Définition dans Jewish Encyclopedia

Chedorlaomer

CHEDORLAOMER

Données bibliques : Nom d’un roi d’Élam (Genèse xiv. 1), qui fit des conquêtes jusqu’à Canaan et exerça sa suprématie sur sa partie sud‑est. Après lui avoir payé tribu pendant douze ans, les cinq rois locaux, ou princes, se révoltèrent la treizième année, et furent attaqués et réduits par Chedorlaomer la quatorzième année, assisté d’Amrapiél, roi de Shinar ; d’Anoch, roi d’Ellasar, et de Tidal, roi des Goyim.

Opinion critique : Le nom « Chedorlaomer » a longtemps fait l’objet de controverses, qui n’ont fait que s’accroître, plutôt que diminuer, depuis la découverte de documents élamites et babyloniens natifs. Le premier indice pour l’identification du nom se trouve dans le fait, désormais partout considéré comme établi, que le nom est un composé élamite correct. Sa première moitié, « Chedor » (= « Kudur », « serviteur de », ou « adorateur de »), se rencontre fréquemment dans des noms propres élamites, tels que « Kudur‑nanhundi » (“nahhunte” en susien ou élamite) et « Kudur‑mabuk ». La seconde moitié du nom, « la’omer » (= « lagamaru »), est le nom d’une divinité élamite, mentionnée par Assurbanipal.

Hormis ces faits certains, tout le reste est matière à controverse. Scheil crut avoir trouvé le nom sur une tablette de Hammurabi sous la forme « Ku‑du‑la‑uh‑ga‑mar » (“Revue Bibliiiue,” 1896, p. 600), mais le nom s’est avéré être « I(n)uhshammar ». Pinches a relevé le nom « Kudur‑ku‑kumal » sur une tablette datant probablement de la période des Arsacides. Malgré la difficulté de la lecture et la date tardive du texte, il est possible que la personne visée soit réellement la même que le Chedorlaomer de la Genèse, bien que la plupart des savants s’opposent à ce point de vue. La tablette en question est rédigée dans un style fleuri, poétique, et on peut en tirer peu de matière d’importance historique. Pour l’instant, les documents ne donnent que le résultat plutôt négatif qu’à partir des documents babyloniens et élamites rien de définitif n’a été appris sur Chedorlaomer. Il est cependant d’une certaine importance, pour évaluer le caractère du récit de Genèse xiv., d’avoir appris que le nom de Chedorlaomer n’est pas une fiction.

Bibliographie : Schrader, Keilinschriften des Alten Testaments, 2e éd., pp. i;j5 et sqq. (comparer la communication lue par Pinches devant le Victoria Institute, 20 janv. 1896) ; L. W. Kintt, Letters and Inscriptions of Hammurabi, 1898, vol. i.

J. JR. R. W. R.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.