Définition dans Jewish Encyclopedia
Cuivre
COPPER
Le premier métal commun à être employé, car il est facile à obtenir et aisément travaillé.
Les lieux d’inhumation où l’on trouve des ustensiles, des armes, etc., en
fer sont attribués à une période plus tardive que
ceux qui contiennent des armes de cuivre ou de bronze.
Le mot « cuivre » dérive du nom de
« Chypre », l’île dont les anciens
Grecs tiraient ce métal ; d’où le nom
KvTrpiog, latin ces cyprium, cuivre. Le nom hébreu
« nehoshet » désigne non seulement
Nom et le cuivre, mais aussi l’alliage de cuivre. Puisque
origine. le cuivre est assez mou et très flexible,
il était mêlé à d’autres métaux, spécialement à l’étain, devenant ainsi presque aussi dur que
l’acier. C’est probablement d’un tel alliage de cuivre qu’étaient faits
la pointe de lance (I Sam. xvii. 7), la lance (II Sam.
xxi. 16), et l’arc (II Sam. xxii. 35), et peut-être aussi les entraves (Juges xvi. 21). Aux temps les plus reculés, les épées et les haches étaient sans doute coulées en alliage de cuivre (T Rois vii. 46) ; plus tard, elles furent forgées
en fer (I Sam. xiii. 19 ; Isa. ii. 4).
En Palestine même, il n’y avait pas de mines de cuivre, et
probablement aucune dans les montagnes du Liban, bien qu’on y trouvât du minerai de fer ; les Israélites devaient donc
importer leur matière première soit des Égyptiens,
soit des Phéniciens. Les premiers exploitaient dès une époque très ancienne des mines de cuivre dans la péninsule du Sinaï ; et les ruines d’immenses exploitations se voient encore dans le Wadi
Meghara et le Wadi Nasb. Les inscriptions égyptiennes
y trouvées déclarent que, même avant l’époque de Khéops
ou Khufu, qui construisit la grande pyramide de Gizeh,
le cuivre fut extrait par Senoferu, roi de la quatrième
dynastie. Les Phéniciens extrayèrent probablement d’abord le cuivre à Chypre. Mais Ézéch. xxvii. 13 indique que
plus tard ils obtenaient aussi du minerai des montagnes colchiennes par l’intermédiaire des Tibaréniens et des Mosques. Les
Israélites avaient des relations commerciales tant avec les
Égyptiens qu’avec les Phéniciens, mais non à une époque très ancienne. Moïse, toutefois, est représenté comme ayant fabriqué un serpent d’airain (« nehushtan », Nom. xxi.
Copenhague
Corbeil
9), qui fut plus tard adoré dans le Temple de
Jérusalem, et qu’Ézéchias « brisa en morceaux »
(II Rois xviii. 4) ; et Beçaléel, dans le désert,
aurait fabriqué en partie en airain les ustensiles
pour le Tabernacle.
Ces exemples sont des anachronismes ; car I Rois vii. 13 (comparer II Chron. ii. 12 et seq.) montre que, du temps de Salomon, l’art de couler
l’airain était encore inconnu des Israélites, puisque le
roi dut envoyer à Tyr chercher un ouvrier en airain (Hiram). Ex. xxxviii. est aussi un exemple d’anachronisme, l’ameublement du Temple de Salomon étant pris comme modèle ; tandis que le nehushtan de II Rois
xviii. 4, s’il appartient réellement à une époque ancienne, doit avoir été importé d’ailleurs. Que de telles choses aient été importées peut se déduire du
commandement de YHWH dans Ex. xxxiv. 17. Si une
« image fondue » (nSDtD) est ici interdite au peuple,
on peut supposer que, par opposition à l’ancien éphod hébreu de bois ou de pierre, l’image importée en airain était prohibée, et que dans
Ex. xxxiv. 17 le terme « massekah » (n3DD) doit être pris dans son sens spécifique de fabrication
d’airain ; car aux premiers temps les idoles
de bois ou de pierre, plaquées d’or
Images ou d’argent, étaient adorées (« efod » ou
et autels « pesel » ; comparer Juges viii. 22 et
séq., xvii, 1 et seq.). Cette hypothèse est d’autant plus
probable qu’il n’y a plus aucun doute que des influences étrangères, plus spécialement phéniciennes, affectèrent la construction et l’ameublement du Temple de Salomon.
d’airain.
Dans les premiers temps, l’autel de YHWH était construit de
terre ou de pierres non taillées (Ex. xx. 24 et seq.). L’autel d’airain dans le Temple de Salomon indique une rupture avec cette ancienne coutume israélite ; et Achaz fit ensuite construire dans le Temple un nouvel autel, modelé sur un autel qu’il avait vu à Damas (II Rois xvi. 10 et seq.). Dès lors, il devint probablement coutumier en Israël de fabriquer leurs ustensiles en airain. Malheureusement, les coûteux piliers, veaux, ustensiles, etc., d’airain qui ornaient le Temple depuis les jours de Salomon furent détruits par le vandalisme des Babyloniens, qui les brisèrent en morceaux et emportèrent le métal à Babylone (II Rois
XV. 13 et seq. ; Jer. lii. 17 et seq.). Dans le Second
Temple il y avait aussi des ustensiles d’airain, mais non en
si grande quantité ; des cymbales d’airain sont mentionnées dans
I Chron. xv. 28 (comparer Josèphe, « Ant. » vii. 12,
§ 3). Le ciel d’airain dont il est question dans Deut.
xxviii. 23 ne signifie pas qu’après une sécheresse prolongée le ciel brille comme du bronze nouvellement fondu,
puisque dans le passage parallèle de Lev. xxvi. 19 la
terre aussi est comparée à l’airain. Cela signifie plutôt
que la voûte céleste est fermée si étroitement qu’aucune
goutte de pluie ne peut descendre, et que la terre, par conséquent, se change en airain ; c’est-à-dire devient dure
et improductive.
Bibliographie : O. Schrader, Prehistoric Antiquities of the
Aruan Peoples, vi ; Johannes Ranke, Der Menseh, ii. 516-
523.
J. JR. W. N.
