Définition dans Jewish Encyclopedia
Gog et Magog
GOG AND MAGOG
Données bibliques : Magog
est mentionné (Gen. x. 2; I Chron. i. 5) comme le deuxième
fils de Japhet, entre Gomer et Madai. Gomer
représentant les Cimmériens et Madai les Mèdes,
Magog doit être un peuple situé à l'est des Cimmériens et à l'ouest des Mèdes. Mais dans la liste des
nations (Gen. x.) le terme dénote plutôt le complexe des peuples barbares habitant l'extrême
nord et nord-est du domaine géographique couvert par le chapitre. Josephus (“Ant.” ii. 6, § 1) les identifie aux “Scythes,” un nom qui chez
les auteurs classiques désigne un certain nombre de tribus féroces et inconnues. Selon Jérôme, Magog était
situé au-delà du Caucase, près de la mer Caspienne.
Il est fort probable que le nom soit d'origine caucasienne, mais les étymologies avancées à partir du perse
et d'autres dialectes indo-européens ne sont pas convaincantes.
Dans Ezéch. xxxviii. 2 “Magog” apparaît comme le nom d'un pays (avec l'article défini) ; dans Ezéch. xxxix.
6 comme celui d'un peuple du nord, dont le chef est
Gog. Ce “Gog” a été identifié avec “Giges,”
mais est manifestement une invention libre, à partir de "Magog,” soit de la tradition populaire, soit de l'auteur du chapitre.
La description vive de l'invasion indique que
l'écrivain, soit par connaissance personnelle soit par
ouï-dire, avait été témoin d'un désastre de ce genre.
Il est probable que les ravages commis par les Scythes
sous Josias (comp. Hérodote, i. 11; 3, iv. 11) lui
ont fourni son matériel illustratif. Tel que contenu dans Ezéchiel, la prophétie a complètement
le caractère d'une prédiction apocalyptique ; c.-à-d.,
elle ne décrit pas des événements mais prédit de
façon mystique des happenings à venir, selon la
théologie spéculative de l'auteur. La théorie de Winkler (“Alt-Oriental. Forschungen,” ii. 137, iii. 36)
est que Alexandre le Grand et son invasion sont la
toile de fond. Mais cela anticipe le développement
de la légende de Gog, qui, en effet, vit dans le roi macédonien le Gog de la prophétie biblique (voir
Gog and Magog in Arabic Literature).
Pour le développement rabbinique du matériau légendaire en rapport avec l'avènement de la « fin
des temps » et du Mashiah, voir Eschatology.
E. G. II,
En littérature arabe : Gog et Magog, ou
Yajuj et Majuj parmi les Arabes, sont mentionnés
dans le Coran et par la plupart des géographes arabes comme des peuples plus ou moins mythiques. L'intérêt principal
réside autour de deux points : (1) le mur construit par
Dhu al-Qarnayn (Alexandre le Grand) pour les séparer
du reste du monde, et (2) leur réapparition comme signe
du dernier jour. Géographiquement ils représentent
l'extrême nord-est, et sont placés aux frontières de la mer qui entoure la terre. Descendants de Japhet,
fils de Noé, ils se composent de vingt-quatre tribus. Six de celles-ci sont connues par leur nom (l'une
étant celle des Turcs) ; et le nombre de chaque tribu égale
celui de tous les autres peuples du monde. Quelques-uns disent qu'ils appartiennent aux Khazars, qui sont tous Juifs (Yakut, ii. 440).
Ils sont de petite stature, n'atteignant que la moitié de la taille d'un homme (un autre rapport, dans Yakut, i.
113, les fait plus grands). Très féroces, ils ont des griffes au lieu des ongles, des dents comme un lion, des
mâchoires comme un chameau, et des poils qui couvrent complètement le corps. Leurs oreilles, velues d'un côté,
sont si grandes qu'ils en utilisent une pour lit et l'autre pour couvertu re. Ils vivent principalement de poisson, qui leur est miraculeusement fourni. Ils ressemblent à des animaux par leurs habitudes ; et Mas'udi les classe parmi les bêtes.
Ils avaient l'habitude de ravager le pays, dévorant toute
chose verte ; et c'est pour prévenir cela que les
habitants voisins implorèrent Alexandre de construire
le mur qui les enfermerait. On dit même qu'ils
étaient cannibales (Baidawi).
Le mur est généralement supposé avoir été à
Derbent, bien que plus tard il semble avoir été confondu avec la Grande Muraille de Chine (Abu al-Fida). Les géographes citent fréquemment un
récit donné par Sallam, l'interprète. Le calife Wathik Billah avait vu le mur détruit dans un rêve, et il envoya Sallam pour enquêter. Ce dernier
raconte des merveilles des pays qu'il traversa en s'y rendant, et donne une description minutieuse du mur lui-même. Il fut construit dans un défilé large de 150 coudées, et atteignait le sommet des montagnes. Construit de briques de fer enchâssées dans du laiton fondu, il avait une apparence particulière rayée de rouge et de noir. Il contenait une porte immense munie d'un verrou, d'une serrure et d'une clé gigantesques, cette
dernière étant suspendue par une chaîne. Yakut
remarque au sujet de cette histoire que Elohîm, qui sait toutes choses, sait aussi si elle est vraie ou non, mais quant à l'existence du mur il ne peut y avoir de doute, puisqu'il est mentionné dans le livre sacré.
Comme l'un des signes de l'approche du jour du
jugement, ce mur sera abattu et Yajuj et Majuj apparaîtront au lac de Tibériade, l'eau duquel l'avant-garde de leurs armées consommera entièrement, de sorte que l'arrière passera par-dessus à découvert. Ils poursuivront alors, dévorant tous ceux qu'ils rencontreront, même les cadavres, et toute chose verte,
jusqu'à ce qu'ils arrivent à Jérusalem. Là, jusqu'à ce qu'Elohîm les détruise, ils irriteront Yéhoshoua (Jésus) et ses compagnons fidèles. On dit que Mohammed offrit à Yajuj et Majuj l'occasion d'embrasser l'islam lors de son voyage nocturne à Jérusalem ; mais ils refusèrent de le faire, et sont par conséquent condamnés à la destruction.
Bibliographie: sourates xviii. 9-99), xxi. 96 ; les commentaires coraniques de Baidawi et d'autres ; Bibliotheca Geographorum Arabicorum, ed. De Goeje, vol. iii.; Mas'udi,
V.; Ibn al-Fakih. Vi.; Ibn Khordadhbeh, vii.; Yakut, Geografisches Wriiterh.: Tabari, Annales; Yule, Marco Polo, i.
52 et suiv., 2.50, London, 1875.
E. G. II. M. W. M.
