Définition dans Jewish Encyclopedia
Amour
LOVE
(n^HN) : L'affection profonde par laquelle une personne se sent étroitement attirée vers une autre et poussée à renoncer à beaucoup, ou à faire beaucoup, pour elle sans souci de soi. — Données bibliques : Tandis que le mot ahebah, comme le grec agapê, désigne aussi l'amour sensuel (Osée ii. 7, 9, 12 ; Ezéchiel xxiii. 5, 9 ; Juges xvi. 4 ; II Sam. xiii. 15), il devient, en raison du plus haut esprit éthique qui imprègne le judaïsme, de plus en plus expressif du sentiment plus pur si délicatement caractérisé en Cant. viii. 6-7 : « L'amour est fort comme la mort. . . . Les grandes eaux ne peuvent éteindre l'amour ; ni les fleuves l'emporter ; si un homme offrait toutes les richesses de sa maison pour l'amour, il en serait tout à fait méprisé. » Outre l'amour de l'homme pour la femme, « ahabah » désigne l'amour parental (Gen. xxv. 28, xxxvii. 3), et se transfère à cet amour d'homme pour homme qu'on nomme mieux amitié, et qui s'exemplifie dans l'amour de David et Jonathan et que ce dernier caractérise par les mots : « Mon frère Jonathan, tu m'as été très agréable ; ton amour pour moi était merveilleux, dépassant l'amour des femmes » (II Sam. i. 26, Hébr.). Ainsi « amoureux » devient identique à « ami » (Prov. xviii. 24 ; Ps. xxxviii. 12 [Version Autorisée King James 11], l. xxxviii. 19 [Version Autorisée King James 18]). Peu à peu tout le système de la vie fut pénétré par le principe de l'amour, et la relation entre Elohîm et l'homme ainsi qu'entre l'homme et l'homme en est fondée.
C'est le prophète Osée qui, chastisé par son expérience personnelle, donne à l'amour une signification plus profonde et plus pure, tout en constatant qu'Elohîm aime Israël malgré ses relâchements (Osée xi. 1). C'est un amour de libre volonté (ib. xiv. 5 [Version Autorisée King James 4]). Sur l'amour Deutéronome bâtit tout son système. Elohîm aima les pères (Deut. x. 15), et parce qu'Il transféra cet amour à leurs descendants, l'ensemble du peuple d'Israël, Il les choisit, non pas en raison de leur propre mérite, pour être Sa nation particulière (missionnaire) et les protégea contre leurs ennemis (ib. vii. 6-8, xxiii. 6). Il exige donc en retour leur amour (ib. vi. 5 ; x. 12 ; xi. 1, 13, 22 ; xiii. 4 ; xix. 9.
