Définition dans Jewish Encyclopedia
Offrande végétale
MEAL-OFFERING
Terme générique pour tous les sacrifices provenant du règne végétal ; pour désigner ces derniers dans l’Ancien Testament on emploie l’hébreu « minhah » qui, comme dérivé probable du verbe arabe manah = « donner », signifie proprement « don » ou « présent ». Le désir d’offrir à Elohîm des oblats végétales ou des céréales est présupposé dans la Bible comme une aspiration humaine aussi générale que celle de plaire à Elohîm par des sacrifices d’animaux. Le premier exemple d’une oblation céréalière est sans doute le sacrifice que Caïn offrit des fruits de son champ (Genèse iv. 3-5). Gédéon a ajouté à une offrande carnée des mazzeot faites d’un épha de farine (Juges vi. 19). Les mazzeot étaient probablement aussi cuites avec la farine (כִּרְטָן) que Hanna apporta à Chilo (1 Samuel i. 24) ; car il est peu vraisemblable que la farine seule fût sacrifiée, étant, à l’état brut, non un aliment prêt à la consommation. Un sacrifice végétal est aussi évoqué dans le second membre de l’expression נְשָׂא נָפֶשׁ (1 Samuel ii. 29, iii. 14). Des pains (לּוּחִים) furent présentés devant Elohîm (ib. x. 3). Il est fait mention de ces pains dans le sanctuaire de YHWH à Nob (ib. xxi. 7). Dans le terme מִנְחָה נֶפֶשׁ (1 Rois xviii. 29, 36) le second membre (נֶפֶשׁ) n’est ajouté ni comme une nouvelle nuance qualifiant cette מִנְחָה comme différente des autres ni comme une institution fixe, mais simplement en vue de la fixation précédente du moment, « et quand midi fut passé ». Le pain levé (חָמֵץ) fut pareillement sacrifié (Amos iv. 6). Le sacrifice végétal est aussi désigné comme « minhah » lorsqu’il est rattaché à une action de grâces (Amos V. 22), à une oblation d’animaux (Isaïe xix. 21), ou à un holocauste (Jérémie xiv. 12 ; Psaume xx. 2). Ce qui précède montre que les oblations de céréales ne sont mentionnées que sporadiquement dans les livres historiques anciens.
La Loi ordonne : (a) quant au matériau de l’offrande de farine qu’elle doit consister, sauf dans le cas de l’offrande de jalousie (Nombres v. 15), en farine fine (קָ֫מָח), en huile (Lev. ii. 1), en sel (ib.), et en encens (ib. vv. 1 et sq.), tandis que le levain et le miel doivent être strictement séparés (ib. v. 11), ce dernier probablement parce qu’il fermente facilement (comp. le néo-hébraïque לְתַסְתֵּשׁ = « fermenter », dans Dalman, “Arabisch-Neuhebräisches Wörterb.” à Lévitique, Targum, Talmud, und Midrasch, 1901, p. 86). (b) Ce matériau pouvait être offert sous les formes suivantes : (α) la farine d’orge (חָמֵץ) sans huile ni encens était offerte pour l’appelée offrande de jalousie (Nombres V. 15) ; (β) la farine fine (קָ֫מָח), même à l’état originel, devait avoir de l’huile répandue dessus et être aspergée d’encens, ce dernier seulement étant allumé (Lévitique ii. 1-3) ; (γ) la minhah pouvait consister en différents genres de galettes (vv. 4-7) ; (δ) les prémices du champ étaient offertes sous forme d’épis rôtis ou de grains moulus de blé nouveau (v. 14, où שלם est une addition postérieure ; comp. König, “Syntax,” § 333 t). Détail intéressant : l’offrande de farine qui était cuite sur une plaque plate (תוּלָה) était brisée en petits morceaux (פהּ) (Lévitique ii. 6, vi. 14). (c) Les offrandes de farine, selon les buts qu’elles remplissaient, pouvaient se répartir en deux groupes : (α) celles offertes seules comme substitut pour le pauvre (Lévitique v. 11 et sq.) au lieu de l’offrande pour le péché ; comme offrande quotidienne (« tamid ») des prêtres (Exode xl. 29 ; Lévitique vi. 12-16 ; comp. 1 Chroniques ix. 31) ; et comme offrande de jalousie (Nombres V. 15 et sq.), qui « rappelle le péché » (comp. la gerbe offerte en reconnaissance du commencement des moissons [Lévitique xxiii. 9 et sq.], les pains de la Fête des Semaines [ib. xxiii. 16 et sq.] et le pain de proposition [ib. xxiv. 5 et sqq.]) ; et (β) les offrandes de farine ajoutées aux offrandes animales. Ces offrandes « musaf » étaient ajoutées à l’action de grâces (Lévitique vii. 11-13, etc.), au sacrifice d’expiation des Israélites (Lévitique ix. 3) et des lépreux (ib. xiv. 10-20), et à l’holocauste (Nombres xv. 1-16) ; et elles étaient combinées avec une libation. L’assertion non qualifiée que la portion non consommée de l’offrande de farine appartient aux prêtres (Lévitique ii. 3) se réfère probablement aussi aux offrandes de farine accompagnantes (comp. Franz Delitzsch dans Riehm’s “Handwörterb.” cols. 1519b, 1520a). Cependant, tout holocauste n’est pas forcément accompagné d’une offrande de farine, comme le montre Lévitique xii. 6.
Bibliographie : Pour les vues plus anciennes voir Franz Delitzsch, dans Spirosnfer, dans Riehm’s Handwörterbuch des älteren Alterthums ; la vue plus récente sur l’histoire des sacrifices végétaux est soutenue par Benziger, Archäol. S. S. 03 et sqq. ; Baentsch, Exodum-Leviticus, dans Kommentar, 1896 ; Bertholet, Lévitique, dans Kurzer Handkommentar, 1901.
E. G. H. E. K.
