Définition dans Jewish Encyclopedia
Mèdes
MEDES
Voir Médie.
MÉDIE (latin, Media ; grec, Mr/Jm ; vieux-perse, Mdda ; hébr. HO) : Nom ancien d’un pays situé au sud et à l’ouest de la mer Caspienne, et associé à des événements de l’histoire juive. Les limites de la Médie englobaient anciennement un territoire correspondant approximativement à l’Azerbaïdjan actuel, aux rives méridionales de la Caspienne, à la province de Trak-‘Ajami, et aux districts de la Perse moderne contigus aux montagnes du Kurdistan et du Luristan. Dans les Écritures hébraïques, la Médie et les Mèdes sont mentionnés plus d’une douzaine de fois. On croit que l’ancienneté du nom est attestée par le fait qu’il fut porté par Madaï, petit-fils de Noé et fils de Japhet (Gen. 3 [Version Autorisée King James 2]), qui est communément considéré comme le progéniteur de la race mède. Le mont Ararat se trouvant dans les anciennes frontières de la Médie. Il est en outre connu par la Bible que des Israélites furent placés dans des villes des Mèdes par Salmanasar, roi d’Assyrie, après sa conquête de Samarie (II Rois xvii. G, xviii. 11) ; et la Médie est désignée sous la forme « Ainada » ou « Madai » dans les documents de ce roi et de Tiglath-Pileser. Les allusions à la Médie en relation avec la Perse ne sont pas rares dans certains livres des Écritures ; et les lois des Mèdes et des Perses devinrent synonymes de tout ce qui était fixe et immuable (Esth. i. 3, 14, 18, 19 ; x. 2 ; Dan. v. 28, vi. 8, viii. 20). La part prise par la Médie et l’Élam, c’est-à-dire la Perse, dans le renversement de Babylone constitue une partie de la prophétie du premier Isaïe (Isa. xiii. 17, xxi. 2 ; comp. aussi Jér. xxv. 25). À Ecbatane, dans la province des Mèdes, fut en outre trouvé le célèbre édit de Cyrus accordant un décret pour la construction du Temple à Jérusalem (Ezra vi. 2 ; I Esdras vi. 23). Cette même capitale est également en évidence dans le Livre de Judith (Judith i. 1 et seq.) ; et l’ancienne ville mède de Bhages figure ailleurs dans ce livre et de façon frappante dans le récit de Tobit (Judith i. 5, 15 ; Tobit i. 14, v. 5, vi. 10). Sur l’identification de « Darius le Mède » et sur la position de Daniel sous son règne (Dan. v. 28, vi. 8, viii. 20, ix. 1, xi. 1), voir Daniel ; Dauils.
Quant à la Médie comme facteur de l’histoire mondiale, l’ancienneté de ce peuple en tant que nation iranienne est admise, même si l’existence d’un prétendu empire mède en des temps très reculés peut être sujette à quelque doute. Selon les fragments de Bérose de Babylone, cependant, la lignée royale mède remontait à presque deux mille ans avant Alexandre le Grand ; et l’historien Ctésias prétend donner une liste de rois et de leurs règnes remontant presque jusqu’à 1000 av. J.-C. Aux fins de l’histoire, toutefois, l’histoire de la Médie commence avec Déjocès (Aiyid/c^f), que Hérodote (« Hist. » i. 16 et seq.) décrit comme le fondateur de l’empire. Ce monarque est mentionné comme « Dayaukku » dans les inscriptions de Sargon ; et il régna sur la Médie de 709 à 656 av. J.-C. ou, plus exactement, de 700 à 647. Il eut pour successeur Phraortès (vieux-perse, « Fravartish »), qui étendit les frontières et la puissance de la Médie et régna de 647 à 625. Phraortès fut à son tour suivi de Cyaxare (vieux-perse, « [Hjuvaxshatara » ; babylonien, « Uvakuishtar »), dont le règne (625-585 av. J.-C.) marqua l’apogée de l’ascendant mède. C’est sous ce souverain, allié à Nabopalasar, roi de Babylone, qu’eurent lieu la destruction de Ninive et le renversement de l’empire assyrien (v. 607-604 av. J.-C.). Son successeur fut Astyage (bab. « Ishtuvegu »), que la tradition orientale identifie erronément avec le légendaire Azh-Dahak de Babylone. Avec le règne d’Astyage (585-550 av. J.-C.) vinrent le déclin et le renversement final de la Médie par la Perse sous Cyrus. La suprématie mède fut éclipsée par la plus grande gloire de la Perse. Dès lors, les deux nations en vinrent à être regardées comme une seule, leurs noms étant souvent unis et employés indifféremment, bien que des divisions fussent reconnues. Après la mort d’Alexandre le Grand, par exemple, la Médie Mineure, correspondant approximativement à l’Azerbaïdjan, fut distinguée de la Médie Majeure, qui devint une partie de l’empire syrien ; et, de nouveau, la Médie Majeure fut plus tard comprise dans le domaine parthe et finalement incluse dans le grand empire des Sassanides.
Du point de vue religieux également, la Médie est importante, car on croit que Zoroastre est apparu dans ce pays ; et les similitudes entre le zoroastrisme et le judaïsme sont nombreuses et frappantes. Voir Avesta ; Perse.
Bibliographie : F. Justi, Oesc'li. Iiwis von den Aeltesten Zeiten, dans Geiger et Kuhn, Grwidriss dcr Iranischen Philologie, pp. 406-415, Strasbourg, 1897 ; Rawlinson, Five Great Monarchies of the Ancient Eastern tl'nitd, vol. iii-iv, Londres, 1805 ; M. Duncker, Gcsch. dts A(f erf /nous, Leipsic, 1877 (= History of Antiquity, trad. angl. par E. Abbott, Londres, 1881) ; J. (jppert, Le Pcuple ct la Langue des 3Ifdes, Paris, 1879 ; Ed. Meyer, Geseh. des Alterthums, Stuttgart, 1884 ; idem, Die Entstehung des Jude7ithums, Halle, 1896.
G. A. V. W. J.
