Définition dans Jewish Encyclopedia

Mérom

MEROM

« Les eaux de Merom » sont données dans Jos. xi. 5 comme le nom du lieu où les armées des peuples du nord de la Palestine s’assemblèrent pour rencontrer l’envahisseur Josué et son armée. Merom est aujourd’hui communément identifié avec le lac moderne al-Hulah, à environ quinze milles au nord de la mer de Galilée, et il est décrit comme ayant la forme d’une poire dont la queue pointe vers le sud. Il a trois milles de large dans sa partie la plus large, et presque quatre milles de long, des marais jusqu’à son déversoir dans le Jourdain. Le lac se trouve à sept pieds au-dessus du niveau de la Méditerranée, et sa profondeur varie de dix à seize pieds. Non loin de ses rives sud-ouest s’étend une plaine considérable qui paraît être l’emplacement le plus probable de la grande bataille entre Josué et les alliés cananéens du nord. Le commandant en chef de ces forces, réunies de toutes les parties de la Palestine septentrionale et même de la vallée du Jourdain, était Jabin, roi de Hazor. La grande multitude des guerriers est comparée, quant au nombre, « au sable qui est sur le rivage de la mer … avec des chevaux et des chars en très grand nombre ».

Le seul indice concernant la méthode d’attaque de Josué est l’affirmation qu’il vint soudainement contre l’ennemi et fondit sur lui. Cela indique probablement une marche nocturne et une attaque de bon matin, comme à Gabaon (Jos. x. 9, 10). Les Israélites les frappèrent, les mirent en fuite et les poursuivirent dans toutes les directions. Leurs chevaux furent jarretés et leurs chars brûlés, tandis que leurs villes et tout le pays furent dévastés. Cette dernière grande bataille réduisit si fortement l’opposition que Josué fut désormais prêt à répartir entre les tribus d’Israël, pour possession permanente, le pays avec ses forteresses individuelles encore non conquises.

E. G. H. I. M. P.

MERON ou MIRON : Ville de Galilée, située sur une montagne, à trois milles au nord-ouest de Safed et à quatre milles au sud de Giscala, ville avec laquelle elle est presque toujours mentionnée dans le Talmud. L’un des passages est : « On peut manger des olives [produit de l’année sabbatique] jusqu’à ce que les dernières aient disparu des arbres de Giscala et de Meron » (Yer. Sheb. ix. 3). La montée vers Meron était si étroite que deux personnes ne pouvaient marcher de front (R. H. 15a), et cette description peut fort bien s’appliquer à Meroth fortifiée par Josèphe (« Vita », § 37 ; « B. J. » ii. 20, § 6). Meron est citée comme une ville habitée par des prêtres (Yer. Ta‘an. iv. 5), fait auquel Eleazar ha-Kalir fait allusion dans l’un de ses piyyutim (comp. Rapoport dans sa préface à « Kore ha-Dorot » de Shalom ha-Kohen, s.v. « Meron »). Il est dit dans le Midrash (Eccl. R. xi. 3) qu’une querelle qui en vint aux coups éclata entre les habitants de Meron et ceux de Giscala au sujet des restes de R. Eliezer b. Simeon, que chaque parti désirait ensevelir.

Aujourd’hui Meron est représentée par le village de Merun (appelé dans les écrits hébreux « Kefar Miron »), célèbre pour sa synagogue très ancienne et pour les tombeaux de quelques tannaim éminents. Benjamin de Tudèle, qui le visita, décrit une grotte contenant les tombeaux de Hillel et de Shammaï et de beaucoup de leurs disciples ; et il déclare que R. Benjamin b. Japheth et R. Judah b. Beterah y étaient aussi ensevelis. Mais Benjamin ne mentionne pas les tombeaux de R. Simeon b. Yohai et de son fils Eleazar. Samuel b. Samson, qui se trouvait à Meron en 1230, parle de l’école et du tombeau de Simeon b. Yohai qu’il y vit, ainsi que du tombeau d’Eleazar. Au pied de la montagne, déclare Samuel, se trouvent 336 autres tombeaux, et hors du village se trouvent les tombeaux de Simeon Hatufah et du prophète Obadiah (Carmoly, « Itinéraires », pp. 133-134). Il y a maintenant un magnifique bet ha-midrash renfermant les tombeaux supposés de Simeon b. Yohai et d’Eleazar, qui sont devenus le lieu d’une fête annuelle, célébrée à Lag be-‘Omer, et appelée « Hillula de-R. Shim‘on ben Yohai », en commémoration de la mort de l’auteur supposé du Zohar.

Meron ne doit pas être identifiée à Shimron-meron de Jos. xii. 20, car cette dernière est appelée par les Rabbins « Simonia » (Gen. R. lxxxi. ; comp. LXX. ad loc.), et correspond au moderne Simuniyyah, village à l’ouest de Nazareth (Robinson, « Researches », ii. 344). Elle peut toutefois être identique à Madon (Jos. xi. 1), qui est rendu par « Meron » dans la Septante ; et certains savants l’identifient à Meroz, mentionnée dans Juges v. 23.

BIBLIOGRAPHIE : Benjamin de Tudela, Itinerarii, éd. Asher, i. 45 ; Carmoly, Itinéraires, pp. 158 et suiv. ; Neubauer, G. T. pp. 328 et suiv. ; Robinson, Researches, ii. 444 ; Schwarz, Tebua’ot ha-Arez, pp. 223-224, Jérusalem, 1900.

J. M. See.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.