmudique Pérée n’avait pas aussi bonne réputation que la Judée et la Galilée ; car, selon les Abot de Rabbi Nathan, la Judée représentait le grain, la Galilée la paille, et ‘Eber ha-Yarden (= Pérée) le ḥall.
Bibliographie : Neubauer, G. T. pp. 241-258 ; Schwarz, Palästina, pp. 145-204 ; Grätz, Gesch. d. Juden, iii. 70, 204, 322, 507, 515 et seq. ; Schürer, Gesch. i. 185 et seq., 279, 281, 283, 285 ; ii. 8-11, 145.
