Définition dans Jewish Encyclopedia
Ornement
ORNAMENT
La mention faite dans l’Ancien
Testament de nombreux articles de parure conduit
à conclure que dans l’Antiquité la parure personnelle
occupait chez les hommes comme chez les femmes la même
place qu’elle occupe aujourd’hui en Orient. Il est probable,
toutefois, que seuls les hommes riches se paraient, tandis que même la femme la plus pauvre réussissait à
trouver quelque parure ; et la femme riche, alors comme
aujourd’hui en Orient, se distinguait de la pauvre
par le nombre de ses ornements (comp. Ésaïe iii.
16 et suiv.). Voici les désignations générales des
ornements : (1) « keli », dans Ésaïe lxi. 10, pour ceux
de la fiancée ; (2) « ‘adi », dans Ex. xxxiii. 4, pour ceux
d’un homme, et dans Jér. ii. 32 pour ceux d’une femme ;
(3) « migdanot », dans Gen. xxiv. 53 et II Chron. xxi.
3. Parmi les articles particuliers de parure sont mentionnés
les suivants : « nezem », anneau d’oreille aussi bien que de nez
(Prov. xxv. 12 ; Ésaïe iii. 21) ; les boucles d’oreilles, en raison de
leur forme ronde, étaient probablement aussi appelées « ‘agil »
(Nomb. xxxi. 50), ou « netifot » (Ésaïe iii. 19) parce
qu’elles avaient la forme d’une goutte.
Le collier, appelé diversement « hali » (Prov. xxv.
12), « helyah » (Osée ii. 15), « ‘anak » (Cant. iv. 9),
était porté tant par les femmes (Ézéch. xvi. 11) que par
les hommes (Prov. i. 9, iii. 3). Il ne se composait probablement pas d’un simple cercle d’or ou d’argent, mais de plusieurs
chaînes réunies (comp. Cant. iv. 9). Des flacons à parfums
(« batte nefesh » ; Ésaïe iii. 20), et particulièrement des ornements en forme de petites lunes (« saharonim » ; Ésaïe
iii. 18) et de soleils (« shebisim »), étaient attachés à ces
chaînes. « Kumaz » était probablement une autre désignation du collier (Ex. xxxv. 22 ; Nomb. xxxi. 50).
À en juger par l’arabe « kuma’at », il se composait
de petites boules d’or enfilées ensemble. L’anneau-sceau
(« hotam ») était porté par les hommes à une cordelette (« petil ») autour
du cou, comme par les habitants des villes d’Arabie aujourd’hui (comp. Robinson, « Palaestina », i. 98). Plus tard, l’anneau fut porté à la
main droite, selon Jér. xxii. 24 (comp. Gen.
xli. 42), et au bras, selon Cant. viii. 6.
Une pierre précieuse était probablement enchâssée dans l’anneau,
peut-être un onyx (« shoham »), sur lequel une image ou un monogramme était inscrit (comp. Ex. xxviii. 11).
Cet anneau, avec le bâton (« matteh »),
sans doute richement décoré, était la principale parure
des Israélites comme des Babyloniens (comp. Hérodote, i. 195 ; Strabon, 16, 1, 20). Les bracelets (« zamid ») sont mentionnés plus fréquemment (Gen. xxiv.
22, xxx. 47 ; Ézéch. xvi. 11). On ne sait pas en quoi
« ez’adah » (Nomb. xxxi. 50 ; II Sam. i. 10)
diffère de « zamid » ; peut-être ce dernier était-il porté
au poignet, et le premier au haut du bras.
Les « shcrot » (littéralement « chaînes ») mentionnés dans
Ésaïe iii. 19 étaient probablement de même des ornements du bras (comp. l’arabe « siwar »). Les bagues (« tabba‘ot ») étaient portées par les femmes (Ésaïe iii. 21), mais le mot désigne aussi l’anneau-sceau (comp. Ex.
xxxv. 22 ; Nomb. xxxi. 50).
Toutes sortes d’ornements étaient attachés aux ceintures des femmes ;
par ex., des flacons à parfums (« batte nefesh »), des sacs
(« haritim »), et des miroirs (« gilyonim »). Des anneaux de cheville
(« ‘akasim »), attachés au-dessus de la cheville, étaient également
portés (Ésaïe iii. 18). Ils étaient fréquemment reliés les uns aux autres par des chaînes afin de maintenir égale la démarche de la porteuse.
L’importance de ces ornements pour les Israélites
de toutes les époques peut être jugée du fait qu’ils
étaient portés comme amulettes (« lehashim » ; Ésaïe iii. 20 ;
comp. Gen. xxxv. 4), exactement comme celles-ci sont portées aujourd’hui
chez les Arabes, pour qui « amulette » et « ornement » sont des expressions identiques. Il est probable que les
ornements étaient habituellement d’or ou d’argent, ou, parmi
la population plus pauvre, de bronze, à la manière
des pauvres femmes égyptiennes modernes, qui portent
des anneaux de laiton avec des boules de verre. Le fait que des pierres précieuses fussent employées comme ornements est attesté dans des pas-
Orléans
Ornstein
sages tels que II Sam. xii. 30 ; Ex. xxviii. 8 et suiv. ;
Ézéch. xxviii. 13 et suiv. Les pierres susceptibles d’être gravées étaient particulièrement appréciées pour les anneaux (comp. Ex.
xxxi. 5, xxxv. 33).
E. G. H. W. N.
