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Napoléon Bonaparte

NAPOLEON BONAPARTE

Empereur des Français ; né à Ajaccio, Corse, le 15 août 1769 ; mort à Sainte-Hélène en 1821. Seules les occurrences de sa carrière ayant un lien direct
avec l’histoire des Juifs doivent être signalées ici. Ses premières déclarations
consignées sur ce sujet se présentent en relation avec la question du traitement des Juifs d’Alsace et de leurs débiteurs soulevée au Conseil impérial le 30
avril 1806. Il déclara qu’il était dangereux de permettre une aussi grande
prépondérance des Juifs, qui constituaient un État dans l’État, dans une partie
de l’empire français qui bordait les territoires de ses ennemis. Une semaine
plus tard, cependant, il avait adopté une vue plus clémente, et dans la même
assemblée déclara contre toute persécution à leur encontre. Entre-temps il
décida d’un moratoire d’un an pour toutes les dettes contractées envers les
Juifs dans les provinces rhénanes de l’empire. Par le même décret, rendu le
30 mai 1806, il convoqua une Assemblée des Notables qui devait délibérer
avec lui sur les meilleurs moyens d’ouvrir aux Juifs des moyens honorables
d’existence. Cette Assemblée des Notables se tint et conduisit à l’établissement
du Sanhédrin français en 1807, pour les séances duquel voir Sanhedkin.

Il semblerait que l’un des principaux objets de la politique juive de Napoléon
fût de promouvoir l’assimilation par l’intermariage (voir “Arch. Isr.” 1841,
p. 40). Napoléon fit tout au long une grande distinction entre les Juifs des
provinces du Rhin et les « Nouveaux Chrétiens » de Bordeaux et du midi de
la France, et il fut considéré comme un privilège spécial pour les Juifs de Paris
qu’ils fussent déclarés appartenir à cette dernière catégorie. Aux fins de sa
politique il divisa les Juifs de l’empire en consistoires, dont chacun devait
avoir son représentant (voir Consistory). L’arrangement établi par Napoléon
dans le célèbre décret de Madrid de 1812 est encore en vigueur dans les
pays qui à cette époque constituaient l’empire français.

Mais l’influence indirecte de Napoléon sur le sort des Juifs fut encore plus
puissante que n’importe lequel des décrets enregistrés en son nom. En brisant
les entraves féodales de l’Europe centrale et en introduisant l’égalité de la
Révolution française, il fit plus pour l’émancipation juive que n’avait accompl
i pendant les trois siècles précédents. Le consistoire de Westphalie devint
un modèle pour d’autres provinces allemandes jusqu’à la chute de Napoléon,
et la condition des Juifs dans les provinces du Rhin fut définitivement
améliorée du fait de leur assujettissement à Napoléon ou à ses représentants.
Heine et Borne ont tous deux exprimé leur sentiment d’obligation envers la
libéralité des principes d’action de Napoléon, et les Juifs allemands en
particulier ont toujours considéré Napoléon comme l’un des principaux
précurseurs de l’émancipation en Allemagne. Lorsque les Juifs choisissaient
leurs noms de famille, certains d’entre eux auraient exprimé leur gratitude
en prenant le nom de « Schontheil, » une traduction de « Bonaparte, » et des
légendes naquirent autour de l’activité de Napoléon dans le ghetto juif (voir
"Sippurim," ii. 193-196).

BIBLIOGRAPHIE : Jost, Gesch. X. 108 et passim ; Gratz, Gesch. xi. 214 et suiv., et
note 6 ; J. Reiner, in Ost und West, ii. 405-408 ; W. D. Sloane, Napoleon
Bonaparte, a History, iii. 62-64. New York, 1806 ; Recquete Adressee au Roi par
le Consistoire Central des Israélites, Paris, 1807.

E. C. J.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.