Définition dans Jewish Encyclopedia

Adiabene

ADIABENE

District de Mésopotamie situé entre le Zab supérieur (Lycus) et le Zab inférieur (Caprus), bien qu’Ammien Marcellin (« Hist. » xviii., vii. 1) dise que Ninive, Ecbatane et Gaugamèles en faisaient également partie. Pendant quelques siècles, à partir du premier siècle av. J.-C., il fut semi-indépendant. Dans les écrits talmudiques, le nom apparaît sous les formes et ri"in, parallèles à sa forme syriaque « Hadyab » ou « Hedayab ». Sa principale ville était Arbèles (Arba-ilu), où Mar ‘Ukba avait une école, ou la voisine Hazzah, nom par lequel les Arabes désignaient aussi Arbèles (Yakut, « Geographisches Worterbuch », ii. 263 ; Payne-Smith, « Thesaurus Syriacus », sous « Hadyab » ; Hoffmann, « Auszüge aus Syrischen Akten », pp. 241, 243). Dans Kid. 72a, le Habor biblique est identifié à l’Adiabène (comparer Yeb. 17b et seq., Yalk. Dan. 1064), mais dans Yer. Meg. i. 71b à Riphath (Gen. x. 3 ; comparer aussi Gen. R. xxxvii.). Dans le Targum sur Jér. li. 27, Ararat, Minni et Ashkenaz sont paraphrasés par mp.

c.-à-d. le Kurdistan, l’Arménie et l’Adiabène ; tandis que dans Ézéch. xxvii. 23 pj)V niPI, pn sont interprétés par le traducteur araméen comme « Harwan, Nisibis et Adiabène ».

Sous les rois perses, l’Adiabène semble avoir été pendant un temps un État vassal de l’empire perse. Ardashir III (361-338 av. J.-C.), avant de monter sur le trône, portait le titre de « roi de Hadyab » (Nöldeke, « Geschichte der Perser », p. 70). Le petit royaume acquit une certaine importance en raison de ses rois au cours du premier siècle. Izat devint juif. Sa conversion eut lieu avant son accession au trône et alors qu’il vivait à Charax Spasinu. À peu près au même moment, sa mère, Hélène, se convertit également. Les temps étaient troublés ; des rois parthes et des antirois se succédaient rapidement. Artaban III était roi d’Atropatène. Il avait succédé à Vononès qui, ayant été entièrement élevé à Rome, était peu sympathique aux Parthes. Artaban dut bientôt fuir en Hyrcanie pour échapper au roi rival, Tiridate III. Il revint cependant en 36 et, redoutant une conspiration, se réfugia à la cour d’Izat, qui était assez puissant pour amener les Parthes à rétablir Artaban. Pour ce service, certains honneurs royaux furent accordés à Izat, et la ville de Nisibis fut ajoutée à ses domaines. Toutefois, en 45, Gotarzès, fils adoptif d’Artaban, fut élevé au trône par les nobles, de préférence à Vardane, son demi-frère. En 49, Méherdatès (Mithridate V.), fils de Vononès, fut envoyé de Rome par Claude pour prendre possession du trône de Parthie. Izat joua un double jeu, bien qu’il se rangeât secrètement du côté de Gotarzès. Quelques années plus tard, Vologèse Ier partit avec l’intention d’envahir l’Adiabène et de punir Izat ; mais une force de Daces et de Scythes venait d’entrer en Parthie, et Vologèse dut rentrer chez lui.

Izat eut pour successeur sur le trône son frère aîné, Monobaze II. On rapporte qu’en l’an 61 il envoya un contingent de soldats en Arménie afin d’aider le candidat parthe, Tiridate, contre Tigrane, qui avait fait une incursion sur le territoire de l’Adiabène. Les troupes de Monobaze furent cependant repoussées à Tigranocerte. Monobaze était présent lorsque la paix fut conclue à Rhandeia entre la Parthie et Rome en l’an 63. Le principal adversaire de Trajan en Mésopotamie durant l’année 115 fut le dernier roi de l’Adiabène indépendante, Méharaspès. Il avait fait cause commune avec Ma’nu (Mannus) de Singar (Singara). Trajan envahit l’Adiabène et l’intégra à la province romaine d’Assyrie ; sous Hadrien, en 117, Rome abandonna toutefois la possession de l’Assyrie, de la Mésopotamie et de l’Arménie. À l’été 195, Sévère fit de nouveau la guerre en Mésopotamie et, en 196, trois divisions de l’armée romaine se jetèrent sur l’Adiabène. Selon Dion Cassius, Antonin prit Arbèles en l’an 216 et y fouilla tous les tombeaux, souhaitant savoir si les rois arsacides y étaient ensevelis. Dans les temps postérieurs, l’Adiabène devint un archevêché, le siège du métropolite étant à Arbèles (Hoffmann, « Akten », pp. 259 et seq.).

Il est impossible de dire dans quelle mesure les habitants de l’Adiabène avaient suivi l’exemple de leur roi et s’étaient judaïsés. Josèphe (« B. J. » préface, § 2) désigne les « Adiabénoi » comme des Juifs. La reine Hélène et Izat comblèrent Jérusalem de présents, et la reine y envoya les fils du roi pour y être éduqués. Les dépouilles d’Hélène et d’Izat furent envoyées par Monobaze II à Jérusalem pour y être ensevelies. Il semble hors de doute qu’il y avait à Jérusalem un certain nombre de Juifs d’Adiabène, appartenant probablement à la maison princière. Josèphe en connaissait plusieurs et, dans « B. J. » ii. 19, § 2, mentionne un Kénédéus et un Monobaze qui aidèrent vaillamment à défendre Jérusalem contre les Romains, tandis que « les fils et les frères d’Izat le roi . . . furent enchaînés . . . et conduits à Rome, afin de servir d’otages de la fidélité de leur pays envers les Romains » (« B. J. » vi. 6, § 4). Un certain Jacob Hadyaha est mentionné dans B. B. 26b ; ainsi que Zuga de Hadyah, ou Zawa (Heilprin, « Seder ha-Dorot », éd. 1882, ii. 115). Le Talmud mentionne une certaine espèce de scorpion en Adiabène (Bab. Shab. 121b ; dans Yer. Shab. xiv. 14b, la leçon est incorrecte) qui pouvait être tuée le jour du sabbat en raison de son caractère venimeux. Il déclare aussi (Bab. Men. 32b) que les disciples de Monobaze (Yer. Meg. iv., fin, D'^!) avaient coutume de fixer la mezuzah sur un bâton et de dresser le bâton dans toute auberge où ils venaient à passer la nuit (Tosef., Meg. iv. [iii.] 30 ; Yer. Meg. iv. 75c).

Toutes sortes de traditions fausses se sont accumulées autour de ces affirmations. L’historien arménien Moïse de Khorène, qui écrivit au quatrième ou au cinquième siècle, a transféré à Abgar, l’un des rois d’Édesse, le récit de l’intervention d’Izat en Parthie, faisant d’Hélène l’épouse d’Abgar Ukkama (Von Gutschmid, « Kleine Schriften », iii. 45), probablement parce qu’Abgar VII était fils d’Izat (Duval, « Histoire d’Édesse », p. 51). Dans la tradition juive postérieure, Monobaze est présenté comme un fils d’Agrippa II (Ibn Daud, « Sefer ha-Kabbalah », dans Neubauer, « Med. Jew. Chron. » i. 51 ; comparer aussi « Seder ‘Olam », ib. 170 ; et « Seder ‘Olam Zutta », dans une recension, ib. 71, ce qui, dans une autre recension [ib. 75], est cependant déclaré impossible. On trouve la même chose dans le « Yuhasin » de Zacuto, éd. Pilipowski, 93). Selon Zemah Gaon, il était fils d’Hérode (« Yuhasin », 93, 2, en bas).

Bibliographie : L’autorité principale est Josèphe (Ant. xx. 3, § 4 ; B. J. ii. 19, § 2 ; iv. 9, § 11 ; v. 2, § 2 ; 3, § 3 ; 4, § 2 ; 6, § 1), qui obtint probablement ses renseignements de Juifs d’Adiabène à Jérusalem (Von Gutschmid, Kleine Schriften, iii. 4). Des notices peuvent également être recueillies chez Pline, Historia Naturalis, v. 66, vi. 44 et seq. ; Ammien, Historia, xviii. 7, § 1 ; xxiii. 6, § 31 ; Strabon, Geography, xvi. 745 et seq. ; Brüll, Adiabene, dans Jahrb. i. 58 et seq. ; Grätz, dans Monatsschrift, 1877, xxvi. 241 et seq., 289 et seq. ; Von Gutschmid, Gesch. Irans, pp. 140 et seq. ; Schürer, Gesch. ii. 563.

G.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.