Définition dans Jewish Encyclopedia

Éthiopie

ETHIOPIA

La traduction dans la Version Autorisée King James, suivant les anciennes versions, d’un nom recouvrant trois pays et peuples différents, à savoir : (1) l’Éthiopie proprement dite ; (2) certaines parties de l’Arabie septentrionale ; et (3) les régions à l’est de la Babylonie. Voir Cusn pour ce nom et les problèmes qu’il soulève.

Les versions, à commencer par la Septante, ne connaissaient aucun autre pays que Koush (égyptien, « Ko[’]sh »), c.-à-d. la Nubie au sud de l’Égypte. Dans la Bible, « Cush », fils de Cham et frère de Mitsraïm (Égypte ; Gen. x. 6 ; I Chron. i. 8), désigne manifestement l’ancêtre des Nubiens. À l’origine, les Égyptiens n’employaient le nom Ko[’]sh que pour les tribus vivant au sud de la seconde cataracte, l’étendant après 1500 av. J.-C. à toute la vallée du Nil au sud de l’Égypte ; jamais toutefois aux hauts plateaux d’Abyssinie, qui, par une usurpation littéraire tardive et à la grande confusion des savants modernes, acquirent le nom d’« Éthiopie ».

Les Grecs incluaient souvent sous le terme d’« Éthiopiens » (ceux au visage sombre) toutes les nations de l’Afrique orientale ou centrale, mais désignaient comme Éthiopie proprement dite la vallée du Nil de Syène (comparer Éz. xxix. 10) à l’actuel Khartoum. Les habitants de ce pays étaient des nègres plus ou moins purs. Isa. xviii. 2 (King James Version Révisée) les appelle « grands et lisses » ; mais il est très douteux que cette obscure description d’un pays « bruissant d’ailes, qui est au-delà des fleuves de l’Éthiopie » {ib. xviii. 1), puisse désigner la Nubie.

Ces tribus barbares furent, à une époque ancienne, tributaires des Pharaons, qui firent de la partie nord du pays une véritable province égyptienne après 2000 av. J.-C., et de la moitié méridionale après 1600. Les vice-rois de cette province devinrent indépendants vers 1000 av. J.-C. Napata et Méroé furent les capitales. Les rois éthiopiens occupèrent Thèbes vers 800, et P’ankhy tenta de conquérir toute l’Égypte environ cinquante ans plus tard ; mais une possession effective ne put être réalisée que par Shabako vers 700. Après Shabatako, le troisième Pharaon éthiopien, Taharko monta sur le trône (le Tirhaka de II Rois xix. 9 et Isa. xxxvii. 9). Son intervention dans les affaires syriennes provoqua la conquête assyrienne de l’Égypte, pays qu’il fut incapable, avec son successeur Tanut-amon (Tandamani), de reconquérir durablement (comparer Nahum iii. ; Isa. xx. 3). Cambyse accomplit la menace d’Éz. xxx. 4 et rendit l’Éthiopie tributaire (comparer Esth. i. 1, viii. 9 ; I Esd. iii. 2). Vers 210, le roi Ergamenes brisa la puissance des grands prêtres d’Amon, qui, par le moyen de leurs oracles, avaient été en réalité les souverains jusqu’alors.

Sous Auguste, une violation de la frontière romaine à Syène provoqua l’expédition punitive de Pétronius et la destruction de Napata. Quelques misérables restes du royaume et de l’ancienne culture égyptienne subsistèrent quelque temps à Méroé ; les tribus sauvages des Nobades et des Blemmyes prirent la place des Éthiopiens, dont la langue et la race sont communément supposées être représentées par les Nubas modernes.

La Bible mentionne en outre l’Éthiopie comme le type d’une terre lointaine (Ps. lxviii. 31, lxxxvii. 4 ; Amos ix. 7 ; Soph. ii. 12, iii. 10 ; Dan. xi. 43). Isa. xliii. 3 semble impliquer la richesse de l’Éthiopie, probablement en or, pierres précieuses, etc. (comparer Job xxviii. 19, « la topaze d’Éthiopie » ; Isa. xlv. 14, « le commerce de l’Éthiopie »). Des mercenaires éthiopiens en Égypte sont mentionnés dans Jér. xlvi. 9. Voir aussi Cush.

E. G. n. W. M. M.

ETHNARQUE = « chef de nation ») : Dans le monde gréco-romain, celui qui était à la tête d’une communauté quelconque, sans être un souverain indépendant. Le mot hébreu « rosh » (t^XT), particulièrement dans les ouvrages bibliques de l’époque postexilique, avait peut-être une signification apparentée à « ethnarque » (Nestle, dans la « Zeitschrift » de Stade, xv. 288 ; Schrader, « K. A. T. » 3e éd., p. 310). L’obscur ’Zapajj.el (I Macc. xiv. 28) n’est probablement que le titre hébreu de Siméon (bi< DJ? « prince du peuple d’Elohîm »), qui porta ce titre en plus de celui de grand prêtre. Il fut appelé à la fois « strategos » et « ethnarch » (ib. xiv. 47). Le titre Xapp^f) 2al3avait:X, donné par Origène au Livre des Maccabées, signifierait alors Dy ly* (= « sceptre du prince du peuple d’Elohîm »), se rapportant à Judas Maccabée, le principal héros du livre. Il s’ensuivrait qu’il y avait deux ethnarques même à cette période : Judas Maccabée et Siméon. Josèphe appelle ce dernier « ethnarque », suivant probablement le Livre des Maccabées (« Ant. » xiii. 6, § 7). Pourtant Willrich, non sans raison, considère cette affirmation comme erronée (« Judaica », p. 83).

Le titre d’« ethnarque » fut officiellement donné à Hyrcan II, bien que Pompée lui eût refusé la couronne (« Ant. » XX. 10, § 4). Le titre d’Hyrcan, tel qu’il est donné dans un document de César, était « grand prêtre et ethnarque », et ses enfants devaient être désignés de la même manière (xiv. 10, § 2 ; xiv. 8, § 5). Hérode le Grand est aussi appelé kOvapxvi sur une monnaie (Eckhel, « Doctrina Nuniniorum », i., iii. 484), bien que Saulcy, Levy et d’autres attribuent cette monnaie à Archélaüs. Archélaüs, fils d’Hérode, fut jugé indigne du titre de « roi » et reçut simplement celui d’« ethnarque » (« Ant. » xvii. 11, § 4 ; « B. J. » ii. 6, § 3).

Le chef de la communauté juive d’Alexandrie portait le titre d’« ethnarque » (Strabon, dans « Ant. » xiv. 7, g 2), et était probablement identique à l’AlauARCii. Cela peut être déduit d’un décret de Claude permettant la succession des ethnarques {ib. xix. 5, g 2). Mais Philon dit expressément qu’au temps d’Auguste la gérusia assuma les fonctions du « génarque » (« In Flaccum », g 10), et yevap-Xn^ équivaut ici sans doute à idvapxt]^. Philon doit se référer à un intervalle durant lequel, la permission d’Auguste n’ayant pas été obtenue, aucun ethnarque ne pouvait être nommé. À Damas, le roi nabatéen Arétas IV avait un ethnarque au temps de l’apôtre Paul (II Cor. xi. 32) ; il n’y a pourtant aucune raison de considérer ce dignitaire comme étant à la tête des Juifs de cette ville, comme le fait Grätz (« Gesch. » 4e éd., iii. 371), suivant des savants antérieurs, car il s’agit du chef ou cheikh de quelque tribu nomade (Schiirer, « Gesch. » 3e éd., ii. 83).

Dans une épitaphe de Smyrne, la communauté juive est appelée « peuple » (edvof) des Juifs (Reinach, dans « R. E. J. » vii. 161-166) ; le chef de cette communauté devait donc avoir porté le titre d’« ethnarque » (comp. Suidas, s.v. «dvof). Origène (« Epist. ad Africanum », g 14) appelle le patriarche des Juifs de Palestine « ethnarque », lui attribuant un grand pouvoir ; mais cela semble être simplement une autre désignation pour « patriarche ».

Bibliographie : Gratz, Oeitch. 4e éd., iii. 30, comp. note 4 ; Schiirer, Gesch. 3e éd., i. 344, 11. 83 ; J. Weiss, dans Herzog-Hauck, Real-Encyc. 3e éd., v. 5:58 ; Biichler, Das Syiihedriou in Jcnisalem, pp. 46, 307, Vienne, 1903.

G. S. Kk.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.