Définition dans Jewish Encyclopedia
Lentils
LENTILS
(Hébr. « ‘adashim » ; arabe « ‘adas ») : graines comestibles mentionnées pour la première fois dans l’Ancien Testament en Gen. XXV. 29-34, où il est relaté que Jacob donna à Ésaü « du pain et un potage de lentilles » pour son droit d’aînesse. Les lentilles figuraient aussi parmi les provisions apportées par Barzillah à David lorsque celui‑ci était en fuite (1 Sam. xvii. 28) ; et elles semblent avoir été, comme aujourd’hui en Palestine et dans d’autres pays, un aliment courant (comp. ib. xxiii. 11). D’après Ezéch. iv. 9, il paraît qu’en temps de disette les lentilles, moulues et mêlées à d’autres ingrédients, étaient transformées en pain, pratique encore en vigueur dans l’Égypte moderne.
Selon De Candolle (« Origin of Plants », p. 257), la lentille (Ervum Lens) était probablement originaire de l’Asie occidentale. Dans certaines régions de la Palestine, elle est encore la culture prédominante. Parmi les diverses variétés, la lentille rouge (comp. Gen. xxv. 30) est considérée comme la meilleure. La lentille occupait aussi une place importante chez les anciens Égyptiens, et la variété de Peluse était particulièrement renommée (comp. Virgile, “Georgiques,” i. 228 ; Pline, “Historia Naturalis,” xvi. 201).
À l’époque talmudique, les lentilles semblent avoir été l’un des aliments de base en Palestine. Ainsi, dans Pes. 3b les lentilles, comme nourriture humaine, sont opposées à l’orge comme nourriture pour le bétail (comp. Shab. 76b). Dans Bézah 14b, elles sont même citées comme plat de fête dans la maison de Gamaliel. La lentille égyptienne est signalée comme étant de taille moyenne, et sert de mesure pour une particule d’un « animal rampant » (« sherez ») qui rendrait rituellement impur (Kelim xvii. 8 ; comp. Ma’as. V. 8). En rapport avec Gen. xxv., il est dit (B. B. 16b ; comp. Gen. R. lxiii. 14) que les lentilles constituent un plat approprié pour les endeuillés parce qu’elles n’ont pas de « bouche » (c.-à-d. « fente »), comme le deuilleur qui, dans son angoisse, reste sans voix, et par leur forme ronde elles symbolisent le tour que fait l’épreuve et la perte en ce monde.
Bibliographie : Tristram, Ant. Hist. p. 461, Londres, 186?.
s. s. I. M. C.
