Définition dans Jewish Encyclopedia
Mitspa
MIZPAH
(MIZPEH ; nSVD) : Nom de plusieurs lieux en Palestine. Il dérive de nSV (=
« regarder »), raison pour laquelle il est traduit dans
certains cas par la Septante σκοπιά et ὅρασις,
et par les Targumim NJTIDD (Gen. xxxi. 49). Sauf dans Osée v. 1, « Mizpah » apparaît toujours avec
l’article défini préfixé ; « Mizpeh » apparaît trois
fois avec l’article — (1) dans Josué xv. 38, où il
désigne une ville de Juda ; (2) dans Josué xviii. 26,
où il s’applique à une ville de Benjamin ; et (3)
dans II Chron. xx. 24, où il signifie probablement une
tour de guet dans le désert — et deux fois à l’état
construit ; à savoir, dans Juges xi. 29 (« Mizpeh
de Galaad ») et dans I Sam. xxii. 3 (« Mizpeh de
Moab »).
Mizpah est mentionnée pour la première fois dans la Bible à propos de la rencontre de Jacob et de Laban sur le mont
Galaad, où le monceau de pierres qu’ils élevèrent
comme témoignage, et qui fut appelé par Jacob
« Galeed » et par Laban « Jegar-sahadutha »,
fut appelé aussi « Mizpah », pour la raison indiquée : « que
le Seigneur veille entre moi et toi » (Gen. loc. cit.). Cette
Mizpah est très probablement identique à la Mizpeh
de Galaad (voir ci-dessus), qui, selon Schwarz
(« Das Heilige Land », pp. 17, 183), est la même que
Ramath-mizpeh de Gad (Josué xiii. 26), et qu’il
identifie avec le village moderne d’Al-Suf dans la
chaîne montagneuse orientale de Galaad.
! Le plus important des lieux portant le
nom de « Mizpah » était celui de Palestine, qui, à
plusieurs occasions, fut le siège d’as-
Mizpah en semblées où les Israélites dis-
Palestine. cutaient de leurs affaires, par ex., au temps
de Jephté (Juges xi. 11), et durant la guerre d’Israël contre Benjamin (ibid. xx. 1).
Samuel aussi convoqua Israël à Mizpah (I Sam. vii,
5-6, 11, 16) ; et, enfin, au temps des Maccabées,
Mizpah (Macrorjfd) apparaît de nouveau comme lieu de
solennelle assemblée (I Macc. iii. 46). De ce qui précède, il semblerait
qu’il existât à Mizpah un sanctuaire pour le culte de
YHWH ; mais les opinions divergent quant à la localisation du lieu.
Il ne fait aucun doute que, puisqu’elle est mentionnée avec
Geba de Benjamin, la Mizpah qu’Asa fortifia
contre les attaques du roi d’Israël (I Rois
xv. 22 ; II Chron. xvi. 6) était la Mizpah de Benjamin, qui était appelée « Mizpeh » dans Josué xviii. 26
(voir ci-dessus), et qui était en face de Jérusalem.
C’était aussi cette Mizpah qui devint le siège du
gouverneur Guedaliah après la destruction du
Temple (II Rois xxv. 23 ; Jér. xl. et suiv., xli. 1) ;
car lorsqu’Ismaël sortit de Mizpah, il rencontra
certaines personnes voyageant de Silo à Jérusalem.
W. F. Birch conclut que les autres Mizpah indiquées comme lieux d’assemblée sont aussi identiques à
la même ville de Benjamin (« Pal. Explor. Fund »,
1881, pp. 91 et suiv. ; 1882, pp. 260 et suiv.). Enfin,
on peut mentionner l’opinion de Conder (« Handbook to Bible », p. 277, Londres, 1879), qui identifie Mizpah à Nob. La Mizpeh de Juda (Josué
xv. 38 ; voir ci-dessus) se trouve dans la Shefelah ou les basses terres,
mentionnée comme se situant entre Dilean et Jokthe-el,
lieux dont aucun n’a été identifié. Schwarz
Mizrah
Mizrati
(loc. cit. p. 74) identifie Mizpeh avec Tel al-Safiyah, l’
Alba Specula du Moyen Âge (comp. Robinson,
« Researches », ii. 203 et suiv.).
Il existait aussi toute une étendue de pays appelée « le
pays de Mizpah » (« erez ha-Mizpah ») ou « la vallée
de Mizpeh » (« bik’at Mizpeh »), men-
Pays de tionnée à propos de la bataille
Mizpah. entre Josué et Jabîn, roi de
Hatsor, qui eut lieu près des eaux
de Méron (Josué xi. 3, 8). La topographie indiquée, « sous l’Hermon dans le pays de Mizpeh » et
« jusqu’à la grande Sidon et à Misrephoth-maïm, et
jusqu’à la vallée de Mizpeh vers l’orient », considérée en relation avec Josué xi. 17, suggère que le pays ou
la vallée de Mizpah doit être identifié avec la vallée
du Liban ou la Cœlé-Syrie des écrivains grecs. La Mizpeh de Moab (voir ci-dessus) n’est mentionnée
qu’une seule fois (I Sam. xxii. 3), comme résidence du
roi de Moab, aux soins duquel David confia ses
parents.
J. M. Sel.
