Définition dans Jewish Encyclopedia
Eli
ELI
('isjj) : Grand prêtre à Silo et juge sur Israël (I Sam. i. 3, iv. 18, xiv. 3 ; I Rois ii. 27). Il était un descendant du quatrième fils d’Aaron, Ithamar (Lév. x. 12), car il est déclaré qu’Abiathar (I Sam. xxii. 20 ; I Rois ii. 27) était de la lignée d’Ithamar (I Chron. xxiv. 3), et Abiathar était le fils d’Ahimélek, fils d’Ahitub (I Sam. xiv. 3), petit-fils d’Éli.
Éli exerçait une double fonction : il était grand prêtre au sanctuaire central de Silo, où l’Arche de l’Alliance était conservée {ib. i. 3, 12 ; iii. 2), et il était juge en Israël, comme il est expressément déclaré dans ib. iv. 18. Éli avait deux fils, Hophni et Phinéas, dont la méchanceté attira chagrin et déshonneur sur lui et sa famille {ib. ii. 12-17, 27-36).
Éli vécut à une époque triste de l’histoire d’Israël. Peu auparavant, les armées des Philistins, probablement renforcées par des renforts (Guthe, « Geschiclite des Volkes Israel. » 1899, p. 65), avaient commencé à envahir les districts centraux depuis la frontière sud-ouest de la Palestine (Josèphe, « Ant. » v. 8, § 1). Samson s’était levé « pour délivrer Israël de la main des Philistins » (Juges xiii. 5) ; mais après sa mort les attaques reprirent, et Israël fut obligé de prendre les armes (I Sam. iv. 1). Afin de s’assurer l’aide d’Elohîm, les Israélites apportèrent l’Arche de Silo au lieu de la guerre, où elle était portée par les deux fils d’Éli. Mais Elohîm n’avait pas décrété la victoire pour Son peuple. Celui-ci devait d’abord être puni par le désastre. C’est pourquoi l’armée israélite fut défaite ; les deux fils d’Éli furent tués, et l’Arche fut perdue. Lorsque le messager qui apportait la nouvelle de la bataille raconta la capture de l’Arche, Éli, qui était âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, tomba de son siège et mourut {ib. iv. 10-18).
La seule référence précise de l’Ancien Testament à la durée de la vie d’Éli réside dans les mots : « Et il avait jugé Israël quarante ans » {ib. iv. 18). Certains savants, tels Kessler (« De Chronologia Judiciiiii et Primorum Regum », pp. 29 et suiv.) et Nowack (« Richter-Ruth », p. 19), ont inféré que les quarante années d’oppression philistine mentionnées dans Juges xiii. 1 sont synchrones des vingt années attribuées à Samson (Juges xv. 20, xvi. 31) et des quarante années d’Éli. Mais cette supposition ne concorde pas avec les termes de l’Ancien Testament ; les années de judicature de Samson sont exposées de la même manière que celles d’Éli. Le Livre des Juges, de plus, mentionne toujours les années d’oppression par opposition à la période de gouvernement d’un juge ; et enfin, les quarante années d’Éli ne paraissent pas, dans leur ensemble, avoir été une période d’oppression.
La critique biblique a avancé peu de théories nouvelles concernant la vie d’Éli. Le seul point qui a été établi avec quelque probabilité est mentionné par II. P. Smith (« Samuel », dans « International Critical Commentary », p. 20) : « Une source antérieure sur la vie d’Éli contenait originellement quelque récit supplémentaire d’Éli et de Silo, que l’auteur [des Livres de Samuel] ne pouvait utiliser. Une indication en est le fait qu’Éli entre en scène en i. 3 sans introduction. » II. P. Smith admet aussi que de grandes difficultés se rencontrent « pour assigner une date précise à l’un ou l’autre de nos documents ».
Bibliographie : H. P. Smith, Samuel, dans Inte.rnatUmal Critical Commentarii, 1899 ; H. Guthe, (ienrh. deii Vulken lurael, 1899, pp. .53, 67 ; Hans Kessler, De Cfiroiiiilogia Judieiim et Primorum Regum, pp. 12, 29 et suiv., Leipsic, 1883.
E. G. ir. E. K.
