Définition dans Jewish Encyclopedia

Foie

LIVER

(13D) : Organe glandulaire situé, chez l’homme, à droite sous le diaphragme et au-dessus de l’estomac. Dans les six passages de la Bible où le foie est mentionné, l’expression naSH mni' se rencontre en référence à la partie de l’organe qui devait être sacrifiée comme morceau gras (Ex. xxix. 13, 22, et passim). La signification de cette expression n’a pas été établie avec succès. Onkelos et pseudo-Jonathan la traduisent tous deux NnaDT Nnvn, ou sous la forme hébraïque n33n qui se rencontre dans le Talmud. La Version Autorisée King James, suivant Jérôme, la rend par « la taie au-dessus du foie » ; et il semble que Kashi ait donné la même interprétation. Mais la Septante la rend par « le lobe du foie », ce qui montre que la pièce sacrifiée était une partie du foie lui-même. L’interprétation « taie » ou « repli autour du foie » semble fondée sur l’araméen ivn, pris au sens de « entourant ». Mais Bochart (« Ilierozoi-< on. » i. 562, Leipsic, 1793-96) a démontré l’erreur d’une telle interprétation, se référant à la traduction arabe de Saadia « za’idah » (= « excroissance »). Kohut (« Aruch Completum », s.v. et IVn) attire l’attention sur un passage de Tamid (31a) où il est question du « doigt du foie » (voir Kashi ad he.). Kohut suppose donc que l’araméen NlVn est l’équivalent de l’arabe « khansar » = « petit doigt ». Sa supposition est confirmée par Isaac ibn Ghayyat, qui cite Hai Gaon (Dukes, dans « Orient, Lit. » ix. 537) disant que l’expression « I23n “ixn vient de l’arabe et que le foie est composé de morceaux semblables à des doigts. Selon Nahmanide (Kesponsa, no 162), si cette partie du foie est perforée, la chair de l’animal peut être mangée (voir aussi Dillmann sur Lév. iii. 4 ; Driver et White, « Leviticus », p. 65 ; Nowack, « Archaologie », i. 228 ; comp. Caul ; Fat).

Ni l’homme ni la bête ne peuvent vivre sans foie (‘Ar. 20a). Si le foie manque à un animal, sa chair ne peut être mangée (Hul. 42a). Par conséquent, si quelqu’un consacre au sanctuaire la valeur de sa tête ou de son foie, il doit payer la valeur de sa personne tout entière (‘Ai’. 20a ; B. M. 114a). Sur les affections du foie, voir Maïmonide, « Yad », Shehitah, vi. 1, 8, 9 ; vii. 4, 19, 21 ; viii. 16.

Le foie est le siège de la vie. Les archers perçaient le foie de leurs flèches (Prov. vii. 23), causant ainsi rapidement la mort. Johanan (mort en 279) dit : « Il le frappa sous la cinquième côte » (II Sam. ii. 23), c.-à-d. dans la cinquième cloison, où le foie et la vésicule biliaire sont reliés (Sanh. 49, ci-dessus). Johanan ne veut pas impliquer que le foie et la vésicule biliaire sont dans la poitrine, comme Ebstein l’infère (« Medicin des N. T. und des Talmuds », ii. 129), mais seulement que le foie et la vésicule biliaire furent blessés. La tradition (I Rois xxii. 34 ; II Chron. xviii. 33) selon laquelle la flèche atteignit le roi entre les côtes (« debakim ») se réfère pareillement à la cinquième cloison (voir aussi Sanh. 63b ; Kohut, « Aruch Completum », iv. 182b). Ataunalte, vivant à Rome vers 150, recommande la membrane du foie d’un chien enragé comme remède contre l’hydrophobie, et Galien approuve également ce remède ; mais les maîtres palestiniens l’interdirent parce que son efficacité n’avait pas été prouvée (Yoma viii. 5 ; 84a, b ; voir Blau, « Altjudische Zauberwesen », pp. 80 et seq.). Tobit vi. 8, viii. 2 montre toutefois que la fumigation avec des foies de poisson était considérée en Palestine comme un moyen d’exorciser les esprits mauvais.

Sur les fonctions du foie, il n’existe qu’un seul passage dans la Bible, à savoir Lam. ii. 11 : « Mes yeux s’épuisent en larmes, mes entrailles sont troublées, mon foie est répandu sur la terre, à cause de la destruction des filles de mon peuple. » Sur les fonctions des divers organes du corps humain, on trouve cette observation dans le Talmud : « Le foie produit la colère ; la vésicule y jette une goutte et l’apaise » (Ber. 61, ci-dessus).

La signification divinatoire du foie, l’hépatoscopie, n’est mentionnée qu’une fois dans la Bible, et alors comme coutume étrangère. Ézéchiel (xxi. 21) dit de Nabuchodonosor : « Car le roi de Babylone s’est tenu au carrefour, à la tête des deux chemins, pour pratiquer la divination ; il a poli ses flèches, il a consulté les images, il a regardé dans le foie » (voir Jew. Encyc. iv. 624a, s.t. Divination). Lévi (IIIe siècle) remarque sur ce passage : « comme l’Arabe, qui égorge une brebis et inspecte le foie » (Eccl. R. xii. 7).

s. s. L. B. — ^I. Sel.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.