Définition dans Jewish Encyclopedia
Mahanaïm
MAHANAIM
Ville à l'est du Jourdain,
près du Jabbok ; mentionnée d'abord comme le lieu
où Jacob, revenant d'Aram vers le sud de Canaan,
eut une vision d'anges (Gen. xxxii. 1-2). Cela implique que Mahanaim fut un sanctuaire à une époque très
ancienne. Dans les récits du Livre de Josué concernant les allotissements aux tribus, Mahanaim est
comptée comme faisant partie de l'héritage de la
tribu de Gad (xxi. 38). Apparemment elle était à la
frontière entre Gad et Manassé, et elle fut attribuée comme ville lévitique (Jos. xiii. 26, 30 ; xxi. 38 ; comp. 1 Chron. vi. 80).
Mahanaim acquit une notoriété temporaire aux jours des débuts du royaume. C'était alors une
forteresse, propre à servir de refuge pour des fugitifs importants (II Sam. xviii. 24). C'est là qu'Ammer,
le général de Saül, conduisit Ish-bosheth, fils et successeur de Saül (II Sam. ii. 8) ; durant son bref et
douteux règne Mahanaim fut sa capitale. David s'y
fut réfugié au temps de la rébellion d'Absalom (II
Sam. xvii. 24, 27) ; il en fit sa résidence jusqu'à son
appel à Jérusalem. Plus tard elle fut le quartier général d'un des commissaires de Salomon (I Rois iv. 14). Selon Maspero (« The Struggle of the Nations, » j). 773), Mahanaim fut parmi les cités pillées par
Shishak lors de son invasion (I Rois xiv. 25) des territoires israélites. Il n'y a pas de référence ultérieure à
la ville dans les annales. Il n'est pas improbable qu'une résistance vigoureuse à Shishak ou à quelque
autre envahisseur ait amené sa démolition complète. La forme du nom paraît être duale, d'où la
traduction commune « deux campements » ou « deux
compagnies ». Le narrateur du plan de Jacob (Gen.
xxxii. 7) comprit ainsi le nom. La plupart des érudits
présents préfèrent considérer la terminaison dans ce
cas comme l'expansion d'une finale plus courte plutôt que comme un signe du duel.
La localisation exacte de Mahanaim est fort incertaine, les données bibliques étant non concluantes. La ville était certainement dans la Gilead septentrionale et dans une situation qui commandait une vue étendue (II Sam. xviii. 24) ; elle était abordée du sud par la vallée du Jourdain et probablement par un ouadi qui y débouchait (II Sam. ii. 29). La plupart des explorateurs s'accordent à la placer au ou près du wadi ‘Ajlun.
Bibliographie : Conder, Heth and Moab ; Merrill, East of the
Jordan ; Van Kasteren, in Z. D. P. r. xiii. ; Jos et seq.-, Bülit,
Geographie des Alten Palästina, p. 357 ; G. A. Smith, Hist.
Geog. pp. 586-588.
S. F. K. S.
MAHER-SHALAL-HASH-BAZ (^^K’ nno
T3 Cn = « speeding for booty, » « hastening to the
spoil ») ; Nom symbolique du fils d'Isaïe indiquant l'attaque soudaine contre Damas et la Syrie par le
roi d'Assyrie (Isa. viii. 3-4). Isaïe avait d'abord reçu
l'ordre d'Elohîm de l'écrire sur un grand rouleau
(ib. viii. 1).
E. G. II. M. See.
