Définition dans Jewish Encyclopedia

Laban

LABAN

(p^3) — 1. Données bibliques : Fils de
Bethuel, petit-neveu d'Abraham, et oncle maternel et beau-père de Jacob. Sa demeure étant en
Aram-naharaim (Mésopotamie; Gen. xxiv. 10), autrement appelé Padan-aram (f6. xxviii. 5), il est appelé
« l’Araméen » (ib. xxv. 20, xxxi. 20, 24 [Version Autorisée King James « Syrian »]). On fait d'abord mention de lui à l'occasion du mariage de sa sœur Rébecca. Attiré par l'anneau et les bracelets qu'Éliézer lui avait donnés, Laban sort à sa rencontre, l'introduit dans la maison, et prend la direction des négociations concernant le départ de Rébecca. Le nom « Bethuel » n'est mentionné qu'une seule fois, et même alors après « Laban » (ib. xxiv. 29-32, .50. 53, 55 ; voir Bethuel). Plus en détail sont décrites les relations de Laban avec
Jacob, en Gen. xxix. 13-29, xxx. 27-xxxii. 9 (voir
Jacob, Données bibliques).

E. G. II. M. Sel.

Dans la littérature rabbinique : Les Rabbins identifient Laban avec Beor, père de Balaam, et
avec Chushân-rishathaim (Juges iii. 8), ce dernier
nom étant interprété comme « auteur de deux maux »
(Sanh. 105a; comp. Targ. pseudo-Jonathan à Num.
xxii. 5). R. Joshua b. Levi, toutefois, identifie
Laban avec Kemuel (Gen. xxii. 21), ce dernier nom
étant interprété comme « qui se leva contre le peuple de Dieu » (^X lop; Gen. R. Ivii. 4). Le nom
« Laban » est interprété comme « brillant de méchanceté » (ib. lx. 8), et le surnom « Arammi »
(= « l’Araméen » ; voir Laban, Données bibliques) comme un anagramme de « ramma’ah » (= « imposteur » ; ib. Ixx. 17). Laban est appelé aussi « le maître des imposteurs » (ib. Ixxv. 6). Lorsqu'il vit les bracelets aux
bras de Rébecca (Gen. xxiv. 30) il résolut de tuer
Éliézer ; mais celui-ci, devinant son intention, prononça le Nom sacré, par lequel il fit demeurer des chameaux suspendus dans les airs au-dessus du puits. Ceci et la ressemblance d'Éliézer avec Abraham
firent croire à Laban qu'Éliézer était Abraham. Laban
l'invita donc à entrer dans la maison (Midr. Abkir, in
Talk., Gen. 109; comp. Midr. Hagadah sur Gen.
xxiv. 23).

La réponse de Laban devant son père montre
qu'il était effronté (Lekah Tob à Gen. xxiv. 50). Sa
promptitude à aller à la rencontre de Jacob (Gen.
xxix. 13) provenait de son empressement pour la
richesse ; car il pensait que si Éliézer, serviteur d'Abraham, avait amené avec lui dix chameaux chargés des biens de son maître, Jacob, étant petit-fils
d'Abraham, apporterait certainement des richesses
encore plus grandes. Il courut donc à la rencontre de
Jacob, et, voyant ce dernier sans chameaux, pensa
qu'il avait peut-être des pierres précieuses sur lui

ou dans la bouche. Il l'étreignit et l'embrassa (Gen.
R. Ixx. 13; comp. Midr. Hagadah, l.c.).

Déçu de ne rien trouver d'agréable et de précieux, Laban dit à Jacob : « J'avais l'intention de te
faire mon roi ; mais, comme tu ne possèdes rien,
tu n'es rien de plus qu'un simple parent à moi »
(Gen. R. l.c. ; comp. Gen. xxix. 14).

Avant l'arrivée de Jacob les troupeaux de Laban
étaient peu nombreux, car ils avaient toujours diminué par suite de la peste (Pirke R. El. xxxvi.). Lorsqu'après avoir accompli ses sept années de service Jacob,—Laban assembla ses compatriotes et les
consulta sur les meilleurs moyens pour le retenir ; «
car, » dit-il, « vous savez que naguère nous avons eu
pénurie d'eau, et ce n'est que par cet homme juste
que nous sommes maintenant bénis d'une abondance de celle-ci. » Ses compatriotes lui conseillèrent
de substituer Léa à Rachel (Targ. pseudo-Jonathan
et Yerushalmi à Gen. xxix. 22 ; Gen. R. Ixx. 17).
Laban fit prendre des engagements à ses compatriotes qu'ils ne divulgueront pas son dessein, et
puis gagna ces engagements pour du vin qu'il servit à leurs propriétaires, qui étaient ses invités. Laban prit la précaution d'éteindre la lumière dans la
salle de banquet, de peur que Jacob ne vit aussitôt
qu'il s'agissait de Léa. Quand Jacob demanda la
raison, Laban répondit que c'était une coutume de
son pays. Les invités, ivres de vin, chantèrent « ha
Lia » (= « elle est Léa ») ; mais Jacob ne comprit
guère le véritable sens de l'exclamation (Gen. R.
l.c. ; « Sefer ha-Yashar », section « Wayeze »). Selon
Pirke R. El. (l.c.), Bilha et Zilpa étaient des filles de
Laban par ses concubines (comp. Gen. R. Ixxiv. 11).

Étant informé de la fuite de Jacob, Laban assembla, outre sa famille, tous les hommes forts de sa
ville, avec lesquels il poursuivit Jacob ; Michaël
alors tira son épée et courut après Laban pour le tuer, mais se contenta de l'avertir de ne parler ni
bien ni mal à Jacob (Pirke R. El. l.c.). La question
qui s'impose, pourquoi, si Laban avait des fils
(Gen. xxx. 35, xxxi. 1), il envoya Rachel garder ses
troupeaux (ib. xxix. 7-10), est expliquée dans le
Midrash par le fait qu'il n'avait pas de fils avant l'arrivée de Jacob, et que c'est à cause de son association avec ce dernier qu'Elohîm lui donna des fils
(Gen. R. Ixx. 17 ; Num. R. xx. 16). Selon le « Sefer
ha-Yashar » (l.c.), Laban eut trois fils, Beor (comp. Num. R. l.c.), Alub, et Murash, que sa femme
Adinah mit au monde. Ce fut Beor, selon la même
source, qui fut envoyé par son père pour informer
Ésaü du départ de Jacob et pour l'inciter à poursuivre son frère (voir Jacob).

s. s.

M. Sel.

Lia Peyrere
Labi

; 2. Un lieu dans le désert, mentionné une seule fois
(I Dent. i. 1), avec Paran, Tophel, et Hazeroth. Dans
la Septante le nom est écrit Aoliov, donnant la
vocalisation hébraïque (comp. DID = SdJoy).

I ILes savants modernes ont essayé de l'identifier avec

I Libnah. Sifre (Dent. 1), suivi par les trois

Ij Targumim et Rachi, interprète les mots pf)l ^sn

I comme « la calomnie de la chose blanche », en

< référence à la plainte des Israélites concernant la

manna, qui était blanche (Num. xi. 6, xxi. 6).
i E. G. ii. M. Sel.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.