Définition dans Jewish Encyclopedia

Guerre

WAR

Données bibliques : La plus ancienne guerre enregistrée dans l’Ancien Testament est celle du roi élamite Kedorlaomer et de ses alliés contre les cinq rois de Sodome et des villes avoisinantes (Genèse xiv. 1 et suiv.). Le résultat du conflit fut la destruction de l’armée vaincue sur le champ de bataille et la captivité de tous les non‑combattants, dont les possessions devinrent butin de guerre. Dans la bataille les troupes furent disposées en ordre (Genèse xiv. 8, King V.), et le roi de Sodome et ses quatre alliés firent preuve d’un certain sens stratégique en combattant dans une vallée, bien que leur plan s’avéra infructueux. Quelques savants modernes infèrent d’un passage obscur de 2 Samuel xi. 1 que les guerres commençaient régulièrement au printemps.

Dans de nombreuses instances des négociations furent menées par messagers ou ambassadeurs pour éviter le sang (Juges xi. 12‑28 ; 1 Samuel xi. 1‑10 ; 1 Rois xx. 2‑11) ; et il fut expressément interdit aux Hébreux de lancer une attaque sans avoir d’abord exigé la reddition de l’ennemi (Deutéronome xx. 10 et suiv.). La seule instance où la guerre fut déclarée sans négociations préalables est celle de la guerre entre Amazia, roi de Juda, et Joas, roi d’Israël (2 Rois xiv. 8).

En outre, outre les divers modes de Divination employés par toutes les nations avant de partir pour la guerre (comp. Ézéchiel xxi. 26 et suiv.), les Israélites consultaient YHWH, qui était non seulement leur divinité, mais aussi le dieu de la guerre par excellence (comp. Exode XV. 3, et l’expression fréquente niXQV mil'), pour décider s’ils devaient entreprendre la guerre et si elle leur serait favorable (Juges i. 1 ; XX. 18, 23). Dans ces passages la manière de la consultation n’est pas indiquée, mais d’autres sections et la Septante permettent d’inférer que le Prêtre revêtait l’ephod et se tenait devant l’Arche pour consulter l’Urim et les Thummim (Juges XX. 27‑28 ; 1 Samuel xiv. 18, xxviii. 6, xxx. 7). Parfois les divinités furent consultées par des rêves ou des prophètes, ou même par des esprits familiers évoqués par une sorcière (Juges vii. 13 ; 1 Samuel xxviii. 6 et suiv. ; 1 Rois xxii. 15). Les troupes étaient généralement convoquées par le son de la trompette ou du cor de guerre, qui était aussi le signal avertissant le peuple de l’approche d’un ennemi (Juges iii. 27 ; 2 Samuel xx. 1 ; comp. Ézéchiel xxxiii. 2‑11), bien que parfois des étendards fussent placés au sommet des montagnes hautes ou que des messagers fussent envoyés à travers les différentes tribus d’Israël (Juges vii. 24 ; 1 Samuel xi. 7 ; Isaïe xiii. 2). Parfois des moyens extraordinaires furent employés pour susciter un sentiment populaire d’indignation qui pousserait en fin de compte la nation à faire la guerre, comme dans le cas du Lévite qui découpa le corps de sa concubine en douze parties et les envoya aux autres tribus d’Israël, allumant ainsi entre elles et les Bénjamites la guerre qui aboutit à la destruction de cette dernière tribu (Juges xix. 29 et suiv. ; comp. aussi 1 Samuel xi. 7).

L’armée d’Israël était toujours accompagnée sur le champ de bataille d’un Prêtre ; Phinéas ayant occupé ce poste dans la bataille contre les Madianites (Nombres xxxi. 6). Il était du devoir du Prêtre de veiller au bien‑être spirituel des soldats et, avant l’assaut, de les encourager et d’inspirer l’enthousiasme martial (Deutéronome xx. 2‑4). Parfois toutefois, le grand Prêtre lui‑même allait sur le champ où il surveillait l’Arche, qui était portée en action tout comme les idoles et images le furent par les Philistins (1 Samuel iv. 3‑4 ; 2 Samuel v. 21, xi. 11). Comme d’autres Sémites, les Israélites commençaient une guerre par des holocaustes et des jeûnes (Juges vi. 20, 26 ; XX. 26 ; 1 Samuel vii. 9, xiii. 10), ce qui explique la fréquence de l’expression « sanctifier la guerre », et l’épithète « sanctifiés » appliquée aux combattants (Michée iii. 5 ; Isaïe xiii. 3 ; Jérémie vi. 4, xxii. 7). Une seule instance est rapportée, bien que d’une manière obscure, d’un sacrifice humain en holocauste en un temps de danger extrême (2 Rois iii. 27). Selon un passage de D, en outre, les officiers des troupes hébraïques devaient proclamer avant une bataille que quiconque avait fiancé une femme et ne l’avait pas prise, ou avait bâti une maison et ne l’avait pas dédiée, ou avait planté une vigne et n’en avait point mangé, ou était craintif et au cœur lâche, devait retourner chez lui (Deutéronome xx. 5‑9). Cette réglementation fut effectivement appliquée sous les Maccabées (1 Maccabées iii. 56), ce qui montre que le document est d’époque post‑exilique.

De la configuration géographique de la Palestine, le coup de main (raid) fut le mode favori de guerre tant parmi les Hébreux que parmi les autres Sémites (Genèse xlix. 19 ; 1 Samuel xiii. 17, xxvii. 8 ; 2 Samuel iii. 22 ; 2 Rois xiii. 20), bien qu’avec le temps des batailles régulières aient été livrées, et que dans certains cas l’on employât des tactiques de guerre modernes. Le premier cas enregistré eut lieu dans la bataille de Guibea entre les tribus d’Israël et les Bénjamites (Juges xx. 30 et suiv.). Après avoir tendu une embuscade derrière la ville, les Israélites feignirent de fuir devant les Bénjamites, les attirant hors de leurs positions fortifiées. Soudain les Israélites se retournèrent, et les Bénjamites se trouvèrent encerclés de tous côtés. Il est également probable que dans la bataille du mont Gibéa/Gilboa entre les Philistins et l’armée de Saul, les Philistins recoururent à la stratégie en frappant vers le nord sur la plaine d’Esdrelon au lieu d’attaquer les Israélites par la route plus courte du sud‑ouest. Par ce procédé, qui s’avéra complètement réussi, les Philistins attirèrent l’armée de Saul hors des vallées, où une solide défense aurait pu être offerte, vers la plaine ouverte, où les Israélites pouvaient être écrasés par la supériorité numérique (1 Samuel xxviii. 1‑xxxi. 7). Une armée nombreuse fut parfois divisée afin que l’ennemi pût être attaqué de différentes directions (Genèse xiv. 15 ; 2 Samuel xviii. 2), et des embuscades furent souvent employées avec succès (Josué xiii. 10‑28 ; Juges XX. 30‑44 ; 2 Rois vi. 8‑9). Les marches nocturnes étaient particulièrement prisées des Hébreux ; ainsi Josué marcha de nuit, Gédéon assaillit les Madianites vers minuit, et Saul attaqua les Ammonites avant l’aube (Josué x. 9 ; Juges vii. 19 ; 1 Samuel xi. 11). Il convient de noter que d’autres Sémites faisaient aussi des marches de nuit, car Nébo fut pris aux Israélites par Mésha, roi de Moab, après une telle marche (Inscription mābétique, ligne 15). Une instance est également rapportée où les Philistins choisirent un champion qui défia l’un de l’armée adverse à un duel pour décider du sort des deux forces (1 Samuel xvii. 4 et suiv.). De telles procédures furent ensuite fort en vogue parmi les Arabes dans leurs conflits tribaux pré‑islamiques.

Les forteresses jouèrent un rôle important dans la guerre, surtout en défense. Au début les Israélites étaient incapables de réduire les villes fortifiées des habitants du pays, et n’avaient donc d’autre moyen de défense que de se cacher dans des grottes ou des montagnes (Juges vi. 2 ; 1 Samuel xiii. 6 ; comp. Isaïe ii. 21) ; mais à l’époque royale ils devinrent si habiles dans l’art de la guerre qu’ils non seulement réduisirent les forteresses de l’ennemi, en commençant par Jérusalem (2 Samuel V. 7 et suiv.), mais bâtirent aussi de nombreuses villes fortifiées. La méthode principale pour réduire l’une de ces villes semblait être d’élever autour des murs un remblai, d’où les archers pouvaient tirer leurs flèches dans l’intérieur ; tandis qu’un exemple est enregistré d’une période antérieure où les portes d’une ville furent mises à feu (Juges ix. 48 et suiv.). Selon une note marginale sur 1 Rois xx. 12, R. V., les Syriens utilisèrent des engins dans leur effort pour réduire Samarie, tandis que des machines semblables furent fréquemment employées en plus du bélier pour enfoncer les murs à l’époque d’Ézéchiel (Ézéchiel iv. 2, xxvi. 8‑9). La solidité des murailles et l’efficacité de l’armée assiégeante conditionnaient naturellement la durée d’un siège. Ainsi Jéricho, qui tomba par miracle, fut pris après un assaut continu de sept jours (Josué vi. et suiv.), mais les sièges syriens à Samarie furent sans doute longs, car ils entraînèrent d’épouvantables famines, et Jérusalem ne fut capturée par les Babyloniens qu’après un siège de deux ans, malgré les opérations systématiques de Nabuchodonosor (2 Rois XXV. 1‑4). Dans leurs sièges les Hébreux étaient interdits d’abattre des arbres fruitiers pour les employer à la construction d’ouvrages de siège contre la ville fortifiée (Deutéronome XX. 19‑20).

Les récits des guerres de la période patriarcale montrent que les peuples vaincus furent réduits en captivité et que leurs biens furent pris comme butin de guerre. Dans le cas des Sichémites, tous les mâles furent massacrés par les fils de Jacob, tandis que les femmes et les enfants et tous leurs biens furent emportés comme butin (Genèse xxxiv. 25‑29). Plus tard, selon un document appartenant à D (Deutéronome xx. 10‑17), les Hébreux furent commandés de faire une large distinction entre les habitants du pays qu’ils devaient remplacer et les Gentils hors du pays. Il fallait faire preuve de douceur envers ces derniers s’ils se rendaient sans combattre et acceptaient de payer tribut. S’ils étaient soumis par la force des armes, cependant, tout homme devait être mis à mort, tandis que les femmes, les enfants, le bétail et le reste devaient appartenir aux vainqueurs.

Traitement des captifs : Tout autre était d’un tout autre ordre pour les habitants du pays, qui devaient être exterminés sans exception, et même le bétail ne devait pas être laissé en vie. Si ce passage est d’une date ancienne, il est évident que l’ordre concernant les habitants du pays n’a été que partiellement exécuté, puisque, excepté les trente et un rois énumérés en Josué xii. 9‑24, la plus grande partie resta non conquise, et les Israélites durent vivre avec les mêmes Gentils qu’on leur avait commandé d’exterminer (comp. Josué xviii. 2‑3 ; Juges i. 21‑35). Même lorsque les Israélites remportèrent la victoire, ils accordèrent souvent la vie aux habitants et ne les soumirent qu’au tribut (Juges i. 28, 30, 33, 35). À une période ultérieure, toutefois, une cruauté extrême fut pratiquée tant par les Hébreux que par les autres nations. Après avoir vaincu les Moabites, David les jeta à bas pour...

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.