Définition dans Jewish Encyclopedia
Feu
FIRE
Données bibliques : Le processus ordinaire de combustion, pour lequel l'hébreu emploie généralement tf'X, en Daniel (araméen) nj, et, en référence à la chaleur et à la lueur qui l'accompagnent, my3 et « liX » ; tandis que ntl’N (ntyS est un airai λεγόμενον corrompu), dont la dérivation de tyx n'est pas certaine, est un terme sacerdotal technique pour holocauste. Les matériaux servant à faire du feu (voir Combustible) étaient le bois, le charbon de bois, les épines et le fumier. Frotter des morceaux de bois l'un contre l'autre, méthode primitive pour obtenir du feu, était apparemment en usage chez les Hébreux. Cela semble du moins être le sens le plus probable du mot « mekoshesh » (ramassant), employé pour décrire l'acte du profanateur du Sabbat (Nomb. xv. 32-33 ; voir I Rois xvii. 12, « shenayim ‘ezim » = « deux bâtons »). La légende juive (voir Adam, Livre d') soutient qu'Adam et Ève reçurent l'enseignement de cette méthode pour faire du feu. Dans II Macc. x. 3, il est fait mention du procédé d'obtention du feu par le choc de l'acier contre le silex. La pierre à feu (« hallamish ») était certainement connue des Hébreux, bien que les références bibliques à son sujet soulignent simplement sa dureté et ne donnent aucune indication concernant son emploi pour l'allumage. Dans la vie domestique, on allumait du feu pour préparer les aliments, cuire le pain ou les gâteaux, et se chauffer (Ex. xii. 8 ; II Chron. xxxv. 13 ; I Rois xvii. 12 ; Isa. xliv. 16 ; Jer. vii. 18, xxxvi. 22). Les anciens Hébreux eurent rarement besoin de feu pour chauffer leurs habitations. Ils employaient occasionnellement des braseros (« ah »), bien que les maisons plus grandes fussent pourvues de « chambres d'hiver » (Amos iii. 15), où se trouvaient des excavations destinées au ah, la chaleur étant conservée aussi longtemps que possible au moyen d'un tapis ou d'une couverture placé sur le charbon de bois (Nowack, « Lehrbuch der Hebräischen Archäologie », i. 141 ; Benzinger, « Arch. » p. 124).
Le Sabbat, il ne pouvait être allumé de feu pour les usages domestiques (Ex. xxxv. 3). Dans le raffinage, la fusion et le forgeage des métaux, le feu fut largement employé à la fabrication du veau d'or (Ex.
Usages xxxii. 24) et des idoles (Isa. xliv. 12,
du feu. liv. 16 ; Ecclus. [Siracide] ii. 5). Le feu
était un moyen de vengeance (II Sam. xii.
31 [mais voir les commentaires sur ce passage] ; Jer. xxix.
22 ; Dan. iii. 11, 15 ; I Macc. vii. 5). Les idoles en particulier étaient détruites par le feu (Deut. vii. 5 ; II Rois xix.
18). Des villes étaient brûlées comme mesure de guerre (Josué
vi. 24). Des récoltes étaient incendiées pour provoquer les hostilités (Juges xv. 4-5 ; II Sam. xiv. 30). Si, par négligence en allumant un feu, un dommage était causé à une vigne, à un champ ou à une récolte, la partie coupable était tenue responsable (Ex. xxii. 6). Des livres de caractère répréhensible étaient jetés au feu (Jer. xxxvi. 23). Pour certaines infractions, la peine était la mort par le feu (Lév. xx. 24, xxi. 9 ; comp. Jer. xxix. 22 ; Peine capitale). Des vêtements infectés de lèpre étaient livrés aux flammes (Lév. xiii. 52, 57). Les déchets animaux et le chaume étaient brûlés (Lév. iv. 12, vi. 30 ; Isa. v. 24). Ce n'était que dans des cas exceptionnels que des corps humains étaient incinérés (voir Crémation).
Le feu sur l'autel, nécessaire à l'holocauste, était constamment entretenu (Lév. vi. 12).
Le « feu étranger », c.-à-d. un feu nouvellement allumé ou pris à des foyers profanes,
Usage sacerdotal n'était pas permis (Lév. x. 1 ; Nomb.
du feu. iii. 4, xxvi. 61 ; comp. Ariel). Le
feu sacré était tenu pour avoir une origine divine (Lév. ix. 24 ; II Chron. vii. 1-3 ; comp. II Macc. i.
19-22). Le feu comme moyen d'offrir des sacrifices humains est abhorré (Deut. xii. 31 ; II Rois xvii. 31) ; son emploi à cette fin infâme est interdit (Lév.
xviii. 21 ; Deut. xviii. 10), bien qu'il fût pratiqué même parmi les Israélites (II Rois xvii. 17 ; Jer.
vii. 31), particulièrement sous Ahaz et Manassé (II Rois xvi. 3, xxi. 6 ; voir Tophet, et Gen. xxii. 6). Les portions non consommées durant la cérémonie effective du sacrifice étaient brûlées (Ex. xii. 10).
Le phénomène de la foudre peut peut-être être à l'origine d'expressions telles que « feu du ciel » et « feu de devant YHWH » (Lév. x. 2 ; II Rois i. 10, 12) ; en effet, feu et grêle sont associés (Ex.
Feu du ix. 23 ; Ps. cv. 32). Le feu était re-
Ciel. gardé comme l'un des agents de la volonté
divine ; il accompagne diverses théophanies (Gen. xv. 17 ; Ex. iii. 2 ; Deut. iv. 36 ; Ps.
lxxviii. 14 ; voir Élie, i ah) ; et le feu divin consume l'offrande agréée (Juges vi. 21 ; I Rois xviii.
38). Comme développement de cette conception, Elohîm lui-même est appelé un feu dévorant (Deut. iv. 24, ix. 3). L'apparition du feu sur le Tabernacle est significative de la présence divine (comp. Nomb. iii. 4). Le feu est l'instrument de la colère d'Elohîm (Nomb. xi. 1 ; Deut. xxxii. 22 ; Amos i. 4 ; Isa. lxv. 5), mais Elohîm lui-même n'est pas dans le feu (voir Élie, i ah ; I Rois xix. 12).
Le feu implique une destruction complète (Isa. i. 7, v. 24,
ix. 18 ; Joël ii. 3). Le feu est une maladie brûlante et dévorante ;
Emploi il consume le courage et l'orgueil (Isa.
méta- x. 16, xxxiii. 11). Le feu est insatiable
phorique (Prov. xxx. 16). Il annonce le danger
et illus- (Ps. lxvi. 12 ; Isa. xliii. 2 ; Zach. iii. 2).
tratif. Il cause de la douleur et est donc le
synonyme d'un châtiment terrible (Isa.
lxvi. 24 ; Jer. xx. 9). Les reptiles venimeux partagent le pouvoir du feu (Nomb. xxi. 6). L'amour et la convoitise (Cant. viii. 6 ; Ecclus. [Siracide] ix. 8, xxiii.
16), la langue calomnieuse et la cruauté (Prov. xvi.
27 ; Ps. cxx. 4 ; Isa. ix. 18), brûlent comme le feu ; et ainsi en est-il même de la parole d'Elohîm (Jer. xxiii. 29).
Dans la littérature rabbinique : Le feu fut créé
le lundi (Pirke R. El. iv.), de même que le feu de la Géhenne : Elohîm souffla le feu et chauffa les sept chambres de la Géhenne. Selon d'autres, il fut créé la veille du Sabbat, quand Adam, accablé par l'obscurité, commença à craindre que celle-ci aussi ne fût une conséquence de son péché. Alors le Saint (béni soit-Il !) mit sur son chemin deux briques, qu'il frotta l'une contre l'autre, et dont sortit le feu (Yer. Ber. 12a). Le feu est encore l'un des trois éléments (eau, esprit et feu) qui précédèrent la création du monde. L'eau devint enceinte et enfanta les ténèbres ; le feu devint enceinte et enfanta la lumière ; l'esprit devint enceinte et enfanta la sagesse (Ex. R. xv ; comp. Freudenthal, « Hellenistische Studien », i. 71). Il existe six espèces de feu : (1) le feu qui « mange » mais ne « boit » pas, c.-à-d. ne consume pas l'eau — le feu ordinaire ; (2) le feu qui « boit » mais ne « mange » pas (la fièvre du malade) ; (3) le feu qui mange et boit à la fois (tel celui d'Élie, qui consuma les sacrifices et lécha l'eau ; I Rois xviii.
38) ; (4) le feu qui mange les choses humides aussi bien que les sèches (celui que les prêtres disposaient sur l'autel) ; (5) le feu qui éteint le feu (celui de Gabriel qui, selon la tradition, fut l'ange envoyé dans la fournaise ardente afin de sauver Hanania, Mishaël et Azaria ; Dan. ii. 25) ; (6) le feu qui consume le feu (celui de la Shekinah). Dans le Premier Temple seul, le feu était d'origine divine (Yoma 21b). La Torah donnée par Elohîm était faite d'une enveloppe de feu blanc, les lettres gravées étaient de feu noir, et elle-même était de feu et mêlée de feu, taillée dans le feu et donnée du milieu du feu (Yer. Sotah viii. 22d).
Feu
Firkovich
La Torah a deux feux, la loi orale et la loi écrite (Cant. R. ii. 5) ; « en vérité, toutes leurs paroles [celles des sages] sont comme des charbons ardents » (Ab. ii. 10). L'étude de la Torah produit certains effets semblables à ceux du feu (Sifre, Deut. xxxiii. 2). Le feu sacré sur l'autel avait l'apparence d'un lion — selon une autre opinion, d'un chien (Yoma 21b).
Le feu descendit du ciel lorsqu'Elohîm souhaitait intervenir dans les affaires humaines. C'est ainsi que les clefs du Temple que Jéconiah souhaitait soustraire à Nabuchodonosor furent retirées de la terre (Lév. R. xix.). Ce que la Bible appelle « feu étranger », les talmudistes le nomment le feu nitOVnnn des « gens du commun » (idiōtai ; Nomb. R. ii.). Bien qu'Elohîm eût promis de ne plus visiter la terre par un déluge, il n'avait pas précisé de quelle espèce ; Abraham craint donc qu'un déluge de feu ne soit encore envoyé (Gen. R. xxxix.). Des fleuves de feu mythiques sont mentionnés par les rabbins (voir Angélologie), par lesquels anges et humains sont consumés (Pesik. R. 20). Les adorateurs du feu (« habbarin ») étaient connus des talmudistes (voir Zoroastrisme). Au sujet de la bénédiction sur le feu ou la lumière, les Hillelites déclarent que le feu émet plusieurs couleurs et que le pluriel doit donc être employé (K^NH ’"lIND, « les lumières du feu »), tandis que l'école de Shammaï plaide pour le singulier (tPNn "I'ND), puisque le feu ne possède qu'une seule lumière ou couleur (Ber. 52b). Deux animaux du feu sont mentionnés : la salamandre (Rashi sur Sanh. 63b), et l'« alitha », qui éteint le feu (Sanh. 108b). Le sang de salamandre protège contre le feu (Hag.
26a), comme le prouve l'évasion d'Ézéchias, que son père avait voué à Moloch (Sanh. 63b). Les rabbins ultérieurs tinrent la salamandre pour le produit d'un feu brûlant durant sept ans.
Le feu pour les usages domestiques et industriels reçoit une grande attention des rabbins en raison de la loi du Sabbat. Une assez grande variété de combustibles est mentionnée — diverses espèces de bois, roseaux, saules, noyaux de fruits, herbes tressées, poix, soufre, cire ou fromage et graisse, paille, chaume, lin ; et diverses méthodes pour allumer un feu, avec des copeaux, des roseaux liés ensemble, etc., sont indiquées. Les poêles étaient connus. La « salle chauffée » du Temple jouissait de certaines immunités à l'égard de la rigoureuse loi du Sabbat. Un feu de charbon ouvert dans une casserole était utilisé pour cuire des gâteaux (Shab. i.
10, 22a, b). Des torches de brindilles étaient portées par les voyageurs la nuit (Ber. 43b) et en occasions festives. De grands feux allumés au sommet des montagnes servaient de signaux et étaient employés pour annoncer le commencement de la nouvelle lune (Sanh. 11b). « Feu » en vint à désigner la « fièvre » (Yoma 29a ; Shab. 66b, 67a, et al. ; voir Géhenne ; Lumière).
S. S. E. G. H.
