Définition dans Jewish Encyclopedia

Paix

PEACE

(DI^K*) Données bibliques : Le sens premier du mot est « prospérité », « santé » (Jer. xxix. 7 ; Job xv. 31 [Version Autorisée King James « prosperity »] ; Isa. xlviii. 18 ; Ps. exxii. 6 ; Abot iii. 2). Il est employé dans les salutations, comme lorsque Jacob interrogea les bergers au sujet de Laban (Gen. xxix. 6), ou lorsque Joseph informa ses frères au sujet de son père (Gen. xliii. 37, Hebr. ; comp. II Kings iv. 26). Plus tard, en hébreu, comme en araméen et en arabe, « Paix sur vous » devint une forme régulière de salutation.

Le terme est aussi employé pour désigner l'amitié : « Même de bons amis, en qui j'ai eu confiance [lit. “hommes de ma paix”], qui ont mangé du pain avec moi, lèvent le talon contre moi » (Ps. xli. 9 ; comp. Isa. liv. 10 ; Jer. xvi. 5, xx. 10).

Le second sens distinct du terme est « paix » au sens opposé de « guerre » (Eccl. iii. 8 ; et m.). Il signifie aussi paix de l'esprit et du cœur, par opposition à l'agitation et l'insatisfaction causées par le mal (Isa. xxxli. 17, xlviii. 32). L'amour de la paix est inculqué comme une vertu. L'alliance de paix est donc très estimée. « Aimez la vérité et la paix » (Zech. viii. 19 ; comp. tb. 16 ; Ps. cxxxiii. 1 ; Abot i. 12). La paix est l'une des bénédictions qu'Elohîm accorde à l'homme, car Il est le créateur de la paix : « Je fais la paix, et je crée le mal » (Isa. xlv. 7 ; comp. Ps. lvii. 19 ; Gen. xv. 15 ; Ps. xxix. 11, cxlvii. 14).

Parmi les bénédictions que Israël attend aux temps messianiques, la bénédiction de la paix se distingue comme la plus proéminente. Israël a si souvent éprouvé la main forte du conquérant que la paix et la sécurité paraissaient les plus désirables. Les Prophètes allèrent plus loin ; ils désiraient une paix universelle, une paix qui unirait tous les hommes et imprègnerait tout l'univers. Ainsi Isaïe imagine le temps messianique comme une période où tous marcheront dans la voie d'Elohîm ; où Il jugera entre les nations et les peuples, et la guerre ne sera plus connue (ii. 2-4). Michée va encore plus loin ; chacun jouira de paix et de prospérité sans aucune interférence (iv. 4). Chez Isaïe (xi. 6-9) la paix universelle inclura aussi toutes les bêtes des champs. « Prince de la Paix » est une désignation pour l'oint (Isa. ix. 6, comp. lx. II, lxvi. 12 ; Zech. ix. 10). Dans les Apocryphes la bénédiction de la paix trouve des expressions répétées, notamment dans Ecclesiasticus (voir xxviii. 13, l. 23). Dans Ecclus. (Sirach) xxv., parmi les choses qui sont belles est énumérée l'unité des frères, et la « femme et son mari qui marchent ensemble d'un commun accord ».

Dans la littérature rabbinique : La paix est glorifiée comme l'une des plus grandes faveurs et bénédictions que l'homme puisse posséder. « Pour l'amour de la paix » devient le principe directeur dans la relation entre Juif et Gentil. La revendication du non-juif sur la charité du Juif est aussi impérative que celle du coreligionnaire de ce dernier (comp. Git. 59b, 61a). « Pour l'amour de la paix, la vérité peut être sacrifiée » (Yeb. 65b). « Aucun vase sauf la paix ne peut contenir la bénédiction » (‘Uk. 83b). On dit même : « Toute la Torah existe seulement pour l'amour de la paix » (Git. 59b). « Par trois choses le monde est préservé : par la vérité, le jugement, et la paix » (Abot i. 18). Hillel disait : « Aime la paix et poursuis la paix » (Abot i. 12).

Parmi d'autres maximes relatives à la paix on peut citer les suivantes : « Le faiseur de paix, comme la charité, profite dans les deux mondes » (Peah i, 1). « Le nom d'Elohîm est ‘Paix’ » (« Perek ha-Shalom » ; Shab. 10b). « Grande est la paix, car la bénédiction sacerdotale se clôt sur la paix » (Sifre, Num. vi. 26). « Sois le premier à prononcer la salutation de paix envers tous les hommes » (Ber. 17a). « Celui qui fait la paix dans sa propre maison a autant de mérite que s'il avait fait la paix en Israël » (Ab. R. N. xxviii. 43a). « Si les Israélites pratiquaient l'idolâtrie, et que la paix régnât parmi eux en même temps, Elohîm dirait : ‘Je ne puis exercer d'autorité contre eux avec colère, parce que la paix est parmi eux’ » (Gen. R. xxxviii. 6).

Bibliographie : Delitzsch, New Commentary on Genesis, ii. 319 ; Lazarus, Die Ethik des Judenthums ; Ehrenthell, Der Geist des Talmud, pp. 151 et seq. ; Taylor, Sayings of the Jewish Fathers, p. 26.

E. C. A. G.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.