Définition dans Jewish Encyclopedia

Mishnah

MISHNAH

(état construit, Mishnat) : Nom
formé du verbe « shanah », qui a le même
sens que l’araméen « matnia », dérivé de
« teni » ou « tena ». Le verbe « shanah », qui signifiait originairement « répéter », acquit dans l’hébreu postbiblique le sens spécial de « enseigner » et « apprendre » ce qui n’était pas transmis par écrit, mais seulement oralement ; cette évolution de sens étant due au fait que la rétention d’enseignements transmis de bouche à oreille n’était possible que par une récitation fréquente.

« Mishnah », dérivé du verbe « shanah », signifie donc : (1) « instruction », l’enseignement et l’apprentissage de la tradition, le mot étant employé en ce sens dans Ab. iii. 7, 8 ; et (2), en un sens concret, le contenu de cette instruction, la doctrine traditionnelle telle qu’elle s’était développée jusqu’au commencement du troisième siècle de l’ère commune. « Mishnah » est donc fréquemment employé pour désigner la loi transmise oralement, par opposition à « Mikra », la loi qui est écrite et lue (par ex., B. M. 33a ; Ber. 5a ; Hag. 14a ; ‘Er. 54b ; Kid. 30a ; Yer. Hor. iii. 48c ; Pes. iv. 130d ; Num. R. xiii. ; et de nombreux autres passages) ; et le terme comprend également les midrashim halakhiques, ainsi que la Tosefta ou les additions explicatives à la Mishnah (Kid. 49b ; voir Bakaita). En ce sens plus large, le mot était connu des Pères de l’Église, qui le considéraient toutefois comme

Mishnah

la forme féminine de « mishneh », analogue à « mikneh » et « miknah », et supposaient qu’il signifiait « second enseignement » (comp. « ‘Aruk », s.v. N’nCJ’

nnnb), le traduisant par devrepuai^ (voir les passages dans Schürer, « Gesch. » 3e éd., i. 113).

Le terme « mishnah » connote également (3) la somme et la substance des enseignements d’un tanna particulier (par ex., Git. 67a ; Yeb. 49b, 50a : « mish-
nat R. Eliezer b. Ya'akob » = « les
Le enseignements de R. Eliezer b. Jacob » ;

nom. comp. Rashi ad loc.) ; ou il peut signifier
(4) l’opinion d’un tanna sur une question donnée
(par ex., Men. 18a : « mishnat R. Eliezer » = « l’opinion de
R. Eliezer », et les expressions « mishnah rishonah »
= « l’opinion antérieure », et « mishnah abaronah » =
« l’opinion ultérieure », Hag. 2a ; Ket. v. 29d ; M. K. iii. 83b).
Il peut en outre désigner (5) un seul principe (par ex., B.
M. 33b ; Hor. 13b ; B. K. 94b ; Shab. 123b), étant en
ce sens parallèle à l’expression Halakah (sur la
différence entre les deux, voir Frankel, « Hodegetica
in Mischnam », p. 8). Il est aussi employé pour (6) toute collection de tels principes, étant ainsi appliqué aux
grandes collections mishnaïques (« Mishnayot Gedolot ») de
R. Akiba, R. Hiyya, R. Hoshaiah et Bar Kappara, dans Lam. R., Introduction, et dans Cant. R. viii.
2 (comp. Yer. Hor. iii. 48c ; Eccl. R. ii.).

Enfin, le nom « Mishnah » s’applique particulièrement à (7) la collection de halakot faite par R. Judah ha-Nasi I. (généralement appelé « Rabbi »), qui
constitue la base du Talmud et qui, avec
de nombreuses additions et modifications, a été transmise
jusqu’à nos jours. En Palestine, cette collection était aussi appelée « Halakot », comme dans Yer. Hor. iii. 48c ;
Ber. i. 53c ; Lev. R. iii. (comp. Frankel, l.c. p. 8).
La désignation « Talmud » est également appliquée à la
Mishnah de R. Judah ha-Nasi (Yer. Shab. v. 1, 7b ;
Bezah ii. 1, 61b ; Yeb. viii. 9a ; comp. aussi Frankel,
l.c. p. 285 ; O. H. Schorr dans « He-Haluz », 1866, p.
42 ; A. Krochmal dans l’introduction à « Yerushalayim ha-Benuyah », p. 6 ; Oppenheim, « Zur Gesch.
der Mischna », p. 244).

La « Mishnah de R. Judah », toutefois, ne doit pas être
considérée comme un produit littéraire du troisième siècle,
ni R. Judah comme son auteur. Elle est, au contraire,
une collection qui comprend presque tout le matériel de la doctrine orale tel qu’il s’est développé depuis la période
de la plus ancienne exégèse halakhique jusqu’à celle
des halakot fixées et cristallisées du début du troisième siècle. Judah ha-Nasi, qui fut le rédacteur de cet
ouvrage, inclut dans sa compilation la portion la plus grande et la plus importante des collections antérieures qu’il avait à sa disposition, et conserva heureusement, pour l’essentiel sans changement, les enseignements traditionnels qu’il tira de sources et de collections plus anciennes ;
de sorte qu’il est encore possible de distinguer les
parties antérieures des parties ultérieures par leur forme et leur mode d’expression.

Afin d’obtenir une conception correcte de la
Mishnah, ainsi que de sa valeur et de son importance, il est nécessaire de considérer sa relation avec les
Dévelop- collections antérieures de contenu analogue, ainsi que le développement général de la
Mishnah. doctrine orale depuis le plus ancien midrash des Soferim jusqu’au temps où la Halakah reçut sa forme définitive.
Selon une tradition digne de foi, contenue dans la

Lettre de Sherira Gaon (Neubauer, « M. J. C. » p. 15)
et confirmée par d’autres sources (Hoffmann, « Die
Erste Mischna », pp. 6-12), la première forme de discussion des prescriptions halakhiques fut le Midrash (voir
Midrash Halakah) ; et des vestiges de telles halakot
peuvent encore être trouvés dans la Mishnah.

Outre cette forme du Midrash, qui
relie l’interprétation halakhique au passage scripturaire sur lequel elle se fonde, la Halakah indépendante et
définitive, séparée de l’Écriture, était employée dans certains cas dès les temps très anciens, et des collections de telles halakot furent compilées (comp. Hoffmann,
l.c. p. 11, note 2). Dès l’époque du Second Temple, la Halakah définitive fut employée plus fréquemment que la forme midrashique, ce changement ayant commencé, selon les récits géoniques, dès l’époque de Hillel et Shammai (comp.
Hoffmann, l.c. pp. 12-14). Bien qu’on ne puisse supposer qu’une collection de halakot, organisée en six ordres, ait été entreprise lors de ce changement, ni que Hillel lui-même ait édité une Mishnah, comme Lerner a tenté de le démontrer (Berliner’s « Magazin », 1886, pp. 1-20), il est probable que le matériel de la Mishnah commença d’abord à être réuni à l’époque des « Zikne Bet Shammai » et des « Zikne Bet Hillel », les anciens élèves de Shammai et Hillel. Les débuts de la Mishnah actuelle peuvent être trouvés dans cette première collection de mishnah, qui, dans le texte achevé, est appelée « Mishnah Rishonah » (Sanh. iii. 4 ;
‘Eduy. vii. 2 ; Git. v. 6 ; Nazir vi. 1). Une grande partie de cette première Mishnah est encore conservée sous sa
forme originale, malgré les nombreux changements qu’elle subit de la part des Tannaim ; car on peut prouver que de nombreuses parties furent rédigées, dans la forme qu’elles présentent maintenant, à l’époque des écoles de Shammai et Hillel, alors que le Temple était encore debout (comp. Hoffmann, l.c. pp. 15-20 ; idem,
« Bemerkungen zur Kritik der Mischna », dans Berliner’s « Magazin », 1881, pp. 170 et suiv.).

Cette première collection de la Mishnah et sa séparation du Midrash visaient, d’une part, à réduire la Halakah traditionnelle à une forme plus brève et, d’autre part, à fixer comme telles les halakot disputées ; de ces halakot disputées, il n’y en avait alors que peu. L’isolement de la Halakah par rapport au Midrash produisit non seulement une forme plus brève et plus définie, mais élimina également de nombreuses différences alors existantes.
En effet, dans beaucoup de cas, la divergence n’avait été qu’une divergence de forme, la preuve et la dérivation tirée de l’Écriture étant énoncées différemment pour la même halakah par différents maîtres. Cette Mishnah primitive était destinée à fournir aux maîtres à la fois une norme pour leurs décisions et un manuel pour leurs classes et leurs discours, et ainsi à préserver l’uniformité de l’enseignement. Elle n’atteignit pas entièrement ce but,
toutefois ; car lorsque les troubles politiques et la chute de l’État juif détournèrent l’attention des études doctrinales attentives, nombre de halakot de la Mishnah furent oubliées, et leur formulation devint un sujet de controverse. De plus, chaque tanna enseignant la première Mishnah selon sa propre conception, l’unique Mishnah
et l’unique doctrine se développèrent en de nombreuses mishnayot
et de nombreuses doctrines (Sanh. 88b ; Sotah 47b). Cette
multiplication se produisit durant la période des
ultérieurs « Bet Hillel » et « Bet Shammai » (comp. Let-

Mishnah

tre de Sherira Gaon, l.c. pp. 4, 9 ; Hoffmann, l.c.
p. 49).

Afin de prévenir le danger qui menaçait l’uniformité de la doctrine, le synode de Jabneh fut convoqué
(Tosef., ‘Eduy. i. 1 ; comp. Lettre de Sherira Gaon, l.c.

p. 5 ; Danner, « Einiges über Ursprung
Le synode und Bedeutung des Traktates Eduyot »,
de Jabneh. dans « Monatsschrift », 1871, pp. et suiv.),
et, sous la présidence de Gamaliel
II et d’Eleazar b. Azariah, il entreprit de recueillir
les anciennes halakot, d’en examiner et d’en déterminer la formulation, et d’en discuter et décider les divergences ; c’est ainsi que naquit la collection ‘Eduyot (Ber.
28a). Cette compilation, qui dans sa forme originelle
était beaucoup plus étendue que le traité qui porte aujourd’hui
son nom, comprenait toutes les halakot alors
connues, controversées ou non, et constituait en un certain sens une révision de la première Mishnah. Même
sous la forme actuelle du traité, il y a de nombreux
« ‘eduyot » dont il est expressément dit qu’ils ont modifié
la Mishnah antérieure ; et il en est beaucoup d’autres, non
ainsi caractérisés, qui doivent également être considérés comme des modifications de la Mishnah telle qu’elle fut rédigée pour la première fois. Mais ni la première Mishnah ni sa révision, la collection ‘Eduyot, n’étaient organisées par sujets ou systématiquement. Il est vrai qu’un responsum géonique, imprimé dans « Sha'are Teshubah »,
n° 187 (Leipsic, 1858) et attribué erronément à
Sherira (comp. Harkavy, « Einleitung zu den Teschubot Hageonim », pp. x. et suiv.), fait mention de six
ordres de la Mishnah qui remonteraient à l’époque de Hillel et Shammai, comme le fait aussi le « Seder
Tanna’im we-Amora’im » (éd. Luzzatto, p. 7), mais
cette affirmation, probablement fondée sur Hag. 14a,
n’est pas digne de foi.

La Mishnah la plus ancienne, toutefois, devait avoir été
divisée d’une manière quelconque, peut-être en traités, bien qu’une telle division, si elle existait, fût certainement organisée formellement et non par sujets
Divisions comme les traités et les ordres actuels.
de la plus Les diverses halakot étaient groupées par
ancienne Mishnah. une formule introductive commune,
qui servait de lien, comme on peut l’inférer de diverses traces de cette ancienne méthode de groupement encore visibles dans la
Mishnah, particulièrement dans les derniers traités de l’ordre
Mo‘ed. Ces formules (comp. Oppenheim, l.c. p.
270) se rapportaient pour l’essentiel à la similitude ou
au contraste entre deux ou plusieurs halakot. De plus, le nom de l’auteur ou du transmetteur
était souvent employé comme lien entre les diverses halakot, comme le montre le traité ‘Eduyot
sous sa forme actuelle (Danner, l.c. pp. 62-63 ; A.
Krochmal, dans « He-Haluz », ii. 81-82).

La collection ‘Eduyot, qui devint alors la base des
discours prononcés dans les écoles, était le moyen de préserver l’uniformité de l’enseignement ; mais, comme la masse qui y était incorporée était difficile à manier, le besoin d’un arrangement méthodique se fit de plus en plus sentir. R. Akiba entreprit donc un tri de ce matériel traditionnel et fit une collection mishnaïque qu’il édita systématiquement en répartissant les différents sujets dans différents traités,
et peut-être aussi en réunissant les divers traités
en ordres. Dans la Mishnah actuelle, cette collection
est fréquemment mentionnée par opposition à la première
Mishnah (Sanh. iii. 4, et ailleurs ; comp. Frankel,
l.c. p. 210 ; Hoffmann, l.c. p. 38).

Le passage Ab. R. N. xviii. 1 indique qu’Akiba organisa sa Mishnah par sujets
(comp. Oppenheim, l.c. pp. et suiv.) ; et une conclusion analogue doit être tirée de l’expression « tikken »
(Yer. Shek. v. 1), qui ne signifie pas « corriger »,
comme le supposait A. Krochmal (« Yerushalayim ha-Benuyah », pp. 34b-35a), mais « arranger », « rédiger »,
le même mot étant appliqué à l’œuvre de Judah
ha-Nasi dans la rédaction de sa Mishnah (Yeb. 64b).
De même, le terme « sidder », signifiant « arranger »,
s’applique à la fois à l’œuvre d’Akiba (Tosef., Zab. i. 5)
et à celle de R. Judah ha-Nasi (Yer. Pes. iv. 30d),
justifiant ainsi la conclusion que la méthode de division et d’arrangement de la Mishnah d’Akiba était la même que celle suivie par Judah ha-Nasi. Deux
traités sont connus avec certitude pour avoir été inclus sous leur forme actuelle dans la Mishnah d’Akiba, où ils portaient même leurs noms actuels. R. Meïr mentionne par son nom le traité ‘Ukzin dans Hor. 13b ; et
R. Jose nomme de même le traité Kelim
(Kelim, fin) ; ces deux tannaim, qui précédèrent
Judah ha-Nasi, désignaient sans aucun doute par ces noms les traités Kelim et ‘Ukzin tels qu’ils étaient inclus
dans la Mishnah de leur maître Akiba.

Le traitement par R. Akiba de l’ancienne Mishnah
lors de l’édition de sa propre collection mishnaïque fut entièrement arbitraire. Il exclut beaucoup des halakot
contenues dans le texte original ; et

Mishnah celles qu’il accepta, il s’efforça de les fonder sur quelque texte, d’en expliquer la
R. Akiba. formulation et d’en retracer l’origine, mais cherchant par-dessus tout à présenter la Halakah sous une forme brève, claire et explicite (comp. Tosef., Zab. i. 5). Beaucoup de sentences halakhiques qu’il incluait appelaient une explication plus détaillée. Par souci de brièveté, toutefois, et pour aider ses élèves à mémoriser la Mishnah, il omettait les explications requises et faisait une collection additionnelle contenant les commentaires de la Mishnah, jetant ainsi les fondements de la
Tosefta (comp. Lettre de Sherira Gaon, l.c. p. 16 ;
Frankel, l.c. p. 306 ; Oppenheim, l.c. p. 270).

La méthode d’Akiba, qui réduisait les collections halakhiques à un système ordonné, trouva bientôt des imitateurs ;
et presque tout chef tannaïtique d’une école qui, en
vertu de sa position, avait une collection mishnaïque,
adopta tôt ou tard la méthode d’Akiba de diviser
et d’arranger le matériel. R. Meïr suivit particulièrement ce système, y recourant lorsque le nombre croissant de nouvelles halakot, découvertes et établies par les élèves d’Akiba, rendit nécessaire une nouvelle
collection mishnaïque. Dans cette compilation,
il inclut la plus grande partie de la Mishnah d’Akiba,
mais puisa aussi dans d’autres collections existantes, telles que celle d’Abba Saul (comp. Lewy, « Ueber Einige
Fragmente aus der Mischna des Abba Saul », Berlin,
1876). Il incorpora également beaucoup d’anciennes halakot
connues dans les écoles mais exclues par Akiba. Il
citait fréquemment les opinions d’Akiba, sans
le nommer, comme « setam » et donc faisant autorité pour les décisions halakhiques ; mais parfois, lorsque l’opinion de la majorité s’opposait à celle d’Akiba,
il désignait la première comme « setam » et obligatoire pour la Halakah (comp. Oppenheim, l.c. p. 315).

La collection de R. Meïr eut une large diffusion, bien qu’elle ne fût pas en mesure de supplanter les autres compilations. Mais comme chaque tanna à la tête d’une école,
ainsi qu’il a été dit plus haut, possédait sa propre collection mishnaïque dans laquelle les halakot des maîtres précédents ainsi que leurs controverses étaient exposées différemment, l’uniformité dans l’enseignement que les rédacteurs de la Mishnah avaient souhaitée et qui avait presque été atteinte fut de nouveau perdue ; car il y avait autant d’enseignements différents qu’il y avait de collections de Mishnah. Il y avait donc bon motif de se plaindre que le monde religieux fût jeté dans le désordre par les maîtres qui rendaient des décisions halakhiques selon leurs propres collections mishnaïques (Sotah 22a), puisqu’une Halakah claire et fiable ne pouvait être trouvée dans aucune compilation individuelle
(Shab. 138b, 139a).

Afin de remédier à ce mal et de restaurer l’uniformité de l’enseignement, Judah ha-Nasi entreprit sa collection,
son arrangement et sa rédaction de la

R. Judah Mishnah, œuvre qui a survécu jusqu’à

ha-Nasi. nos jours. Il suivit sa
propre méthode en ce qui concerne la sélection
et la présentation du matériel,
mais adopta les systèmes d’Akiba et de Meïr quant à la division et à l’arrangement. Cette Mishnah était destinée à servir des fins pratiques et à
faire autorité dans la décision des questions religieuses et juridiques. Judah donne donc souvent l’opinion d’un seul maître, lorsqu’il la considère comme la correcte,
sous le nom des « sages » (« hakamim ») (Hul. 85a) ;
et afin que l’opinion d’un seul savant puisse prévaloir comme définitive, il ignore le fait que cette opinion fut
contestée par beaucoup d’autres. Il arrive qu’il cite, sans mentionner son nom, sa propre opinion comme
« setam », afin de l’enregistrer comme faisant autorité (comp. Oppenheim, l.c. p. 347, n° 16). Souvent aussi, il explique
ou limite la Halakah antérieure (voir Yer. Hor. i. 46a), et
s’efforce de trouver un compromis dans le cas de halakot disputées, ou décide lui-même les cas dans lesquels
la halakah doit suivre une opinion et ceux dans lesquels elle doit suivre l’autre (comp. Frankel, l.c. pp. 195 et suiv.).

Outre le but pratique de restaurer
et de préserver l’uniformité de la doctrine halakhique et
de fournir aux maîtres une autorité pour leurs décisions, Judah ha-Nasi avait en vue un autre objet, purement théorique ; à savoir, la préservation des
enseignements des anciens, à l’exception de ceux qu’il considérait comme relativement peu importants ou qu’il estimait avoir été conservés quelque part ailleurs dans
sa collection. Ce fait explique nombre de particularités de la Mishnah, considérées comme des défauts par ceux qui la regardaient comme un code juridique. Les
suivantes sont quelques-unes de ces particularités : Judah ha-
Nasi cite l’opinion d’une seule autorité même lorsqu’elle a été invalidée, et il cite l’opinion originelle d’un savant même après que celui-ci s’est lui-même rétracté (Hul. 32b ; comp. Oppenheim, l.c. p. 344).
Il cite aussi une halakah donnée dans un passage comme
étant controversée (« mahloket ») et dans un autre
passage comme faisant autorité (« setam »), ou inversement ;
et il cite des enseignements contradictoires en différents
endroits. Toutes ces particularités sont dues au fait
que Judah souhaitait préserver les enseignements anciens ; et afin d’atteindre cet objet plus complètement,
il inclut dans sa Mishnah, en plus de la col-

collections d’Akiba et de Meïr, qui constituaient ses principales
sources, la majeure partie de toutes les autres mishnayot (Yer. Shab. xvi. 16c) ; selon un récit ultérieur, il utilisa au total treize collections (Ned. 41a).
Il traita ses matériaux de manière indépendante ; car, tandis
qu’il n’apportait fréquemment aucun changement au libellé ou
à la forme de l’ancienne Mishnah, et incluait même d’anciennes
halakot réfutées depuis longtemps, il en modifia diverses autres
(comp. Hoffmann, “Beinerkungen zur Kritik der Mischna,” dans Berliner’s
“Magazin,” 1881, pp. 127 et seq.). Il expliqua
nombre des anciennes halakot (‘Ar. iv. 2 ; Sanh, ix. 3 ;
Yer. Sanh. 27a ; comp. Oppenheim, l.c. p. 347), suivant certaines règles (Yer. Ter. i. 2, 40c), et s’efforçant de déterminer le texte de l’ancienne Mishnah
(Yer. Ma’as. Sh. v. 1, 55d ; comp. Letter of Sherira
Gaon, l.c. pp. 9-10 ; Frankel, l.c. p. 214). Les halakot moins
connues, ainsi que celles que les disciples d’Akiba avaient
proposées, furent interprétées par Judah ha-Nasi
selon sa propre conception. De cette façon,
il imprima à sa Mishnah le sceau de l’uniformité, et lui donna l’apparence d’une œuvre
entièrement révisée, sinon nouvelle ; et sa compilation
supplanta ses prédécesseurs en incluant la majeure partie de leur contenu, à l’exception
de ces halakot qui lui paraissaient insoutenables,
ou auxquelles il avait fait allusion dans quelque autre passage
de sa Mishnah.

En raison de son importance personnelle et de sa dignité
comme patriarche (comp. J. S. Bloch, “ Einblicke,” etc.,
pp. 69 et seq.), sa Mishnah devint bientôt la seule
employée dans les écoles, et fut connue tant des maîtres
que des élèves, Judah atteignant ainsi son objectif de rétablir un enseignement uniforme. Tandis que
l’exposé des diverses halakot

L’auto- donné par les Tannaïm et appelé
ritative « [Tannaïtique] Talmud », avait été employé
Mishnah. jusque-là de préférence aux sèches
collections mishnaïques (comp. Letter of
Sherira Gaon, l.c. pp. 18-19), la plupart des maîtres
recoururent alors à la Mishnah de R. Judah, qui incluait
à la fois les halakot elles-mêmes et le Talmud tannaïtique explicatif (ce fait explique l’application
du nom de « Talmud » à sa Mishnah ; B. M. 33a ;
Yer. Shab. xvi. 15c). L’intérêt porté à cette œuvre était si hautement estimé qu’un
haggadiste dit : « L’étude
de la Mishnah équivaut au sacrifice » (Lev. R. vii.).
Tout élève était censé, naturellement,
connaître la Mishnah de R. Judah ha-
Nasi ; et lorsque quelqu’un énonçait une phrase
qui s’y trouvait, ses auditeurs s’écriaient :
« Quoi ! ne l’apprenons-nous pas nous-mêmes de la
Mishnah ? » Selon R. Joshua b. Levi, « La
Mishnah est un solide pilier de fer » ; et nul ne doit s’en écarter
{ib. xxi.). « Le passage, Nom. xv. 31 : “Il
a méprisé la parole du Seigneur”, désigne celui
qui ne tient pas compte de la Mishnah » (baraita citée
par Isaac Alfasi dans son compendium sur Sanh, x.). Elle
était considérée comme la seule autorité pour les décisions juridiques.
R. Johanan dit : « La décision halakique correcte est
toujours celle qui est déclarée incontestable dans la Mishnah » (« Halakah ki-setam
Mishna » ; Yeb. 42b, et passages parallèles) ; et la
réfutation la plus concluante d’une proposition consistait à
prouver qu’elle était contredite par la Mishnah. Si
une décision était rendue accidentellement contrairement à la

Mishnah

Mishnah, la décision devenait aussitôt invalide (Sanh.
6a, 33a ; Ket. 84a, 100a). Les Amoraïm considéraient
la Mishnah comme les Tannaïm considéraient l’Écriture ; et
nombre d’entre eux l’interprétèrent et l’expliquèrent (comp.
Bacher “Ag. Bab. Amor.” p. 33, note 307 sur Kab).
Même ultérieurement, lorsque les collections
faites par les disciples de Judah ha-Nasi furent largement utilisées,
sa Mishnah demeura la seule autorité. Dans les cas où la Mishnah entrait en conflit avec
la Baraita, la première était considérée comme décisive
(Suk. 19b ; B. K. 96b), tandis qu’il n’existe qu’un seul
exemple montrant que la Gemara préféra la
Baraita dans un tel cas litigieux (voir Jew. Encyc. ii.
516a, s.v. Baraita). Certains amoraïm, tels que Ufa
et Simeon b. Lakish, regardaient même les collections ultérieures comme inutiles et superflues, puisque l’intégralité
de leur contenu était implicitement comprise dans la Mishnah, et que toutes les questions pouvaient être expliquées à partir d’elle
sans l’aide des compilations postérieures
(Yer. Kil. i. 6, 27a ; Yer. B. K. v. 5a ; Yer. Kid. iii.
64b ; Ta'an. 22a ; comp. Oppenheim, l.c. pp. 344-
345). Une autre phrase, également dépréciative à l’égard
de ces collections ultérieures, dit : « Si Rabbi ne l’a pas
enseigné, comment R. Hiyya [le collecteur des
baraitot] le sait-il ? »

Cette Mishnah, toutefois, n’a pas été conservée
sous la forme dans laquelle Rabbi la rédigea ; car, comme il a été dit
plus haut, elle fut soumise à maintes modifications, et reçut de nombreuses additions avant de parvenir à
Modifica- sa forme définitive. Malgré la
tions du supériorité de la Mishnah de Rabbi
texte. sur ses prédécesseurs, elle avait
de nombreux défauts, dont certains peuvent
toujours être observés dans la Mishnah actuelle. Bien que Rabbi
lui-même renonçât par la suite à nombre de ses opinions mishnaïques, à mesure que ses vues changeaient au cours du
temps, il conserva dans sa
Mishnah les opinions abandonnées qu’il avait soutenues durant sa jeunesse
(B. M. 44a ; ‘Ab. Zarah 52b ; Yer. ‘Ab. Zarah iv. 44a).
Il consignait parfois une décision comme faisant autorité dans un passage de sa Mishnah, la considérant
comme la vue correcte, puis, décidant ultérieurement en faveur d’une
opinion opposée, il donnait ailleurs également cette dernière
comme faisant autorité sans rétracter ni supprimer
sa première opinion (Sheb. 4a). Ces insuffisances
n’auraient pas été graves, puisque Rabbi n’entendait pas fournir un simple code halakique, s’il n’avait pas omis d’inclure dans sa collection nombre de halakot
enseignées dans son école et qui étaient par conséquent d’une grande importance, non seulement pour la décision halakique, mais aussi pour la connaissance de la tradition en
général. Il exclut en outre ses propres halakot
et les points de divergence entre lui et ses contemporains.
Ces omissions étaient les défauts les plus graves de sa Mishnah pour ses élèves, puisque, étant un compendium de tout l’enseignement traditionnel, elle devait paraître incomplète en ce qu’elle ne comprenait pas les enseignements des derniers tannaïm, dont les décisions juridiques auraient certainement dû y être incorporées si elle devait servir de code faisant autorité. Les élèves de Rabbi, R. Hiyya, R.
Hoshaiah, Levi et Bar Kappara commencèrent donc,
dès le vivant de Rabbi et à sa connaissance, à faire des additions et des corrections à sa
Mishnah. Rabbi, conscient des insuffisances de son œuvre, approuva probablement nombre de ces

corrections (comp. Oppenheim, l.c. et seq.),

et en ajouta certaines lui-même (Yer. Ket. iv. 29a, b).
La plupart des modifications, toutefois, étaient contraires à ses vues et furent par conséquent dissimulées à lui par ses élèves (voir Megillat Setarim ; comp. Weiss, “Dor,” ii. 191).

C’est ainsi que naquirent de nouvelles collections de R. Hiyya, R.
Hoshaiah et Bar Kappara, qui furent appelées
« Mishnayot Gedolot », parce qu’elles étaient plus volumineuses que la collection de Rabbi. Comme ces nouvelles
compilations mettaient en péril l’uniformité de l’enseignement,
qui n’était possible que par l’existence d’une
Mishnah connue de tous les maîtres, les « Debe Rabbi »
(les savants de l’école de Rabbi) entreprirent une révision
de sa Mishnah, probablement longtemps après sa mort.
Ils y apportèrent diverses modifications et un grand nombre
d’additions conformément aux exigences du moment ; et c’est sous cette forme que la Mishnah a été transmise
jusqu’à nos jours. La majorité des additions
faites par les Debe Rabbi trahissent leur origine tardive,
bien que certaines ne soient connues comme suppléments que par des déclarations de la Gemara. Par
exemple, la discussion entre R. Hezekiah et R.
Johanan, dans Men. 104b, indique que le passage
de la Mishnah actuelle (Men. xiii. 2), commençant
par « Rabbi omer », est une addition ultérieure dont Hezekiah
et Johanan n’avaient pas connaissance. Il en va de même de
Mishnah Sanh. ix. 2, puisque le R. Simeon qui y est mentionné est le fils de Rabbi, comme le montre le Yerushalmi
{ad loc. 27a, b). Mishnah ‘Ab. Zarah ii. 6, où une
décision de Judah ha-Nasi est citée, entre également dans
cette catégorie, puisqu’elle se réfère à Judah II, petit-fils
de Judah ha-Nasi I, le rédacteur originel de la
Mishnah (comp. Tos. ‘Ab. Zarah 36a, s.r. “Asher”).
En général, tous les passages où quelque chose est rapporté
au sujet de Rabbi, ou quelque chose qu’il fit soit seul (Sheb. vi. 4), soit avec
son collègue (Oh. xviii. 19), doivent être regardés
comme des adjonctions ultérieures (comp. Frankel, l.c. pp. 215 et
seq.) ; et la même affirmation vaut pour tous les
passages dans lesquels l’opinion de Rabbi est citée après
celle d’autres tannaïm. En revanche, il existe des
passages se terminant par « dibre Rabbi » (les paroles
de Rabbi), qui ne sont pas nécessairement des additions ; car
Rabbi peut, dans de tels cas, avoir cité sa propre
opinion anonymement comme setam, comme il le faisait fréquemment, et les mots « dibre Rabbi » peuvent avoir été ajoutés par des éditeurs ultérieurs. Diverses propositions de la Tosefta trouvèrent aussi leur place dans la Mishnah (comp.
Hollmann, l.c. pp. 190 et seq.). Beaucoup d’entre elles sont de nature haggadique, telles que celles situées à la fin des traités Makkot, ‘Ukzin, Kinnim, Kiddushin et Sotah,
aussi bien que nombre de propositions du traité Abot, qui doivent être regardées comme des adjonctions. L’origine tardive de nombre de ces propositions est immédiatement indiquée par le nom de leur auteur, comme dans les cas de R. Joshua b.
Levi, qui appartenait à la première génération des Amoraïm (‘Ukzin, fin) ; Simon, fils de Judah ha-Nasi
(Ab. ii. 3) ; et Hillel, petit-fils de Judah ha-Nasi
{ib. ii. 4 et seq. ; comp. Lipmann Heller dans Tos.
Yom-Tob, ad loc.). Outre ces additions, les
Debe Rabbi corrigèrent la phraséologie et les mots isolés de la Mishnah (comp. Yer. Kid. iii. 64c),
comme Rabbi lui-même l’avait fait (comp. B. M. iv. 1 ;
‘Ab. Zarah iv. 4, et les Gemaras babylonienne et palestinienne, ad loc.).

Mishnah

Nombre des propres corrections de Rabbi ont été conservées dans les différentes leçons du Yerushalmi et du
Babli, bien que les différences entre ces deux versions ne soient pas toutes dues à ses modifications, comme Rapoport le suppose («Kerem Hemed,” vii. 157-
167) ; car la plupart des différences qui ne sont pas dues à des causes philologiques doivent être attribuées aux différentes écoles mishnaïques. Outre les Debe Rabbi, des amoraïm ultérieurs corrigèrent également la Mishnah lorsque la leçon reçue paraissait insoutenable. Ces corrections
furent ensuite incorporées dans la Mishnah ; celles effectuées par les amoraïm babyloniens dans la Mishnah
qui était enseignée dans les écoles babyloniennes ; et
celles effectuées par les amoraïm palestiniens dans la
Mishnah telle qu’elle était enseignée dans les écoles palestiniennes. Ainsi,
dans ‘Ab. Zarah i., la Mishnah du Talmud palestinien fut corrigée selon la Gemara (Yer.
‘Ab. Zarah i. 39d), tandis que la Mishnah du Talmud babylonien conserva sa leçon originelle. Parfois — chose assez curieuse — la Mishnah du Talmud palestinien fut corrigée pour s’harmoniser avec
les résultats de la discussion du Talmud babylonien,
et inversement (comp. O. H. Schorr dans “He-
Haluz,” vi. 32-47 ; Frankel, “Mebo,” pp. 19a-22a),
bien que seules quelques-unes de ces corrections, fort nombreuses dans le Talmud — introduites par les expressions « sami mi-kan » = « omets d’ici », ou
« hasuri mihasra » = « il manque quelque chose », ou « teni
kak » = « enseigne ainsi » — aient trouvé place dans la
Mishnah elle-même. Nombre d’amoraïm s’opposaient
aux corrections dans la Mishnah, soutenant que la
phraséologie choisie par les anciens dans leurs collections mishnaïques
devait être conservée sans changement (Yer.
Nazir i. 51a).

La Mishnah est écrite dans une sorte particulière d’hébreu, qui diffère bien davantage de l’hébreu
des premiers livres de l’Ancien Testament que de
celui de certains des livres ultérieurs et qui est, par conséquent, correctement désigné comme « néo-hébraïque ». Cette
langue était parlée par le peuple de Palestine jusqu’au deuxième siècle de l’ère commune, mais était cultivée particulièrement par les savants ; de sorte qu’elle
était appelée « leshon hakamim » = « le langage des sages ». Elle contient beaucoup d’anciens termes hébraïques
qui furent conservés dans le langage populaire, bien qu’ils ne se trouvent pas dans la Bible, ainsi que de nombreux éléments étrangers, particulièrement issus de l’araméen, du grec et du latin ; les savants étant contraints d’adopter ces mots empruntés comme termes désignant des objets et des concepts auparavant inconnus et pour lesquels il n’existait aucune désignation dans le vocabulaire hébraïque. Les mots étrangers étaient particulièrement employés pour désigner les ustensiles empruntés aux peuples étrangers (comp. Weiss, “ Mishpat Leshon ha-Mishnah,” pp. 1-7 ; A. Geiger, “Lehrbuch zur Sprache der Mischna,” pp. 1-3) ; et ces termes empruntés furent tellement hébraïsés que beaucoup les tinrent pour des mots autochtones.

Dès l’origine, diverses opinions opposées furent émises au sujet des questions de savoir quand et par qui la
Mishnah fut mise par écrit. Selon la
Letter of Sherira Gaon {l.c. pp. 2, 9, 12), Judah ha-
Nasi accomplit lui-même cette tâche ; et cette opinion est soutenue par Rabbenu Nissim b. Jacob (dans la préface de son “Sefer ha-Mafteah,” éd. J. Goldenthal,

p. 3a, Vienne, 1847), Samuel Nagid (dans son “Mebo
ha-Talmud”), Maïmonide (dans l’introduction à son
commentaire sur la Mishnah et dans la préface au
Yad ha-Hazakah), Meïri (dans son “Bet ha-Behirah”), et un commentaire sur Pirke Abot (pp. 6a, 8b,
9a, Vienne, 1854) ; et beaucoup d’autres auteurs médiévaux,
aussi bien que certains savants modernes (comp. Strack,
“Einleitung in den Talmud,” p. 54), soutiennent la
même opinion. Rashi, en revanche (voir son
commentaire sur Shab. 13b ; ‘Er. 62b ; B. M. 33a ; Suk.

28b ; Ket. 19b), avec certains tosafistes
Le texte et d’autres auteurs médiévaux et modernes
écrit. (comp. Strack, l.c. p. 55), soutenait
non seulement que la Mishnah ne fut pas mise par écrit par Rabbi lui-même, mais que même
les amoraïm ultérieurs ne la possédaient pas sous forme écrite.
Il maintenait qu’elle fut, avec la Gemara,
écrite par les Saboraïm. Cette opinion se fonde
principalement sur le passage Git. 60b, qui déclare
qu’il était interdit de consigner les halakot, ainsi que
sur certaines autres déclarations des Amoraïm (comp.
par ex., Tan., Ki Tissa, éd. Buber, pp. 59bc et seq.), qui établissent une distinction entre la Bible en tant que doctrine écrite et la Mishnah comme système d’enseignement qui n’est pas et ne peut être mis par écrit. Il est toutefois extrêmement improbable qu’une collection aussi systématisée, traitant de problèmes si nombreux et si divers, ait pu être transmise oralement de génération en génération ; et cette improbabilité est accrue par le fait que, dans le Talmud, des remarques concernant « resha » et « sefa » (les cas « premier » et « dernier » prévus dans un même paragraphe) sont fréquemment ajoutées aux citations de la Mishnah, fait explicable seulement en supposant que le texte de la Mishnah était définitivement fixé par écrit.

Il faut donc supposer que Rabbi lui-même
mit la Mishnah par écrit dans sa vieillesse,
transgressant en quelque manière l’interdiction de consigner les halakot, puisqu’il jugeait cette prohibition susceptible de mettre en danger la préservation de la doctrine.
Il n’abrogea cependant pas entièrement cette interdiction ; car la méthode orale d’instruction continua,
le maître n’utilisant la Mishnah écrite que comme
guide, tandis que les élèves répétaient oralement la leçon.
Ainsi fut maintenue la distinction entre « mikra » (la loi à lire) et « mishnah » (l’enseignement oral) (comp. “Pahad Yizhak,” s.v.
“Mishnah,” pp.
219 et seq. ; Frankel, “HodegeticainMischnam.” pp.
217-218 ; Brüll, “Einleitung,” ii. 10-13 ; Weiss,
“ Dor,” p. 216).

La Mishnah a été transmise en quatre recensions : (1) les manuscrits et éditions des mishnayot ; (2) le
Talmud babylonien, dans lequel les diverses mishnayot sont séparées par la Gemara dans les traités qui la possèdent, tandis que dans les traités qui n’ont pas de Gemara elles se suivent ;
(3) le Talmud palestinien, dans lequel la Gemara
suit chaque chapitre entier de la Mishnah, les premiers mots des propositions mishnaïques à expliquer étant répétés (de cette version, seuls les quatre premiers ordres et les chapitres i.-iv. du traité Niddah du sixième ordre subsistent) ; (4) « la Mishnah sur laquelle repose le Talmud palestinien »,
publiée par W. H. Lowe en 1883 d’après le manuscrit de la Mishnah (Add. 470, 1) de la bibliothèque de l’Université

Mishnah

de Cambridge. Sur la relation des trois premières
éditions entre elles, voir plus haut (comp. A. Krochmal, “ Yerushalayim ha-Bemiyah,” Introduction,
pp. 10-14 ; Frankel, l.c. pp. 219-223 ; Weiss, l.c. ii.
313). La relation de la quatrième version aux trois précédentes n’a pas encore été étudiée à fond.

La Mishnah est divisée en six parties principales, appelées
ordres (araméen, « sedarim », pluriel de « seder » ;

hébr. « ‘arakin », pluriel de « ‘erek »),

Division le nJtl'O 'nO ntJ'C' (comme dans B. M. 85b)
en ordres, ou le njK'D 'DIJl (Pesik., éd. Buber, 7a ; Cant. R. vi. 4) étant par conséquent
fréquemment mentionnés. Le nom abrégé D
(« shas ») fut formé des lettres initiales de riK’K'
D'nTD (Hag. 3a, 10a ; M. K. 10b). Chaque ordre contient un certain nombre de traités, « massektot » (Mishnah,
éd. Lowe, fol. 32a ; Midr. Teh. sur Ps. civ.) ou « massekot » (Mishnah, éd. Lowe, fol. 69a), pluriel de « masseket », ou « massektiyyot » (Cant. R. vi. 9), dont le singulier est « massektah ». Chaque traité est divisé en chapitres, « perakim » (singulier, « perek »)
(Ned. 8a ; Hag. 9a ; Men. 99b), et chaque chapitre en
paragraphes ou propositions, « mishnayot », ou « halakot » dans le Talmud palestinien (voir plus haut).

Les six ordres sont mentionnés pour la première fois par B. Hiyya
(B. M. 85b), et représentent la division originelle. Une
division en cinq ordres n’est mentionnée nulle part, bien que Geiger (« Einiges über Plan », etc., p. 487), interprétant erronément le passage du Midrash Nom. R. xiii.,
estime que seuls cinq ordres y sont énumérés.
Ulla (Meg. 28b), lorsqu’il fait allusion à ceux qui enseignent
et n’étudient que quatre ordres, n’implique pas que la
Mishnah était divisée en quatre ordres, mais se réfère simplement à ceux qui n’en étudient que quatre. Cette conclusion est confirmée par une conversation dans laquelle Simeon
b. Lakish communique à un homme qui n’a étudié que les quatre premiers ordres une proposition appartenant au
sixième ordre (Meg. 28b). La tradition géonique (« Sha'are
Teshubah », no 143) qui se réfère à sept ordres de la Mishnah semble inclure les « Petits Traités »
(« Massektot Ketannot » ; Hoffmann, l.c. pp. 98-99).
Les noms des ordres sont anciens, et sont mentionnés
par Simeon b. Lakish (Shab. 31a), qui les énumère,
selon son interprétation d’Isa. xxxiii.
6, dans la séquence suivante : Zera'im, Mo'ed,
Nashim, Nezikin, Kodashim, Tohorot. C’est l’ordre
originel, que l’on trouve également dans Nom. R. xiii.
Il existe d’autres énumérations suivant des séquences différentes. R. Tanhuma donne la suivante dans Yalk.,
Ps. xix. : Nashim, Zera'im, Tohorot, Mo'ed, Kodashim, Nezikin. Il donne une autre série dans Nom.
R. xiii. : Nashim, Zera'im, Mo'ed, Kodashim, Tohorot, Nezikin. Puisque R. Tanhuma n’entend évidemment pas donner la séquence réelle, mais seulement expliquer
les versets comme se référant aux ordres de la Mishnah, il
adapte son énumération des ordres à la séquence
des versets. Que la séquence de Simeon b. Lakish soit
la correcte peut également être prouvé par d’autres sources.
Par exemple, Ta'an. 24b porte : « Aux jours de Rah
Judas, ils ne poursuivaient leurs études que jusqu’à l’ordre Nezikin ; mais nous étudions les six ordres. » Le
passage parallèle porte : « Nous avons poursuivi nos
études jusqu’à ‘Ukzin » (la fin du sixième ordre,
Tohorot). Il ressort clairement de Meg. 28b qu’autrefois
seuls quatre ordres étaient étudiés, dont Nezikin

formait la conclusion (selon Ta'an. 24a,
où le cursus d’études plus court des temps anciens est
mentionné sous une autre forme d’expression). Que le traité ‘Ukzin de l’ordre Tohorot fût la fin du
sixième ordre est montré par Ber. 20a. On voit donc que l’ordre Nezikin est toujours mentionné comme quatrième, et l’ordre Tohorot comme sixième et dernier, conformément ainsi à la séquence de Simeon b.
Lakish (comp. Brüll, l.c. ii. 15 ; Weiss, l.c. iii. 186).
Isaac ibn Gabbai, auteur du commentaire mishnaïque « Kaf Nahat », n’a donc aucun motif pour son inversion de l’arrangement des ordres (comp.
Lipmann Heller, l.c. Préface) ; et il n’y a pas davantage de fondement à la tentative de Tobias Cohn d’inverser la
séquence (« Aufeinanderfolge der Mischna Ordnungen », dans le “Jüd. Zeit.” de Geiger, iv. 126 et seq.). Pour une
justification de la séquence admise, voir l’introduction de Maïmonide à son commentaire sur la Mishnah ; Frankel, l.c. p. 254 ; Brüll, l.c. ii. 15-16. On ne peut
déterminer si Rabbi lui-même institua cette séquence,
ou si les ordres étaient ainsi traités dans les académies. Isaac Alfasi et Asher b.
Jehiel appliquent le passage talmudique « En seder le-Mishnah » (= « Rabbi n’observait aucune séquence définie dans la
Mishnah ») aux ordres également, et en déduisent que cet
arrangement ne provenait pas de Rabbi lui-même.
D’autres autorités, toutefois, affirment que le passage
« En seder le-Mishnah » ne se réfère qu’aux traités,
et non aux ordres ; car ici Rabbi lui-même observait une série définie (comp. Lipmann Heller, l.c. ;
idem, commentaire sur Sotah ix. 1). Cette opinion paraît être la correcte, puisque Simeon b. Lakish, qui fut dans sa jeunesse élève de Rabbi (Yer. Bezah v. 2,
63a), se réfère à cette séquence des ordres comme étant
bien connue. Les noms des divers ordres,
qui sont fréquemment mentionnés dans le Talmud (Suk.
4b ; Shab. 54b ; Meg. 7a ; Nid. 8a ; Bek. 30b), furent
choisis d’après le sujet de la plupart des
traités qui leur appartiennent.

La division de la Mishnah en traités est un
procédé très ancien, les collections auxquelles Rabbi
puisaient étant elles aussi arrangées de cette manière. II Esd.
xiv. 44-46 mentionne, outre les vingt-quatre
livres écrits de l’Ancien Testament,

Divisions soixante-dix autres livres qui ne doivent pas
antérieures. être écrits, ayant été donnés
par Elohîm à Moïse pour communication orale aux anciens du peuple. Selon une
supposition de Ginsberg, soutenue par une comparaison du passage d’Esdras avec son parallèle
dans le Tan., Ki Tissa (éd. Buber, pp. 58b-59a), ces
soixante-dix livres sont les soixante-dix traités des enseignements oraux, et par conséquent de la Mishnah. Le nombre
soixante-dix peut être obtenu en comptant soit les
sept petits traités (comp. R. Kirchheim, Préface à son édition de ceux-ci, Francfort-sur-le-Main,
1851), soit, comme Ginsberg l’obtient, les midrashim halakiques Sifra et Sifre, dont le premier était divisé en neuf parties. En tout cas, il est évident que
la division en traités est très ancienne, et que
Rabbi arrangea sa Mishnah conformément à elle,
bien que, comme il a été dit, la division actuelle
ne soit pas celle originelle qu’il adopta, mais ait été
soumise à de nombreux changements.

Soixante-trois traités subsistent à présent, quoique le
nombre traditionnel ne soit que de soixante, comme Cant. R. vi. 9

Mishnah

dit : « Soixante reines, ce sont les soixante traités des
halakot. » Les trois « babot », ou portes, au début de l’ordre Nezikin formaient originellement un seul traité, qui était également appelé « Nezikin »
(B. K. 102a ; B. M. 10a, b ; Lev. R. xix.), et qui fut divisé en trois traités à cause de sa taille. Makkot était originellement un traité dépendant joint à Sanhedrin, dont il constituait la fin (comp. l’introduction de Maïmonide à son commentaire sur la Mishnah). Les noms des traités, tirés principalement de leur contenu, mais occasionnellement de leur première lettre, sont anciens, étant connus des Amoraïm, et en partie même des Tannaïm.

Les traités suivants sont mentionnés nommément dans
le Talmud : Baba Kamma et Baba Mezi'a (B. K.
103a) ; Bekorot (Bezah 20a) ; Berakot (B. K. 30a) ;
‘Eduyot sous le nom de « Bchirta » (Ber. 27a) ainsi que sous son propre nom (Ber. 28a) ; Kelim (Mishnah Kelim, fin) ; Keritot (Sanh. 65a) ; Ketubot
(Sotah 2a) ; Kiddushin (Kid. 76b) ; Kodashim (B. M.
109b) ; Makkot (Sheb. 2b) ; Menahot (Men. 7a) ;
Middot (Yoma 16a) ; Nazir et Nedarim (Sotah 2a) ;
Oholot sous le nom de « Ahilot » (‘Er. 79a) ; Rosh
ha-Shanah (Ta'an. 3a) ; Shebu'ot (Sheb. 2b) ; Tamid
(Yoma14b) ; Terumot (Pes. 34a) ; ‘Ukzin (Hor. 13b) ;
Yoma (Yoma 14b) ; et Zebahim sous le nom de
« Shehitat Kodashim » (B. M. 109b). Les noms
des traités ont cependant été soumis à divers changements, et ont, dans certains cas, été remplacés par des termes ultérieurs. Ainsi, l’ancien nom « Mashkin » céda la place au plus récent « Mo‘ed Katan » ; « Zebahim » fut substitué à « Shehitat Kodashim » ;
et « Shehitat Hullin » fut abrégé en « Hullin »
(sur les noms comp. A. Berliner dans “ Ha-Misderonah, ”
i. 20 et seq., 40 et seq. ; voir aussi Frankel, l.c. p.
255 ; Brüll, l.c. ii. 18-20). Les traités appartenant
à chaque ordre traitent de sujets analogues, ou possèdent quelque autre lien de relation qui les fait placer dans un ordre donné. Bien qu’il y ait certains traités, tels que Nazir (comp. Naz. 2a) et
Berakot, qui apparemment n’appartiennent pas à
l’ordre où ils sont inclus, un examen plus attentif révèle la raison de leur inclusion (comp.
l’introduction de Maïmonide à son commentaire sur la
Mishnah ; Brüll, l.c. ii. 17-18 ; Weiss, l.c. ii. 207 ;
Geiger, l.c. p. 486).

Il est plus difficile de définir le principe selon lequel
les traités sont arrangés à l’intérieur des divers ordres ;
et cette difficulté est accrue par l’existence de
nombreuses séquences différentes, particulièrement
Les parce qu’il est incertain de savoir laquelle est
traités. la plus ancienne. Selon la Letter
of Sherira Gaon (l.c. pp. 12-13), Rabbi
n’observait aucune séquence définie, mais traitait
chaque massekta séparément sans égard aux autres
traités, en modifiant leur arrangement à son gré. Cette
déclaration est soutenue par ‘Ab. Zarah 7a, qui déclare
que, pour deux traités, il n’existait aucun ordre défini dans
la Mishnah — assertion d’autant plus digne de confiance
qu’elle est également reconnue comme principe dans l’établissement des décisions halakiques. Il ressort, d’autre part, de divers passages du Talmud
(par ex., Sheb. 2b ; Sotah 2a ; Ta‘an. 2a), que, même à une
époque ancienne, un certain arrangement des divers
traités à l’intérieur de leurs ordres respectifs était suivi, et il faut donc adopter l’opinion de Hoffmann (dans le “Magazin” de Berliner, 1890, pp.
323-333) selon laquelle une séquence définie se développa progressivement et fut observée au cours de l’instruction
dans les académies palestiniennes et babyloniennes. Les
maîtres de ces écoles arrangèrent leurs matériaux selon des lignes
pédagogiques et, en interprétant un ordre de la
Mishnah, ils choisissaient le traité le plus long pour le début de la leçon, alors que l’esprit de leurs
élèves était encore frais, puis passaient aux traités plus courts. De même, dans la séquence de Maïmonide, qui fut celle généralement adoptée, les
traités du deuxième au sixième ordre sont
arrangés selon leur longueur, comme Geiger l’a remarqué («Einiges über Plan», etc., dans le
“Wiss. Zeit. Jüd. Theol.” de Geiger, ii. 489 et seq.) ; et ce
principe est également évident dans le premier ordre (Hoffmann, l.c. p. 333 ; Geiger, l.c. p. 402). La séquence de Maïmonide paraît donc avoir été la même que
celle adoptée dans les académies palestiniennes et babyloniennes, et fut par conséquent l’originelle (pour d’autres
raisons de cette séquence, voir l’introduction de Maïmonide à son commentaire sur la Mishnah ; Frankel, l.c. pp. 255-264 ; Brüll, l.c. ii. 20-27).

La division des divers traités en chapitres,
aussi bien que la séquence de ces chapitres, fut l’œuvre de Rabbi lui-même (Letter of Sherira Gaon, l.c.

p. 13). La portion traitée chaque
Les jour constituait un perek indépendant ;

chapitres. et ce terme fut donc également appliqué
ailleurs à un seul discours
(Ber. 11b ; ‘Er. 36b ; sur une déclaration dans le “Seder
Tanna’im we-Amora’im”, selon laquelle les
Saboraïm divisèrent les traités en chapitres, voir M.
Lerner, “Die Aeltesten Mischna-Compositionen”, dans le
“Magazin” de Berliner, 1886, p. 3, note 1). D’une manière générale, la division et la séquence originelles des
chapitres ont été conservées, comme il ressort de divers passages du Talmud (R. H. 31b ; Suk. 22b ;
Yeb. 9a ; Ket. 15a ; Niddah 68b ; Zeb. 15a). Les
noms des chapitres tirés de leurs premières lettres
sont également anciens, et certains d’entre eux sont mentionnés
même dans le Talmud (B. M. 35b ; Niddah 48a). Au
cours du temps, toutefois, diverses modifications furent apportées à la division, à la séquence et aux noms des
chapitres ; ainsi, par exemple, la division de Tamid
en sept chapitres n’est pas l’originelle. Sur les
autres variations de séquence, voir Frankel, l.c. pp.
264-365, et sur les changements des noms, voir Berliner dans “Ha-Misderonah,” i. 40b.

Il y a au total 523 chapitres dans la Mishnah,
répartis comme suit : Zera'im 74 (Bikkurim 3), Mo'ed
Katan 88, Nashim 71, Nezikin 73 (Abot 5), Kodashim 91, Tohorot 126. Certaines autorités comptent
524 chapitres en ajoutant un sixième chapitre à Abot,
tandis que d’autres en comptent 525 en ajoutant un sixième chapitre à
Abot et un quatrième chapitre à Bikkurim.

La division des chapitres en paragraphes,
qui est également très ancienne, n’a pas été conservée
sous sa forme originelle, les différentes recensions de la
Mishnah actuelle présentant une division différente (comp.
Frankel, l.c. p. 265). Les divers paragraphes sont
pour la plupart formulés sous la forme de la Halakah fixe sans passage de l’Écriture (voir Midrash Halakah), bien que Weiss {l.c. ii. 211, notes 1-6) ait énuméré
217 passages dans lesquels la Halakah est donnée avec

Mishnah

le texte scripturaire sur lequel elle se fonde, prenant ainsi la forme du Midrash. Certaines de ces
propositions midrashiques dans la Mishnah ont la forme
de l’exégèse la plus ancienne des Soferim (comp.
Frankel, l.c. p. 5), et il existe également beaucoup de passages modelés sur le Talmud tannaïtique (comp. Weiss, l.c.
ii. 209-210).

Voici la liste des ordres mishnaïques
avec leurs traités, selon Maïmonide, les
divergences dans les deux Talmudim étant indiquées à la fin
de chaque ordre (pour les détails, voir les articles séparés sous
les noms des ordres et traités respectifs ;
et sur les variantes dans certaines éditions de la Mishnah,
comp. Strack, l.c. pp. 9-12) :

I. L’ordre Zera'im (« Semences ») contient les onze
traités suivants : (1) Berakot (« Bénédictions »), divisé en neuf chapitres ;
traite des règles relatives à la prière quotidienne, et aux autres prières et
bénédictions. (2) Pe’ah (« Coin ») ; huit chapitres ; traite des
prescriptions concernant les coins du champ (Lév. xix. 9,
10 ; xxiii. 22 ; Deut. xxiv. 19-22), et des droits des pauvres
en général. (3) Demai (« Douteux ») ; sept chapitres ; traite
principalement de divers cas dans lesquels il n’est pas certain que l’offrande des fruits ait été donnée aux prêtres.

Ordres et (4) Kilayim (« De deux sortes » ; « hétéro-

traités. gène ») ; neuf chapitres ; traite principalement des règles

relatives aux mélanges interdits (Lév. xix. 19 ;
Deut. xxii. 9-11). (5) Shebi'it (« Année sabbatique ») ; dix

chapitres ; traite des prescriptions concernant la septième
année (Ex. xxiii. 11 ; Lév. xxv. 1-8 ; Deut. xv. 1 et seq.). (6)
Terumot (« Offrandes ») ; onze chapitres ; traite des lois
concernant l’offrande à donner au prêtre (Nom. xviii. 8
et seq. ; Deut. xviii. 4). (7) Ma'aserot ou Ma'aser Rishon

(« Dîmes » ou « Premières dîmes ») ; cinq chapitres ; traite de la prescription concernant la dîme à donner aux Lévites (Nom.
xviii. 21-24). (8) Ma'aser Sheni (« Seconde dîme ») ; cinq chapitres ;
traite des règles concernant la dîme ou son équivalent
qui devait être consommé à Jérusalem (Deut. xiv. 22-26). (9)
Hallah (« Gâteau ») ; quatre chapitres ; traite des lois relatives à l’offrande prélevée sur la pâte qui devait être donnée aux prêtres (Nom.
xv. 18-21). (10) ‘Orlah (« Prépuce des arbres ») ; trois

chapitres ; traite principalement des prescriptions de Lév. xix. 23-25.
(11) Bikkurim (« Prémices ») ; trois chapitres ; traite des
lois d’Ex. xxiii. 19 ; Deut. xxvi. 1 et seq.

Dans de nombreuses éditions de la Mishnah, même anciennes comme celles de
Naples 1493 et de Riva 1559, ainsi que dans la plupart des éditions
du Talmud babylonien, un quatrième chapitre au onzième
traité, qui n’appartient pas à la Mishnah, a été ajouté
(comp. la glose dans l’édition de Vilna du Talmud, p. 87b).
La séquence des traités de ce premier ordre dans les deux
Talmudim correspond à celle de Maïmonide.

II. Mo‘ed (« Fêtes ») comprend les douze trai-

tés suivants : (1) Shabbat (« Sabbat ») ; vingt-quatre chapitres ; traite des
lois relatives au septième jour comme jour de repos (Ex. xvi. 23 et
seq., xx. 8-11, xxiii. 12, xxxiv. 31, xxxv. 2-3 ; Deut. v. 12-15).
(2) ‘Erubin (« Mélange ») ; dix chapitres ; traite des moyens
par lesquels les prescriptions incommodes concernant le Sabbat peuvent
être légalement éludées. (3) Pesahim (« Fêtes de Pâque ») ; dix
chapitres ; traite des prescriptions relatives à la Pâque
et au sacrifice pascal (Ex. xii., xiii. 6-8, xxiii. 15, xxxiv. 15
et seq. ; Lév. xxiii. 5 et seq. ; Nom. ix. 2-14, xxviii. 16 et seq.).
(4) Shekalim (« Sicles ») ; huit chapitres ; traite principalement de la
taxe personnelle d’un demi-sicle pour chaque mâle, prescrite en Ex. xxx.
12-16, et qui était affectée à couvrir les dépenses du
service du Temple. (5) Yoma (« Jour »), appelé aussi « Kippurim » ou « Yom ha-Kippurim » (= « Jour d’Expiation ») ;
huit chapitres ; traite des prescriptions relatives au culte et au jeûne lors du Jour d’Expiation (Lév. xvi.,
xxiii. 26-32). (6) Sukkah ou Sukkot (« Cabane ») ; cinq cha-

pitres ; traite des prescriptions concernant la Fête des
Tabernacles, le Tabernacle et la guirlande qui s’y trouve (Lév.
xxiii. 34-36 ; Nom. xxix. 13 et seq. ; Deut. xvi. 13-16). (7)

Bezah (« Œuf » ; ainsi appelé d’après le premier mot, mais originellement
nommé, selon son sujet, « Yom-Tob » = « Jour de
fête ») ; cinq chapitres ; traite principalement des règles à
observer les jours de fête. (8) Rosh ha-Shanah (« Fête du Nouvel An ») ; quatre chapitres ; traite principalement de la réglementation du
calendrier par la nouvelle lune, et des offices du Nouvel
An. (9) Ta'anit (« Jeûne ») ; quatre chapitres ; traite principalement
des jours de jeûne spéciaux en temps de sécheresse ou d’autres
événements défavorables. (10) Megillah (« Rouleau d’Esther ») ; quatre chapitres ;

contient principalement des règles et prescriptions relatives à la
lecture du rouleau d’Esther à Pourim, et à la lecture d’autres
passages dans la synagogue. (11) Mo'ed Katan (« Demi-fêtes » ;
originellement appelé « Mashkin », d’après son mot initial) ; trois chapitres : traite des prescriptions concernant les jours de fêtes intermédiaires, ou les jours entre les deux premiers et les deux derniers
jours de Pesah et de Sukkah. (12) Hagigah (« Festivité ») ; trois
chapitres ; traite, entre autres choses, de la manière d’observer les trois principales fêtes.

Dans le Talmud babylonien, les traités de l’ordre Mo'ed sont
arrangés comme suit : Shabbat, ‘Erubin, Pesahim, Bezah,
Hagigah, Mo'ed Katan, Rosh ha-Shanah, Ta'anit, Yoma, Sukkah,
Shekalim et Megillah ; tandis que la séquence dans le Talmud
palestinien est Shabbat, ‘Erubin, Pesahim, Yoma, Shekalim, Sukkah,
Rosh ha-Shanah, Bezah, Ta'anit, Megillah, Hagigah et Mo'ed
Katan.

III. Nashim (« Femmes ») contient les sept traités suivants : (1) Yebamot (« Veuves tenues de contracter un mariage léviratique ») ; seize chapitres ; traite principalement des règles du mariage léviratique et de la Halizah, par laquelle la veuve est rendue capable de contracter un autre mariage (Deut. xxv. 5-10). (2) Ketubot (« Contrats de mariage ») ; treize chapitres ; traite principalement des devoirs et droits réciproques du mari et de la femme. (3) Nedarim (« Vœux ») ; onze chapitres ; traite des règlements relatifs aux vœux (Nomb. xxx. 2-17). (4) Nazir (« Nazaréen » ; appelé aussi « Nezirut » = « Nazaréat ») ; neuf chapitres ; traite principalement des prescriptions concernant les vœux du naziréen (Nomb. vi. 1-31). (5) Gittin (« Documents » ; « Actes de divorce ») ; neuf chapitres ; traite principalement des lois relatives à la dissolution du mariage (Deut. xxiv. 1-4). (6) Sotah (« Femme soupçonnée d’adultère ») ; neuf chapitres ; traite principalement des règles concernant une femme soupçonnée d’infidélité (Nomb. v. 11-31). (7) Kiddushin (« Fiançailles ») ; quatre chapitres ; examine la question de savoir comment, par quels moyens et sous quelles conditions un mariage légal peut être contracté.

Dans le Talmud babylonien, la succession des traités de cet ordre est la suivante : Yebamot, Ketubot, Kiddushin, Gittin, Nedarim, Nazir et Sotah. Dans le Talmud palestinien, elle est : Yebamot, Sotah, Ketubot, Nedarim, Gittin, Nazir et Kiddushin.

IV. Nezikin (« Dommages » ; appelé aussi « Yeshu'ot » = « Actes de secours », comme dans Nomb. R. xiii.) contient les dix traités suivants : (1) Baba Kamma (« Première Porte ») ; dix chapitres ; traite principalement des dommages et de l’indemnisation des préjudices. (2) Baba Mezi'a (« Porte du Milieu ») ; dix chapitres ; traite principalement des lois relatives aux ventes, aux baux, aux objets trouvés et à l’usure. (3) Baba Batra (« Dernière Porte ») ; dix chapitres ; traite principalement des droits de vente, de la propriété immobilière et des droits de succession. (4) Sanhedrin (« Tribunal ») ; onze chapitres ; traite principalement de la procédure judiciaire et du droit pénal. (5) Makkot (« Coups », « Châtiments ») ; trois chapitres ; traite principalement des règlements concernant le nombre de coups de fouet imposés comme châtiment légal (Deut. xxv. 1-3). (6) Shebu'ot (« Serments ») ; huit chapitres ; traite principalement des règles concernant les différents serments (Lév. v. 4 et suiv.). (7) ‘Eduyot, ou ‘Ediyyot (« Témoignages ») ; huit chapitres ; contient les témoignages de docteurs plus récents concernant les déclarations d’autorités antérieures, une grande partie de ce matériau se trouvant également dans d’autres parties de la Mishnah. (8) ‘Abodah Zarah (« Culte idolâtre ») ; cinq chapitres ; traite principalement des règlements concernant l’attitude des Juifs envers l’idolâtrie et les idolâtres. (9) Abot, ou Pirke Abot (« Maximes des Pères ») ; cinq chapitres ; contient des maximes et des aphorismes. Un sixième chapitre appelé « Perek Kinyan ha-Torah » (= « Acquisition de la Loi ») fut ajouté ultérieurement à ce traité, mais il n’appartient pas à la Mishnah. (10) Horayot, ou Hora’ot (« Décisions ») ; trois chapitres ; traite principalement des décisions religieuses et juridiques qui avaient été prises par erreur.

La succession de ces traités est la suivante dans le Talmud babylonien : Baba Kamma, Baba Mezi'a, Baba Batra, ‘Abodah Zarah, Sanhedrin, Makkot, Shebu'ot, Horayot, ‘Eduyot et Abot. La succession usuelle est observée dans la Mishnah du Talmud palestinien.

V. Kodashim (« Choses saintes ») contient les onze traités suivants : (1) Zebahim (« Sacrifice » ; originellement appelé « Shehitat Kodashim » = « Abattage des animaux saints » ; B. M. 169b) ; quatorze chapitres ; traite principalement des lois relatives aux sacrifices (Lév. i. et suiv.). (2) Menahot (« Offrande de farine ») ; treize chapitres ; traite principalement des règles concernant les offrandes de farine (Lév. ii ; v. 11-13 ; vi. 7-16 ; vii. 9-10 ; xiv. 10-20 ; xxiii. 13, 16 ; Nomb. v. 11 et suiv., vi. 13-20, xv. 34, xxviii., xxix.). (3) Hullin (« Profane » ; appelé aussi « Shehitat Hullin » = « Abattage d’animaux non consacrés ») ; douze chapitres ; traite principalement des lois relatives à l’abattage et d’autres règles concernant la consommation de viande.

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(4) Bekorot (« Premiers-nés ») ; neuf chapitres ; traite principalement des règlements concernant les divers premiers-nés (Ex. xiii. 2, 12 et suiv. ; Lév. xxvii. 26 et suiv. ; Nomb. viii. 16-18, xviii. 15-17 ; Deut. xv. 19 et suiv.). (5) ‘Arakin (« Estimations ») ; neuf chapitres ; traite principalement des prescriptions concernant le rachat de ceux qui ont été voués à Elohîm (Lév. xxvii. 2 et suiv.). (6) Temurah (« Échange ») ; sept chapitres ; traite principalement des lois relatives à l’échange d’un animal consacré (Lév. xxvii. 10, 33). (7) Keritot (« Extirpations ») ; six chapitres ; traite, entre autres sujets, du châtiment d’excommunication (« karet »), fréquemment mentionné dans l’Ancien Testament. (8) Me'ilah (« Prévarication ») ; six chapitres ; traite des règles concernant la prévarication dans le cas d’un objet consacré (Nomb. v. 6-8). (9) Tamid (« L’holocauste quotidien du matin et du soir ») ; traite, entre autres sujets, des règlements relatifs au sacrifice quotidien (Ex. xxix. 38-42 ; Nomb. xxviii. 2-8). Dans les éditions de la Mishnah, Tamid est divisé en sept chapitres, sauf dans l’édition de Löwe, où il n’en a que six ; tandis que Levi b. Gershon (RaLBaG) ne compte que cinq chapitres pour Tamid dans l’introduction à son commentaire sur le Pentateuque. (10) Middot (« Mesures ») ; cinq chapitres ; décrit les appartements et le mobilier du Temple. (11) Kinnim (« Nids d’oiseaux ») ; trois chapitres ; traite des prescriptions concernant l’offrande de colombes (Lév. i. 14-17, v. 1 et suiv., xii. 8).

Dans le Talmud babylonien, la succession des traités de cet ordre est la suivante : Zebahim, Menahot, Bekorot, Hullin, ‘Arakin, Temurah, Keritot, Me'ilah, Kinnim, Tamid et Middot.

VI. Tohorot (« Purifications ») contient les douze traités suivants : (1) Kelim (« Ustensiles ») ; trente chapitres ; traite principalement des règlements concernant les diverses sortes d’impureté des récipients (Lév. xi. 32 et suiv. ; Nomb. xix. 14 et suiv., xxxi. 20 et suiv.). (2) Oholot, ou Ahilot (« Tentes ») ; dix-huit chapitres ; traite principalement des lois concernant la souillure occasionnée par un cadavre (Nomb. xix. 14-20). (3) Nega'im (« Lèpre ») ; quatorze chapitres ; traite des règles concernant les diverses sortes de lèpre (Lév. xiii., xiv.). (4) Parah (« Génisse rousse ») ; douze chapitres ; traite des règlements concernant la génisse rousse et les cendres purificatrices qui en sont obtenues (Nomb. xix.). (5) Tohorot (« Puretés » ; euphémisme pour « Impuretés ») ; dix chapitres ; traite des souillures mineures. (6) Mikwa’ot, ou Mikwot (« Bains rituels ») ; dix chapitres ; traite des règlements concernant le bain des personnes souillées (Lév. xiv. 8, xv. 5 et suiv.). (7) Niddah (« Femme menstruée ») ; dix chapitres ; traite des lois concernant la souillure causée par les menstruations (Lév. xii., xv. 19 et suiv.). (8) Makshirin (« Prédispositions » ; appelé aussi « Mashkin » = « Liquides ») ; six chapitres ; traite de la règle qui déclare qu’un objet n’est souillé par contact avec une chose impure que s’il a été préalablement mouillé (Lév. xi. 34, 37, 38). (9) Zabim (« Personnes souffrant d’écoulements ») ; cinq chapitres ; traite des règles de Lév. xv. (10) Tebul Yom (« Celui qui a pris un bain rituel ce même jour ») ; quatre chapitres ; traite principalement de l’effet produit sur un objet entier qui est entré en contact avec un « tebul yom », lequel, selon Lév. xv. 5, est impur jusqu’au coucher du soleil, même si ce contact n’a été que partiel. (11) Yadayim (« Mains ») ; quatre chapitres ; traite principalement de la souillure et de la purification des mains. (12) ‘Ukzin (« Tiges ») ; trois chapitres ; traite principalement de la relation du fruit avec les tiges, peaux et graines, au regard de la souillure, l’impureté du fruit affectant les tiges, peaux et graines, et inversement.

Dans le Talmud babylonien, la succession des traités dans Tohorot est la suivante : Niddah, Kelim, Oholot, Nega'im, Parah, Tohorot, Mikwa’ot, Makshirin, Zabim, Tebul Yom, Yadayim et ‘Ukzin.

La Mishnah existe en de nombreuses éditions, bien que seules les plus anciennes puissent être mentionnées ici : première édition, Naples, 1492, fol., avec le commentaire hébreu de Maïmonide ; Venise, Giustiniani, 1546-50, fol. ; Venise, 1549, in-4°, avec le commentaire d’Obadiah Bertinoro ; Riva di Trento, 1559, fol., avec les commentaires de Maïmonide et d’Obadiah ; Sabbionetta et Mantoue, 1559-63, in-4° ; Venise, 1606, fol., avec les deux mêmes commentaires.

De nombreux commentaires sur la Mishnah ont été écrits. Maïmonide en écrivit un en arabe, avec une introduction générale sur l’histoire, l’origine et l’agencement de la Mishnah. Ce commentaire, qui fut traduit plusieurs fois en hébreu, est imprimé dans de nombreuses éditions du texte. L’original arabe de plusieurs traités a été publié récemment, outre celui du sixième ordre entier, édité par Derenbourg (comp. l’énumération dans Strack, l.c. p. 113 et Appendice) ; la traduction hébraïque, qui est défectueuse en de nombreux passages, ayant été corrigée pour s’y conformer.

Asher b. Jehiel d’Allemagne (mort à Tolède en 1327) écrivit un commentaire sur les premier et sixième ordres, qui fut imprimé pour la première fois dans l’édition du Talmud d’Amsterdam, 1714-16, et dans l’édition de Francfort-sur-le-Main, 1720-21. R. Samson de Sens écrivit également un commentaire sur les mêmes ordres, qui est imprimé dans la plupart des éditions du Talmud. R. Obadiah Bertinoro (fin du XVe siècle) écrivit un commentaire sur l’ensemble de la Mishnah, qui est imprimé dans la plupart des éditions. Les commentaires « Tosefot A'om-Tob » de A'om-Tob Lipmann Heller (1579-1654) et « Tif’eret Yisrael » d’Israel Lipschutz sont également imprimés dans de nombreuses éditions de la Mishnah. Les commentaires suivants peuvent aussi être mentionnés : « Kaf Nahat », d’Isaac ibn Gabbai, imprimé dans l’édition vénitienne de la Mishnah, 1609, et dans quelques autres éditions ; « ‘Ez ha-Hayyim » (Livourne, 1653 et suiv.), de Jacob Hagiz ; « Kab we-Naki », d’Elisha b. Abraham, dans l’éd. Amsterdam, 1697, 1698, etc. ; « Zera‘ A'izhak », d’Isaac b. Jacob Hayyut, Francfort-sur-l’Oder, 1739 ; « Sefer Bet Dawid », Amsterdam, 1739 ; « Melo Kaf Nahat », de Senior Phoebus b. Jacob, dans l’éd. Offenbach, 1737 ; Berlin, 1832-34 ; « Sefer Mishuat Rabbi Natan », sur Zera‘im (Francfort-sur-le-Main, 1862), de Nathan Adler ; et « Likkute ha-Mishnah » (Breslau, 1873), de Shraga Phoebus Frenkel.

Parmi les traductions de la Mishnah, on peut mentionner les suivantes : (1) « Mischna sive Totius Hebræorum Juris, Rituum, Antiquitatum ac Legum Oralium Systema cum Clarissimorum Rabbinorum Maimonidis et Bartenorai Commentariis Integris; Quibus Accedunt Variorum Auctorum Notæ ac Versiones in Eos Quos Ediderunt Codices ; Latinitate Donavit ac Notis Illustravit Guilielmus Surenhusius », Amsterdam, 1698-1703, 6 vol., fol. ; le texte en hébreu et en latin, avec les commentaires de Maïmonide et d’Obadiah Bertinoro dans une traduction latine. (2) « Mishnayot », Berlin, 1832-34, 6 parties, in-4°. (3) Texte hébreu vocalisé de la Mishnah, avec traduction allemande en caractères hébreux. (4) Le commentaire « Melo Kaf Nahat », et (5) une brève introduction allemande avec notes, publiés par la Gesellschaft von Freunden des Gesetzes und der Erkenntniss, généralement connue sous le nom de « traduction de Jost ». (6) Johann Jacob Rabe, « Mischnah, oder der Text des Talmuds Uebersetzt und Erlautert », 6 parties, in-4°, Onolzbach, 1760-1763. Une nouvelle édition du texte hébreu vocalisé avec une traduction allemande a été entreprise par D. Hoffmann et E. Baneth, dont plusieurs parties ont paru. Une traduction italienne de Vittorio Castiglione est également en cours de publication (1904).

Bibliographie : Letter of Sherira Gaon, éd. Neubauer, dans M. J. C. pp. 3-41, Oxford, 1887 ; Maïmonide, introduction à son commentaire sur la Mishnah, imprimée dans de nombreuses éditions du Talmud après le traité Berakot ; Z. Frankel, Hodeyetica in Mischemam, Leipsic, 1859 ; J. Brüll, Mebo ha-Mishnah, partie i., Francfort-sur-le-Main, 1876 ; partie ii., ib. 1885 ; S. J. Rapoport, dans Kerem Hemed, vii. 157-167 ; A. Krochmal,

Mishnah

Missouri

Toledot R. Yehudah ha-Nasi, dans He-Haluz, ii. 75-83 ; idem, ib. iii. 118-124 ; idem, préface à son Yerushalayim ha-Benuyah, Lemberg, 1867 ; O. H. Schorr, dans He-Haluz, 1866, pp. 41-44 ; vi. 32-47 ; Z. Frankel, Introductio in Talmud Hierosolymitanum, pp. 19a-22a, Breslau, 1870 ; Joachim Oppenheim, Zur Gesch. der Mischna, dans Bet Talmud, ii. 143-151, 172-179, 237-245, 269-273, 304-315, 343-355 (également réimprimé séparément, Presburg, 1882) ; A. Geiger, Einiges über Plan und Anordnung der Mischna, dans Geiger’s Wiss. Zeit. Jüd. Theol. 1836, ii. 474-492 ; idem, Lehrbuch zur Sprache der Mischna, Breslau, 1845 ; Isaac Lampronti, Pahad Yizhak, s.v. Mishnah ; W. Landsberg, Plan und System in der Aufeinanderfolge der Einzelnen Mischnas, dans Monatsschrift, 1873, pp. 208-215 ; Tobias Cohn, Aufeinanderfolge der Mischnaordnungen, dans Geiger’s Jüd. Zeit. 1866, iv. 126-140 ; Dunner, Veranlassung, Zweck und Entwickelung der Halakischen und Halakischexegetischen Sammlungen Während der Tannaimperiode im Umriss Dargestellt, dans Monatsschrift, 1871, pp. 137 et suiv., 158 et suiv., 313 et suiv., 363 et suiv., 416 et suiv., 449 et suiv. ; idem, R. Jehuda Hanasi’s Anteil an Unserer Mischna, ib. 1872, pp. 161 et suiv., 218 et suiv. ; idem, Einiges über Ursprung und Bedeutung des Traktates Edoyot, ib. 1871, pp. 33-42, 59-77 ; D. Hoffmann, Die Erste Mischna und die Controversen der Tannaim, Berlin, 1882 ; idem, Bemerkungen zur Kritik der Mischna, dans Berliner’s Magazin, 1881, pp. 121-130, 169-177 ; 1882, pp. 96-105, 152-163 ; 1884, pp. 17-30, 88-92, 126-127 ; M. Lemer, Die Aeltesten Mischna-Compositionen, ib. 1886, pp. 1-20 ; J. Derenbourg, Les Sections et les Traités de la Mischna, dans R. E. J. 1881, iii. 205-210 ; A. Berliner, dans Ha-Misderonah, i. 20 et suiv., 40 et suiv. ; J. S. Bloch, Einblicke in die Gesch. der Entstehung der Talmudischen Literatur, Vienne, 1884 ; I. H. Weiss, Dor, ii. 182-184, 207-217 ; idem, Mishpat Leshon ha-Mishnah, ib. 1867 ; L. A. Rosenthal, Ueber den Zusammenhang der Mischna ; Ein Beitrag zu Ihrer Entstehungsgesch., Strasbourg, 1891-92 ; idem, Die Mischna, Aufbau und Quellenscheidung, ib. 1903.

E. c. J. Z. L.

Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.