Définition dans Jewish Encyclopedia
Cymbales
CYMBALS
Instruments de musique à percussion. Le terme est utilisé dans la Version Autorisée King James dans tous les passages sauf un (Zech. xiv. 20) pour traduire les hébreux « zelzelim » et « meziltayim ». Connues de la plupart des nations de l'Antiquité, les cymbales servaient à marquer le temps ou le rythme lors de danses ou pour des chanteurs et autres exécutants musicaux. Tel est aussi leur rôle dans la Bible. En Ezra iii. 10 elles accompagnent les « hazozerot » (trompettes) seulement ; mais ailleurs elles sont mentionnées en liaison avec plusieurs autres instruments. Elles étaient en évidence dans la musique des cérémonies religieuses (I Chron. XV. 16, 19 ; II Chron. v. 13, xxix. 25 ; Neh. xii. 27). Des Lévites étaient mis à part comme cymbalistes (I Chron. xvi. 42).
Les cymbales étaient faites de laiton (I Chron. xv. 19 ; Josèphe, « Ant. » vii. 12, § 3 ; Yer. Suk. v., fin), ou de cuivre avec une légère admixture d'argent, à en juger par une paire trouvée dans une tombe égyptienne. Elles variaient considérablement en taille. Parmi les Arabes deux jeux différents sont en usage : l'un, de grand diamètre, aux cérémonies religieuses ; l'autre, de plus petite taille, pour accompagner la danse. Une différence similaire semble indiquée par les diverses qualifications des cymbales mentionnées en Ps. cl. 5 ; à savoir, « à sonorité élevée » (« zilzele teru'ah ») et « bruyantes » (« zilzele shema‘ »). Le fait que Josèphe (f. c.) ne décrive qu'un type, Klaria et fjeyaka (« large » et « grand »), a pesé dans l'opinion selon laquelle, comme chez les Arabes, ainsi chez les Hébreux, seules les cymbales larges — c.-à-d. de grand diamètre — étaient admises aux offices sacrés. La Michna aussi (‘Ar. 13a ; comparer Gem. 13b) insiste pour qu'une seule paire ait été utilisée dans le Temple. Les cymbales « bruyantes » (shema‘) ont, par suite, été expliquées comme des castagnettes, p. ex., quatre petites plaques fixées aux pouces et aux index des deux mains (= Kp£///?aXa, « seistra » ; voir Pfeiffer, « Ueber die Musik der Hebraer », p. 54) — mais il n'y a aucun fondement pour cette supposition (voir illustrations dans « Psalms », éd. Haupt, « S. B. O. T. », pp. 233, 233).
Les cymbales en usage dans le Second Temple étaient réputées par les Rabbins du Talmud d'une grande antiquité, et avaient subi des réparations altérant la qualité du timbre (Yer. Suk. v., fin). Pourtant leur son puissant et lointain était encore rappelé (ib. 55c, en bas ; Tamid 30b). Les cymbales du Temple étaient confiées à un officier spécial : Ben Arza est mentionné à cette fonction (Shek. v. 1 ; Yer. Shek. 48a). Ses instruments donnaient le signal aux Lévites pour chanter les psaumes (Tamid vii. 3, 4). Le verbe employé pour désigner le fait de jouer des cymbales est « hikkish » (tJ^'pn), qui, en lien avec la préposition « sur » 6v) trouvée dans certains passages (où, toutefois, d'autres leçons donnent 2 = « avec »), peut éventuellement indiquer que l'instrument du Temple consistait en une seule plaque, stationnaire, battue par l'exécutant avec un battant ou un marteau. À l'appui de ce point de vue on peut considérer le fait que, tandis que dans l'hébreu biblique le nom est pluriel (?) ou duel, dans l'hébreu mishnaïque tardif il apparaît au singulier.
En Zech. xiv. 20 la Version Autorisée King James traduit les mots hébreux « mezillot ha-sus » par « bells », tandis que la Septante a « bridles » (voir Bridles), et le Targum les rend « blankets », c.-à-d. caparisons. Rachi explique qu'il s'agit ici de (« clappers », ou sphères métalliques en forme de battants), qui, comme il le suggère par sa traduction en français, « tinter », émettent un son de tintement — une explication que Kimhi, citant Rabbi Éléazar b. Pedath (Bab. Pesahim 50a), accepte. L'usage de telles empattures pour orner l'harnachement des chevaux est courant en Orient. En fait, « zilzol », en hébreu talmudique, est le nom d'une ceinture (d'où le LXX. « bridle ») ornée de tels grelots, portée par des femmes de mauvaise vie et indicative de leur commerce (Midr. R. à Esther i. 11 ; Sotah 9a).
Peut-être l'allusion en I Cor. xiii. 1 renvoie-t-elle aussi à cette coutume. Le KvnPakov ahila^ov, pris comme désignant un tel ornement de ceinture, exprime fortement et de façon frappante la pensée sous-jacente du passage.
Bibliographie : Nowaok, Hebraïsche Archäologie, 1. 270 ; Benzinger, Arch. p. 271 ; John Stainer, Music of the Bible, London, sans date ; Kiehm, Handwörterbuch, 2e éd., s.v. Becken.
E. G. H.
