Définition dans Jewish Encyclopedia

Consolation

CONSOLATION

Données bibliques : Confort ; atténuation du chagrin (noni, D’Dinin) ; soulagement de la douleur (du verbe DnJ, signifiant à la forme piel « ôter la peine ») ; paroles de sympathie et d’encouragement offertes à des personnes en détresse (Genèse xxxvii. 35 ; II Samuel xii. 24 ; Job xvi. 2 ; Ps. cxix. 50, 82). Après l’inhumation des morts, les endeuillés recevaient de la « consolation » de la part des amis, qui les faisaient participer au repas des endeuillés et à la coupe de consolation (voir Jérémie xvi. 7 ; comparer Ps. lxix. 20 ; Job xlii. 11). Ces amis, appelés « consolateurs », sont fréquemment mentionnés dans la Bible (voir Lam. i. 2 et sq. ; Qohelet iv. 1 ; II Samuel x. 2 ; Job xvi. 2 ; Ps. lxix. 20 ; Nahum iii. 7), et l’acte de consoler est évoqué en Job xxix. 25, et surtout en Isaïe LVII. 18 et sq., héb. : « Je lui rendrai consolation et à ses endeuillés — nourriture pour le raffermissement des lèvres » (les derniers mots hébreux, « bore nib sefatayim », ont été étrangement mal interprétés par les commentateurs ; la Version Autorisée King James donnant : « I create the fruit of the lips » ; voir Luzzatto ad loc.). Isaïe LXVI. 10 et sqq., héb. : « Réjouissez‑vous avec elle tous ceux qui la pleurez afin que vous suciez et soyez rassasiés de l’abondance de sa consolation », contient aussi une allusion à cette coutume (comparer Ps. xciv. 19, « tes consolations », et Job xv. 11). Aussi l’interprétation du nom de Noé comme celui qui « consolera » les hommes de leur rude labeur à cause de la malédiction de la terre (Genèse v. 29, HII) renvoie au vin dont il fut le premier producteur (Genèse ix. 20 ; voir Gunkel, commentaire, ad loc., et Proverbes xxxi. 6). La consolation fut spécialement promise par les prophètes de l’Exil au peuple pleurant Jérusalem (Isaïe xl. 1 ; xlix. 13 ; li. 3, 12 ; liii. 9 ; lxi. 2 et sq. ; lxvi. 10‑13 ; Jérémie xxxi. 12 et sq. ; Zacharie i. 13, 17). D’où le nom “Nechamah” ou “Nehamata” (consolation) donné à la littérature prophétique comme offrant du réconfort aux endeuillés de Jérusalem par la promesse de l’avènement du « consolateur », soit « le Messie » (voir « Menahem » comme nom du Messie, Sanh. 98b) soit le « messager de la bonne nouvelle » (voir Paraclet ; B. B. 14b ; Ber. 31b ; Yer. Ber. v. 8d).

Dans la littérature rabbinique : « La consolation de Jérusalem » (voir ci‑dessus) est mentionnée dans la prière récitée aux repas (voir Bénédiction après les repas) ; aussi par les Karaites dans l’éloge nuptial (voir Müller, “Masseket Soferim,” p. 273), avant la lecture de la Haftarah (voir “Massek. Soferim,” xiii. 12), et particulièrement dans les bénédictions dites sur la coupe de consolation au repas des endeuillés. La consolation de Jérusalem est ainsi mise en relation avec celle des endeuillés sur les morts (voir Két. 8b ; Siddur K. Amram, i. 55 ; Tur Yoreh De’ah, 379 ; Shulchan ‘Aruk, 2).

Il y avait deux portes dans le Temple à Jérusalem, que l’on croyait avoir été construites par le roi Salomon, par l’une desquelles les mariés passaient, par l’autre les endeuillés et les personnes anathématisées ; la première pour recevoir les félicitations, la seconde les consolations, des habitants de Jérusalem, qui se rassemblaient devant ces portes afin de manifester leur sympathie. Après la destruction du Temple la synagogue devint l’endroit où les mariés recevaient les félicitations et les endeuillés les condoléances du peuple (Soferim, xix. 12 ; comparer Pirke B. El. xiii.). Autrefois les endeuillés restaient immobiles, et les personnes offrant la consolation passaient devant eux ; plus tard, en raison de la rivalité entre familles revendiquant des droits de préséance en raison d’un rang supérieur, les gens furent disposés en files, et les endeuillés passèrent devant eux, recevant la consolation (Saidi. 19a). Dix hommes étaient nécessaires pour former une telle file (Saidi. ib.). Là où il n’y avait pas d’endeuillés pour recevoir la consolation, une congrégation de dix hommes rendait les honneurs au mort (Shab. 152a, b). Si le roi était en deuil, le peuple lui disait : « Puissions‑nous être ton expiation ! », c.‑à‑d. : Puissions‑nous souffrir pour ton péché ! Et il répondait : « Puissez‑vous être bénis par le Seigneur ! » (Sanh. ii. 1). Au prêtre dans le Temple qui était en deuil ou dans le malheur, les amis se tenant à droite disaient : « Que Celui qui habite cette maison soit ton Consolateur ! » (Middot ii. 2).

Les amis qui offraient la consolation s’asseyaient par terre avec les endeuillés et attendaient que ceux‑ci parlissent les premiers (Yer. M. K. iii. 83a). Lorsque Johanan ben Zakkaï perdit son fils ses disciples vinrent pour l’encourager. R. Éliézer dit : « Le premier homme perdit son fils Abel, et fut consolé ; ainsi devrais‑tu être consolé. » R. Josué dit : « Job eut beaucoup de fils et de filles, et les perdit tous en un jour, et fut consolé ; ainsi devrais‑tu être consolé. » R. José fit allusion à Aaron, le grand prêtre, qui perdit ses deux fils le jour de la dédicace du Sanctuaire, et fut consolé ; R. Siméon fit référence au roi David, qui perdit un fils et fut consolé. Mais B. Johanan ben Zakkaï répliqua : « Vos consolations ne font qu’éveiller la douleur, dans la mesure où elles rappellent le sort funeste qui arriva à tous ces hommes. » Alors R. Éléazar b. ‘Arak commença : « Un roi donna un précieux dépôt à un homme ; et, voici, l’homme était dans une crainte constante de l’avoir endommagé ou perdu ; et seulement lorsqu’il l’eut rendu sain et sauf il se sentit en paix. Le Roi du monde te donna un fils qui devint un dévot de la Loi ; puis, s’étant familiarisé avec toutes les branches de l’enseignement, il partit de ce monde sans péchés ; ne devrais‑tu pas être reconnaissant d’avoir pu rendre le trésor à Elohîm dans un état aussi irréprochable ? » Sur quoi R. Johanan b. Zakkaï répondit : « Vraiment, toi, R. Éléazar, tu m’as consolé » (Ab. R. N. xiv. ; comparer Beïuki.
). Judah bar Nahmani, le meturgeman de Resh Lakish, parla à la mort d’un enfant aux endeuillés : « Frères qui êtes affligés par cette perte, méditez sur ce sort amer de l’homme fixé dès les jours de la création ; beaucoup ont bu à cette coupe, et beaucoup en boiront encore. Que le Seigneur de la Consolation vous console ! Béni soit le Consolateur des endeuillés ! » Aux amis venus compatir il dit : « Frères qui pratiquez la bienfaisance, fils des pratiquants de la bienfaisance, adhérant à l’alliance d’Abraham notre père, que le Seigneur de la Rétribution vous rétribue ! Béni soit Celui qui rétribue les bonnes actions ! » (Két. 8b).

Dans la littérature midrashique Elohîm lui‑même est considéré comme donnant aux hommes un exemple de la « consolation des endeuillés » (Sotah 14a, en référence à Genèse xxv. 11 : « Après la mort d’Abraham Elohîm bénit Isaac »). Il est dit de la consolation qu’« elle fait partie de ces choses qui apportent le bonheur à l’homme » (Ab. R. N., A., XXX., éd. Schechter, p. 89) ; et il est déclaré que « le vin n’a été créé que pour la coupe de consolation » (‘Er. 60a, en référence à Proverbes xxxi. 6). Pour le repas des endeuillés voir Rites funéraires et coutumes du deuil. K.

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Source

The Jewish Encyclopedia, Funk & Wagnalls (1901-1906), domaine public aux États-Unis ; sélection partielle, traduction française et réadaptation éditoriale À l'ombre du figuier, d'après les scans Internet Archive.