Définition dans Jewish Encyclopedia
Corbeau
RAVEN
(Hébreu, « ‘oreb ») : Le premier oiseau mentionné spécifiquement dans l’Ancien Testament (Genèse viii. 7), où il est cité en relation avec Noé et l’arche. Il est inclus parmi les oiseaux impurs dans Lévitique xi. 15 et Deutéronome xiv. 14, où le terme embrasse toute la famille des Corvidés — corbeaux, choucas, freux, etc. Il compte huit espèces en Palestine. Le corbeau vit généralement dans des ravins profonds et rocheux et des lieux désolés (comp. Esaïe xxxiv. 11). Son habitude de commencer son attaque en crevant les yeux de sa victime est évoquée en Proverbes xxx. 17. L’image du corbeau est utilisée à titre d’illustration lorsque l’on fait référence au soin avec lequel Elohîm veille sur ses créatures (comp. Psaumes cxlvii. 9). On dit que des corbeaux ont fourni de la nourriture à Élie (1 Rois xvii. 3-6). Le plumage sombre et luisant du corbeau est comparé aux boucles d’Éašîth (Cant. v. 11).
Dans le Talmud, outre « ‘oreb » (B. K. 92b, etc.), le corbeau est désigné « pushkanza » (B. B. 73b), et, d’après son croassement, « korkor » (B. B. 23a). « Shalak » dans Lévitique xi. 17 est expliqué dans Hul. 63a comme un oiseau qui prend du poisson dans la mer, et Rachi ajoute : « C’est le corbeau d’eau » (comp. Targ. ad loc., et voir Cormoran). « Zarzir » est considéré comme une espèce de corbeau, et cela donna lieu au proverbe : « Le zarzir va vers le corbeau, car il est de sa race » — équivalent de l’anglais « Birds of a feather flock together » (voir Hul. 62a, 65b ; et, pour d’autres espèces, Hul. 63a, 64a). Bien que les corbeaux s’aiment entre eux (Pes. 113b), ils manquent d’affection envers leurs jeunes tant que ces derniers ne sont pas pourvus de plumage noir (Ket. 49b) ; mais la Providence prend soin d’eux en faisant apparaître des vers dans leurs excréments (B. B. 8a et suiv.). Lors de l’accouplement, la salive éjectée de la bouche du mâle dans celle de la femelle produit la conception (Sanh. 108b). Les riches domestiqaient le corbeau (Shah. 126b), mais à cause de sa saleté l’oiseau fut effrayé hors du Temple au moyen d’un épouvantail (Men. 107a). Le croassement du corbeau était un mauvais augure (Shah. 67b). La comparaison des cheveux noirs avec le plumage du corbeau se trouve aussi en Hag. 14a. Voir Colombe.
Bibliographie : Tristram, Nat. Hist. p. 198 ; Lewysohn, Z. T. p. 172.
E. G. H. I. M. C.
