Définition dans Jewish Encyclopedia

Lois Agraires

AGRARIAN LAWS

Avec l’établissement des Israélites en Canaan et le passage consécutif de leur ancien mode de vie nomade à des conditions agricoles, la possession fixe de la propriété foncière devint une institution naturelle. Au moment de la consolidation de la monarchie, non seulement chaque tribu, mais chaque clan et chaque foyer furent établis de manière permanente sur une étendue déterminée, plus ou moins vaste. Le domaine passait, par héritage, du père au fils ; là où le sentiment d’affection filiale était particulièrement fort, il ne pouvait devenir la possession d’un étranger, comme le montre I Rois xxi. 3 : « Que YHWH m’interdise de te donner l’héritage de mes pères » ; autrement, rien ne s’opposait à ce qu’on en disposât par vente (Gen. xxiii. 9), échange (I Rois xxi. 2), ou donation (Gen. xxiii. 11). Chaque fois que la vente d’un domaine devenait nécessaire (comme dans le cas de la pauvreté), le plus proche parent jouissait, conformément à une coutume ancienne, du privilège de préemption (« le droit de rachat », Jér. xxxii. 7 ; Ruth, iv. 3, 4). Selon les récits les plus anciens conservés dans la Bible, par exemple Juges, i., la conquête de Canaan fut graduelle et prolongée ; en effet, elle ne fut pas achevée avant le règne de Salomon. En outre, les invasions furent menées par les tribus séparément ; il ne semble à aucun moment y avoir eu quoi que ce soit comme un effort concentré. Chaque horde envahissante s’établissait naturellement sur le territoire qu’elle avait conquis. Mais on ne sait rien de la manière dont le pays fut réparti entre les clans ou les foyers individuels.

Les informations contenues dans Josué, chap. xiii. et seq., reposent sur la théorie selon laquelle la conquête de la plus grande partie du pays fut l’œuvre d’une seule génération sous la direction de Josué, qui, avant sa mort, répartit le pays par le sort entre les diverses tribus, en parts proportionnelles au nombre d’âmes constituant chaque foyer. Les tribus de Ruben et de Gad, ainsi que la demi-tribu de Manassé, auxquelles Moïse avait assigné le pays à l’est du Jourdain, furent autorisées à retourner dans leurs foyers. Des villes spéciales, au nombre de quarante-huit et dispersées dans tout le pays, furent attribuées aux Lévites. Tout cela s’accorde dans le détail avec les instructions qui se trouvent dans les derniers chapitres des Nombres (xxxii.-xxxvi.), et qui sont supposées appartenir aux couches tardives du Code sacerdotal : elles ne sont probablement que le résultat de la réflexion non historique des temps postérieurs. Il est clairement prévu (Nomb. xxxvi. 9) qu’en aucun cas la terre ne peut passer d’une tribu à une autre.

Un peu plus ancien et tout à fait idéaliste dans l’attente de conditions géographiques miraculeusement modifiées est le plan de répartition adopté par le prophète Ézéchiel dans la constitution qu’il trace pour le peuple restauré (Ézéch. xlv. et seq.). À l’exception d’une réserve pour le Temple et ses ministres (prêtres et Lévites) ainsi que pour le domaine du prince, le pays tout entier est divisé par le prophète en douze bandes, qui doivent être habitées par les Douze Tribus. Le souhait est exprimé que « mon peuple ne soit pas dispersé, chacun loin de sa possession » (Ézéch. xlvi. 18).

En partie par suite des guerres syriennes qui tourmentèrent le royaume du Nord pendant près d’un siècle, et en partie par suite de l’essor du commerce et d’une classe aisée parmi la population, le paysan appauvri fut contraint d’hypothéquer ou de vendre sa petite ferme. De vastes domaines se concentrèrent entre les mains de quelques-uns ; ils « joignaient maison à maison et champ à champ », dépouillant sans scrupule les pauvres, qui se louaient comme ouvriers ou se vendaient eux-mêmes, ainsi que leurs enfants, en esclavage. Contre cet état de choses, les prophètes, presque tous eux-mêmes enfants du peuple, poussèrent un cri d’indignation, dénonçant avec véhémence l’avidité des riches propriétaires fonciers de Samarie et de Jérusalem. Leurs dénonciations, peut-être stériles de résultats immédiats, conduisirent finalement à la formulation de lois dirigées contre les empiétements des classes dirigeantes. Ainsi, le déplacement des bornes est fait l’une de ces grandes offenses contre lesquelles la malédiction divine est invoquée (Deut. xix. 14, xxvii. 17 ; Osée, v. 10).

L’année du Jubilé fut instituée principalement afin d’empêcher des changements violents dans la possession des terres (Lév.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.