Définition dans Jewish Encyclopedia
Kinah
KINAH
(pluriel, kinot) : Lamentation chantée en l’honneur des morts ; elle a un mouvement haché qui lui est propre, et va du requiem ou du gémissement à la forme élégiaque (comp. les élégies de David sur les morts de Saül et de Jonathan [II Samuel i. 17] et sur la mort d’Abner [ib. iii. 33]). Le terme est dérivé, selon Wetstein, de l’arabe « kana » (= « former artistiquement ») ; il se rencontre une fois, en Ezéchiel ii.10, sous la forme « kinim ». Parmi les Hébreux, comme dans de nombreux pays sémitiques de nos jours, la kinah était chantée par des pleureuses professionnelles (Jér. ix.17). Dans la littérature prophétique, de telles élégies étaient aussi chantées sur des objets inanimés pris poétiquement pour sujets. À cette classe appartiennent les kinot sur les étendues arides, désertées par toute vie (Jér. ix.10), sur les cités tombées (Ezéchiel xxvi.17, xxvii.1), et sur les terres et peuples (voir Budde, “Das Hebraische Klagelied,” dans Stade’s “Zeitschrift,” ii.1 et sqq. ; idem, “The Folk-Songs of Israel in the Mouths of the Prophets,” dans “The New World,” pp. 28 et sqq., Boston, 1893).
Même à l’époque talmudique une kinah était chantée à un enterrement par au moins une pleureuse, qui était accompagnée de deux flûtistes (Yer. M. K. i.5 ; Ket. 46a ; comp. Shab. 153a). Des fragments d’élégies de cette époque, composés par la « safdana » (orateurs funèbres), ont été conservés (M. K. 28b ; comp. I. Perles, “Die Leichenfeierlichkeiten im Nachbiblischen Judenthume,” dans “Monatsschrift,” x. 382 et sqq.). À la kinah s’ajouta bientôt l’oraison funèbre, qui prit une importance croissante par rapport à la kinah, jusqu’à ce que cette dernière fût entièrement omise. Mais bien que la kinah fût ainsi exclue des rites funéraires publics, elle survécut comme expression individuelle du deuil pour la perte d’amis ou de parents (voir Poetry, Biblical).
De la kinah individuelle, ou personnelle, il faut distinguer la kinah nationale, ou générale, dont le sujet est le malheur de toute la nation ou d’une seule communauté. La kinah nationale fut créée par Amos, le plus ancien des prophètes dont les écrits nous soient parvenus, à l’occasion d’une fête des moissons à Béthel, vers 760. Prévoyant la destruction prochaine du Royaume du Nord, il chanta au milieu du peuple, comme si la destruction était déjà survenue : « La vierge d’Israël est tombée ; elle ne se relèvera plus » (Amos v.2). Mais la kinah nationale trouva son expression la plus parfaite dans les « lamentations » que le Talmud et le Midrash attribuent au prophète Jérémie (B. B. 14b ; Yer. Shab. xvi.15c ; Lev. R. XV.4).
Dès l’époque talmudique, les kinot de Jérémie étaient récitées à la veille du 9e d’Ab, l’anniversaire de la destruction du Temple et de l’État juif (Yer. Shab. loc. cit. ; Lev. R. loc. cit.). Il semble que, du moins en Palestine, l’Épître de Baruch (la portion du Livre de Baruch écrite originellement en hébreu — i.1–iii.8), qui était une confession nationale des péchés et une justification du châtiment divin, fut aussi lue pendant le service public de ce jour (voir Jew. Encyc. ii.557, s.v. Baruch).
Plus les conditions devenaient intolérables pour le Juif dans les siècles suivants, plus il aimait commémorer les événements du passé plus heureux. De nouveaux maux créèrent de nouvelles kinot, et le Juif ne put se borner à la récitation des Lamentations de Jérémie le 9e d’Ab. Même la période hellénistique, pauvre en poésie nationale, produisit une élégie sur la destruction de Jérusalem (Apoc. Baruch en grec, x.6–8). Celle-ci avait été écrite à l’origine en hébreu, mais l’on ne sait pas qu’elle ait pris place dans le rituel de la Synagogue (voir Jew. Encyc. ii.556, s.v. Baruch).
Au début de la période géonique, les poètes de la Synagogue commencèrent à composer selihot, kinot et hosh‘anot, bien que très peu de cette littérature ait survécu (Delitzsch, “Zur Gesch. der Jüdischen Poesie,” p.51 ; Mahzor Vitry, éd. Hurwitz, p.226). Parmi les anciens poètes d’Espagne, d’Afrique du Nord et de Provence, les élégies nationales ou générales pour le service du 9e d’Ab étaient le produit d’un sentiment poétique inné, tandis que chez les poètes roman-germaniques ce furent la douleur et la désespérance qui firent naître de nouvelles kinot. « Je dois parler ; je dois respirer ; mon âme, aigre de l’esclavage cruel, est accablée, » dit le poète synagogal allemand du treizième siècle (Zunz, “S. P.” p.176). Ainsi l’essence des kinot consiste en une lamentation sur la perte de la grandeur passée de la nation, ainsi que (dans les rites roman-germaniques et chez les poètes plus récents) sur les événements désastreux du présent.
Dans le Siddur d’Amram Gaon (éd. Varsovie, 1884, p.43b), à part les Lamentations de Jérémie, aucune kinah spéciale n’est prescrite pour le 9e d’Ab, bien que, d’après Luzzatto, certaines des kinot contenues dans le rituel actuel aient probablement été utilisées au temps d’Amram ; elles ne sont pas mentionnées par Amram parce que, peut-être, leur récitation n’était pas obligatoire (voir Luzzatto, “Amram Gaon Baruch ben Sheshna,” dans “Orient, Lit.” viii.296). Selon Amram et d’autres sources fiables, en période géonique en Babylonie, toutefois, des selihot étaient lues le matin du 9e d’Ab, puisque ce jour de jeûne était consacré à la pénitence et à la contrition (voir Zunz, “Ritus,” p.125). Les prières de Saadia pour ce jour sont également appelées « selihot », bien que, dans le contenu et la forme, elles soient très similaires aux kinot de Kalir. Mais même les selihot furent ensuite remplacées par les kinot plus mélancoliques. Des traces de ces selihot sont conservées dans le rituel sépharade.
Kalir, toutefois, fut probablement le premier à donner le nom de kinot à certaines parties de la grande élégie qu’il composa pour le 9e d’Ab. En tout cas, elles furent ainsi appelées au plus tard au xiie siècle. Commençant par le contraste entre le bonheur du passé et la misère du présent, Kalir décrit dans cette élégie plusieurs scènes de l’histoire de la destruction de l’État juif, comme l’incendie du Temple, les massacres à Jérusalem et la mort du roi Josias. Parfois, éclatant en prières et lamentations, le poète exprime sa conviction de sa propre culpabilité et de la justice du Seigneur, déplore la puissance d’Édom, et pleure la misère de Sion, pour la restauration de laquelle il prie ; il clôt par une description de la rédemption finale d’Israël et du salut futur. Cette élégie, composée d’environ 12 000 mots, commençant par les Dix-Huit Bénédictions (« Kerobah ») et se terminant par des prières de consolation (« nehamot »), a été conservée presque sous sa forme originale dans l’ancien rite romain. Tandis que ce dernier emploie le kerobah de Kalir « Zekor Ekah », le rituel allemand a le deuxième kerobah de Kalir, commençant par « A’abik », qui est de caractère plus général et qui fut, peut-être, à l’origine destiné par Kalir au service de l’après-midi du 9e d’Ab. De plus, dans le rite allemand les consolations font défaut ; elles sont cependant remplacées par d’autres kinot composées entre les XIIe et XVIe siècles. Dans le rite allemand suivent alors les « Zionides », nommées d’après la célèbre élégie sur Sion de Juda ha-Levi, commençant par « Ziy3mn Halo Tish’ali. » Cette élégie se trouve dans tout rituel juif pour le 9e d’Ab, et d’elle s’est développé un mètre et une rime particuliers, appelés « Ziyonide » (voir Dukes, “Zur Kenntniss der Neuhebr. Religiosen Poesie,” p.71 ; Delitzsch, “Zur Gesch. der Jüdischen Poesie,” pp.159–163). Les « Zionides » ne sont généralement pas récitées par le hazzan lui-même, mais par des membres de la congrégation, alternativement ; autrefois elles étaient récitées par le membre le plus éminent.
Dans les Mahzorim allemands on trouve soixante kinot pour le 9e d’Ab, et l’auteur d’environ cinquante d’entre elles est connu. Les plus importantes sont les suivantes :
Abraham Hozeh (« Asironomer ») : « Ziyyon Kehi Kol Zori Gile‘ad » (Zunz, “Literaturgesch.” p.490 ; traduit en allemand par J. Freund, dans Karpeles, “Zionsharfe,” p.43). Certains savants attribuent cette élégie à Salomon ibn Gabirol, d’autres à Élie ha-Zaken.
Abraham ben Jacob : « Ziyyon Asher Yomeru » (Zunz, loc. cit. supplément, p.26).
Abraham ben Meir (peut-être contemporain d’Abraham ben David) : « Esh’ag mi-Nahamat Libbi we-Et’onen », décrivant le châtiment d’une communauté juive tel qu’il était souvent infligé aux communautés d’Allemagne et d’Angleterre aux XIIe et XIIIe siècles (Zunz, loc. cit. p.464).
Éléazar ha-Kalir : « Kerobah » et les dix-sept premières kinot (de « Shabat Sum Menni » à « Amarti She'u Menni » ; voir Luzzatto, “Mebo le-Mahzor ke-Minhag Bene Roma,” pp.24 et sqq.).
Éléazar b. Judah b. Kalonymus de Worms (auteur du « Ha-Rokeah ») : « Ziyyon Halo Tish’ali li-Shelom ‘Alubayik » (première Zionide), sur le meurtre de sa femme et de ses enfants à Erfurt en 1214 (Zunz, loc. cit. p.320).
Éléazar b. Mosheh ha-Darshan de Würzburg : « Ziyyon ‘Ateret Zebi Simhat Hamonaylk » (Zionide).
Baruch b. Samuel (mort à Mayence en 1221) : « Ezbe'otal Shafelu we-Oshyotai Nafelu, Oyah. »
David ha-Levi ben Samuel (contemporain et correspondant de Rachi) : « Emunim Shararu be-Tok Yam ‘Aberu » (Zunz, loc. cit. p.164).
David h. Alexander (date inconnue) : « Ezkerah Neginotai » (Zunz, loc. cit. p.483).
Judah b. Moses ha-Kohen (vers 1240 ; rabbin allemand) : « We-Et’onen wa-Akonen Marah, » sur l’émeute à Francfort-sur-le-Main en 1241 (Zunz, loc. cit. p.479).
Juda ha-Levi de Castille : « Ziyyon Halo Tish'ali » (Zionide) ; « Yom Akpi Hikbadti » (Zunz, loc. cit. p.206).
Joël ha-Levi ben Isaac de Bonn : « Yibkeyun Mar Mal’ake ha-Shalom, » lamentation pour les victimes de la Deuxième Croisade, qui eut lieu de son vivant (Zunz, loc. cit. p.269).
Joseph ben Kalonymus ha-Nakdan (vers 1238) : « Amorer ba-Beki » (Zunz, loc. cit. p.98).
Jehiel b. Jacob d’Eisenach (qui fut témoin des persécutions à Fulda) : « Asirim be-Shir Yeze’u, » contrastant le temps de l’errance des Israélites dans le désert et celui de la destruction du Temple (Zunz, loc. cit. p.29).
Jacob : « Ziyyon Yedidut Yadid » (Zionide).
Isaac (XIIe ou XIIIe s.) : « Azkir Rahab » (Zunz, loc. cit. p.552).
Yakar ben Samuel ha-Levi (contemporain de Meïr de Rothenburg ; vécut à Cologne et Mayence) : « Ziyyon Adonai Lakem. »
Kalonymus ben Judah de Mayence (XIe s.) : « Mi Yitten Roshi Mayim » ; « Amarti She'u Menni » ; les deux dédiées aux victimes de la Deuxième Croisade (Zunz, loc. cit. p.166).
Meïr b. Baruch de Rothenburg : « Sha’ali Serufah, » sur la mise au bûcher publique des rouleaux de la Loi à Paris vers 1240 (voir Gratz, “Gesch.” vii.405 ; traduit en allemand par A. Geiger, “Jüdische Dichtungen,” Leipsic, 1856). Ayant le rythme strophique des Zionides, elle prit place parmi elles.
Meïr ben Jehiel : « Arze ha-Lebanon, » décrivant la mort des dix martyrs et fondée sur le Midrash Eleh Ezkerah (Zunz, loc. cit. p.489 ; Landshuth, “'Ammude ha-'Abodah,” p.161).
Michael h. Perez (avant 1550) : « Ziyyon Menat Shalom » ; « Ziyyon Kedosh Mishkene ‘Elyon » (Zionides : Zunz, loc. cit. p.580).
Menahem ben Jacob de Worms (mort en 1203) : « Me'one Shamayim » (Zunz, loc. cit. p.294).
Menahem b. Makir de Ratisbonne (survécut à la Première Croisade) : « Ebel A’orer » (Zunz, loc. cit. p.158).
Menahem Zion b. Meir (vers 1430 ; auteur du “Zlyyuni”) : « Ziyyon Me'on Heshki » (Zunz, loc. cit. p.523 ; idem, “S. P.” p.110).
Moses hen Jacob : « Ziyyon Me’oz Kiryat Melek » (Zionide : Zunz, “Literaturgesch.” p.388 ; Landshuth, loc. cit. p.225).
Salomon ibn Gabirol : « Shomeron Kol Titten » (Zunz, “Ritus der Synagoge von Avignon,” dans "Allgemeine Zeitung des Judenthums" [1838], ii.454 ; comp. aussi J. L. Gordon, “Letters,” pp.98, 216) : « Shekurat Lo mi-Yayin. »
Cette liste est basée sur l’édition des kinot par Baer ; voir surtout l’introduction, Berlin, 1865.
Les kinot des rites espagnol, nord-africain et provencal forment, d’autre part, un groupe à part. Dans le rituel espagnol plus simple, en particulier, plusieurs Psaumes ont été utilisés pour le rituel du 9e d’Ab, parmi eux Ps. LXXIX et CXXXVII (« Au bord des fleuves de Babylone, nous y étions assis ; nous pleurions, quand nous nous souvenions de Sion »). Ils sont composés dans le rythme de la kinah, et servent à ouvrir le service à la veille de ce jour de jeûne dans le rituel sépharade. Les kinot de ce groupe de rites se limitent en général aux thèmes fournis par l’histoire et les légendes de la destruction de Jérusalem. Le rituel de Fès, toutefois, contient une kinah sur les persécutions des Juifs à Tolède, Séville, Majorque, etc., en 1391.
À l’exception du rite d’Avignon, la selihah « Eleh Ezkerah » est commune à tous ces rites, comme l’est la « Zionide » de Juda ha-Levi. Dans la première, chaque chapitre des Lamentations de Jérémie est précédé de petits poèmes (voir Zunz, “Ritus der Synagoge von Avignon,” dans “Allg. Zeit. des Jud.” 1838, ii.454). À Jérusalem un élégie arabe était récitée, et en Perse des kinot hébreu-persanes étaient utilisées (Zunz, “Ritus,” p.89). Parmi les auteurs de kinot pour ces rites peuvent être mentionnés :
Abba Mari b. Moses Yarlii de Montpellier (vécut à Arles en 1306) : « Abo Le’esof Mahanot » (Avignon ; Zunz, “Literaturgesch.” p.492).
Abraham ha-Levi ben Isaac : trois kinot (Zunz, loc. cit. p.513).
Isaac ben Sheshet de Valence (mort à Alger vers 1406) : quatre kinot (Zunz, loc. cit. p.514).
Isaac ibn Zabarra (vers 1400) : « Ziyyon ha-Tede'i Zeman » (Zionide ; Zunz, loc. cit. p.514).
Israel Najjara (rabbin de Gaza au XVIe siècle) : une kinah (Zunz, loc. cit. p.419).
Joseph (date inconnue) : deux kinot (Avignon ; Zunz, loc. cit. pp.569–574).
Judah ben David Yahya (vécut en Castille vers 1400) : « Yehudah we-Yisrael De'u Mar Li Me’od » (sépharade ; provencal ; Zunz, loc. cit. p.514 ; Landshuth, loc. cit. p.67).
Bang :
Judah b. Jacob : « Yomam we-Layelah Ebkeb » (Carpentras ; Zunz, loc. cit. p.567).
Juda ha-Levi : la même que dans le rituel romano-germanique.
Moses Nathan : « Mi-Gam Bakem » (Avignon ; il y a deux poètes synagogaux de ce nom : Zunz, loc. cit. p.517).
Moses Zacuto (d’origine espagnole ; vécut et mourut en Italie) : « A rim Kol Bikyi » (sépharade ; Zunz, loc. cit. p.140 ; Landshuth, loc. cit. p.218).
Samuel (époque inconnue) : « Oyah Erez Zilzul » (Avignon ; Zunz, loc. cit. p.593).
Sheshet : « Ekah Ya'ib » (Avignon ; Zunz, loc. cit. p.475).
Simeon ben Zemah Duran (vécut à Alger, 1361–1444) : trois kinot (Zunz, loc. cit. p.522).
Salomon ibn Gabirol : « Shomeron Kol Titten » (Avignon, romano-germanique, polonais, etc.).
Salomon b. Bonfed : six kinot (Zunz, loc. cit. p.518).
Zerahiah ben Isaac Gerundio of Lunel (auteur du “Ma’or”) : « Ze’ebe ‘Ereb » (provencal ; sépharade ; Zunz, loc. cit. p.461 ; Landshuth, loc. cit. p.63).
Dans le rituel karaïte se trouvent aussi des kinot pour l’anniversaire de la chute de l’État juif. L’histoire locale et les préférences locales opérèrent pour varier la sélection des kinot, de sorte que celles préférées dans une synagogue ou un district étaient relativement peu usitées dans un autre.
Toutes les kinot nationales ou générales ne trouvèrent nullement place dans un seul mahzor, et toutes les kinot figurant dans le mahzor d’une congrégation n’étaient pas récitables : on faisait un choix, comme peut l’indiquer le titre « Kinah Aheret » parfois apposé à la collection. De plus, ce n’était pas seulement le 9e d’Ab que des kinot étaient lues à la synagogue ; les trois — dans le rituel karaïte les cinq — sabbats précédant ce jour on récitait aussi des piyyutim ou des kinot (Zunz, “Ritus,” p.88 ; idem, “S. P.” p.72).
Le « Tikkun Hazot », dont le rituel fut établi en Palestine il y a environ trois cents ans, d’où il se répandit en Europe, contient également plusieurs kinot. L’une d’elles, utilisée dans tous les rites italiens et allemands, fut composée par R. Moses Alsheh ben Hayyim, qui florissait à Safed au XVIe siècle.
Dans les congrégations réformées, qui célèbrent encore le 9e d’Ab, seules très peu des kinot de ce jour sont récitées. Geiger, dans son “Plan zu einem Neuen Gebetbuche,” p.15, n’inclut que « Shomeron Kol Titten » d’Ibn Gabirol pour le service du soir, et « Ziyyon Halo Tish’ali » de Juda ha-Levi et « Sha’ali Serufah » de Meïr de Rothenburg pour le service du matin. Pour les éditions et traductions des kinot voir Steinschneider, “Cat. Bodl.” cols. A^2 et sqq. ; Zedner, “Cat. Hebr. Books Brit. Mus.” pp. A&^ et sqq. ; Van Straalen, “Cat. Hebr. Books Brit. Mus.” pp.148–151 et sqq. Voir Ab, Ninth Day of.
G. M. Sc.
