Définition dans Jewish Encyclopedia
Patrimony
PATRIMONY
Voir Héritage.
PATRIOTISME (hébreu, pN HNip. de impID pN nnx = « patriote ») : Amour et dévotion pour sa patrie. Le mot n'est pas employé dans les Écritures hébraïques; mais la vertu du patriotisme est louée tant dans la tradition juive ancienne que médiévale et moderne. Des références à la patrie natale se trouvent dans Ps. exxii. 6, exxiv. 1-2, exxvi. 1, cxxxvii. 5, et dans un autre contexte en Genèse xxxi. 3; Exode iv. 18-19; I Rois xi. 21-22; Néhémie ii. 5.
Une attention particulière est portée à l'amour d'une patrie d'adoption dans Jérémie xxix. 7 (héb.) : « Cherchez la prospérité de la ville où je vous ai déportés, et priez pour elle auprès de YHWH ; car dans sa prospérité vous aurez la vôtre » ; aussi ib. xl. 9 : « N'ayez pas peur de servir les Chaldéens; demeurez dans le pays et servez le roi de Babylone, et il vous ira bien. » L'avertissement de servir le roi et le gouvernement est impliqué en I Sam. xii. 14-15. Le respect de l'autorité des gouvernants est prescrit en Exode xxii. 27; Ecclésiaste viii. 2, x. 20; et Proverbes xxiv. 21 ; et les souverains eux-mêmes sont mis en garde pour agir avec justice en Proverbes xvi. 10, 12, 13, 14; XX. 28; xxix. 14; xxxi. 4; II Chroniques xix. 5-7. Maudire Elohîm et maudire le roi sont tous deux punissables de mort (I Rois xxi. 13).
Dans la Diaspora le patriotisme fut prescrit comme une vertu essentielle. R. Samuel posa le principe « Dina di-malkuta dina » = « La loi du pays est la loi » (Git. 10b; B. K. 113a). Ainsi R. Jose affirme aussi : « Les lois du pays, même si elles sont injustes, doivent être obéies » (Ket. 111a; comp. Talmud, Yalk., Eccl. ii. 7). « Celui qui se révolte contre son souverain mérite la mort » (Sanh. 49a). Le gouvernement des rois est comparé à celui du Ciel (Ber. 58a). « Priez pour la prospérité du royaume ; car, sans cela, les hommes se dévoreraient entre eux » (Ab. iii. 2). Le droit d'imposer des impôts est concédé (Sanh. 20b); et le paiement des impôts est obligatoire (B. K. 113a). L'honneur dû aux gouvernants est recommandé (Zeb. 102a), la rébellion contre le gouvernement est décriée (Ber. Rabba, § 94), et tous les actes pour le bien public sont loués (Lev. R. sur vii. 7). En outre, on devait prononcer une bénédiction à la vue d'un roi (Ber. 58a). Tanhuma (Noé) rapporte une légende représentant l'Omnipotent (Elohîm) faisant jurer aux Israélites qu'ils ne seraient pas déloyaux envers les gouvernements sous lesquels ils vivaient (comp. Ket. 111a; Cant. R. sur iii. 5). On est autorisé à rompre le Shabbat pour défendre sa patrie (I Maccabées ii. 39-41; comp. ‘Er. 45a). L'ensemble de la pensée talmudique à ce sujet se résume dans des passages tels que : « Que les intérêts du lieu où tu demeures soient les tiens » (Zeb. 102a); et, « Priez pour le bonheur du roi, afin qu'il n'y ait pas d'anarchie » (Ab. iii. 2). Les prescriptions bibliques et talmudiques auraient bien fait leur œuvre même si le Juif n'avait pas été patriote de fait. Israël fut patriotique dans quelque pays qu'il demeurât, donnant sa vie et sa fortune pour le bien de l'État ; et cela dans des pays qui le persécutaient autant que dans ceux qui lui accordaient droits et libertés. Employé civilement et militairement dès les premiers siècles à Rome, souvent choisi comme ambassadeur en Europe par les empereurs d'Orient, placé en positions de confiance financière et politique par les républiques italiennes, par les rois d'Espagne et du Portugal, et par les papes, servant la France et bien d'autres pays dans toutes fonctions honorables, le Juif a prouvé que le patriotisme est enraciné dans sa nature (G. Ben Levi, Les Matinées du Ramedi, trans. A. Abrahams, p. 171, Londres, 1846). Voir Army pour le patriotisme militaire du Juif.
La bonne citoyenneté a été mise en avant comme faisant partie du devoir de l'Israélite par de nombreux synodes et assemblées juifs, notamment le Sanhédrin de Napoléon (1806) et le synode de Leipzig (1869). Le point de vue du judaïsme à cet égard est succinctement exposé dans l'« Ethics of Judaism » de Moritz Lazarus, p. 304 : « Le judaïsme commande l'observance consciencieuse des lois de l'État, le respect et l'obéissance au gouvernement. Il interdit donc la rébellion contre les ordonnances gouvernementales et l'évasion de la loi. Le judaïsme commande la promotion du bien-être de ses semblables, le service des individus et des communautés selon ses capacités. »
Bibliographie : Simon Wolf, The American Jew as Patriot, Soldier, and Citizen, Washington, 1895; Madison Peters, Justice to the Jew, New York, 1903; H. Adler, Can Jews Be Patriots ? in The Nineteenth Century, April, 1878.
s. H. C.
