Définition dans Jewish Encyclopedia

Membrane du foie (caul)

CAUL

Données bibliques : De nos jours appliqué à la membrane entourant le fœtus humain ; employé aussi dans d’autres sens. Dans la Bible : 1. Une traduction de l’hébreu, la seconde sur la liste des objets de toilette portés par les femmes de Jérusalem (Isa. iii. 18). Schroder corrige en « sheniisim », qu’il compare à l’arabe « shumaisah » (petit soleil). Il signifierait alors un objet de bijouterie, peut‑être un pendant. Il est tout à fait possible de l’entendre désigner des filets employés comme ornements pour les cheveux. La Septuagint lui donne ce sens ; et le Targum reproduit le mot, qui par l’usage mishnaïque est confirmé comme un filet pour les cheveux (voir Levj% “ Neuhebr. Wörterb.” iv. s.v.).

2. Employé au sens anatomique pour l’enveloppe du cœur, peut‑être le péricarde (Osée xiii. 8).

3. Le plus souvent cependant il sert à traduire « yoteret », un mot apparaissant fréquemment dans les prescriptions sacerdotales et en rapport avec le foie. Il est préférable de le prendre pour la masse adipeuse entourant le foie. Celle‑ci était toujours incluse (Exode xxix. 13, 22 ; Lévitique iii. 4, 10, 15 ; iv. 9 ; vii. 4 ; viii. 16, 25 ; ix. 10, 19) dans l’holocauste.

E. G. II. G. B. L.

Dans la littérature rabbinique : Selon la Version Autorisée King James, c’était la caul, avec quelques autres parties du sacrifice, qui était brûlée sur l’autel. Car nous lisons : « Et tu prendras toute la graisse qui couvre les entrailles, et la yoteret qui est au‑dessus du foie, et les deux reins, et la graisse qui est sur eux, et tu les brûleras sur l’autel » (Exode xxix. 13 ; comparer les références cidessous). Le terme hébreu rendu ici « caul » est « yoteret » (mn’), toujours employé en liaison avec « kahed » (133 = « foie ») ; cette « yoteret » est diversement traduite par les anciens et les modernes. Ainsi, la Septuagint la rend « le lobule du foie » ; et il en est de même chez Josèphe (“Ant.” iii. 9, § 2), Gesenius (“Diet.” s.v.), Kohut (“Aruch Completum,” iii. 476, s.v. 333 ivn), Jastrow (“Diet.” p. 572), et les Karaites (voir Aaron b. Elijah, “Gan ‘Eden,” Shehitah, xxi.). Cette traduction ne semble pas correspondre à la phraséologie de l’original. Des onze passages bibliques contenant le terme « yoteret », sept sont obligatoires (Exode xxix. 13, 22 ; Lévitique iii. 4, 10, 15 ; iv. 9 ; vii. 4), et les quatre restantes (Lévitique viii. 16, 25 ; ix. 10 [où la préposition JD, « de », est utilisée], 19) sont narratives. Dans six des premiers (la seule exception étant Exode xxix. 22), yoteret est décrite comme étant située 1331 (« au‑dessus du foie »), ce qui ne peut être dit d’un lobule ni d’aucune partie du foie lui‑même. Si la préposition py (« au‑dessus », « sur ») faisait défaut dans les clauses obligatoires comme elle l’est dans les récits, on pourrait supposer que « yoteret » est à l’état construct et que la phrase 1331 mn' signifierait réellement « le pendant (^ri' = ‘redondant,’ ‘pendant’ ; c.‑à‑d., ‘lobule’) du foie ». Mais la présence de la préposition dans les six clauses obligatoires exclut cette construction, et par conséquent aussi cette traduction.

Que les clauses narratives n’encaissent pas la préposition ne prouve pas le contraire. Le narrateur s’en est simplement remis à la désignation exacte donnée dans les passages obligatoires. La yoteret doit donc être recherchée parmi les viscères adjacents au foie et au‑dessus de celui‑ci. Leeser la trouve dans le diaphragme ; et ceci est en partie conforme à la définition de Rachi, telle qu’expliquée par Kohut (I.e. iv. 94, C’DIU ; comparer Jastrow, l.r. 557b, s.v. Ntt’DitO), « Rothtleisch », les fibres charnues reliant le diaphragme aux cartilages costaux. Mais, comme même le diaphragme n’est pas directement au‑dessus du foie, une double couche de tissu intervenant entre eux, la Version Autorisée King James rend la phrase par « the caul over the liver » (« la membrane au‑dessus du foie »). Cette définition est soutenue par la Vulgate, et est conforme à celle de Rachi (à Exode xxix. 13, d’après Musaphia, dans ‘Aruk,” s.v. C’QIU), et aux traductions de Zunz (Arnheim), Luzzatto, Fürst (en Lévitique l.c. ; en Exode l.c. il traduit « lappen ») ; on entend par là la partie de la caul qui forme la duplicature s’étendant de la fissure transversale du foie à la petite courbure de l’estomac, techniquement appelée le « gastrohépatique » ou « petit omentum » (comparer Strack à Exode xxix. 13 ; Kautzsch, Ex. et Lev. l.c. ; contraste Kohut, I.c., s.v. n33 "ivn). Quelques‑uns objectent à cette définition, parce que le petit omentum est dépourvu de graisse ; mais comme la Bible n’inclut jamais la yoteret sous les graisses, cette objection n’est pas tenable (comparer Sifra, Wayikra, Hobah, ix. [éd. Weiss, p. 21b] ; Pesik. Zutta à Lévitique iii. 10 ; Hastings, “Diet. Bible,” s.v. “Caul” ; Chejme, “Enc. Bibl.” s.v. “Caul” ; voir Sacrifice).

Les Karaites incluent la yoteret parmi les parties animales interdites aux Juifs comme nourriture (voir Aaron b. Elijah, I.c. ; Elijah Bashyazi, “Aderet Eliyahu,” Shehitah, xviii.) ; le droit rabbinique, toutefois, ne connaît aucune interdiction de ce genre (voir Hub 117a ; Rachi, ad loc., «. r. mm’ » ; Pesik. Zutta, I.c. ; Maïmonide, “Yad,” Ma’akalot Asurot, vii. 5 ; Nahmanide à Lévitique iii. seq.). Que la caul mentionnée par Josèphe (“Ant.” iii. 11, § 2) en lien avec une telle loi ne signifie pas que la yoteret en soit l’objet ressort de ce qu’il nomme la caul et le lobule du foie comme parties distinctes consacrées à l’autel (ib. iii. 9, § 2). Ce qu’il entend est sans doute l’épiploon, ou la membrane adipeuse constituant le gastrocolique ou grand épiploon. Il en est de même chez Hérodote (ii. 47), qui mentionne la yoteret en rapport avec un ancien sacrifice égyptien à la lune.

j. SK. 8. M.

Voir la fiche concept
Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.