Définition dans Jewish Encyclopedia
Coiffe
HEAD-DRESS
Recouvrement ou ornement pour la tête. Très peu d'informations sont accessibles quant à l'ornement et au recouvrement de la tête en usage parmi les Israélites de l'Antiquité. Les sources de l'Ancien Testament contiennent à peine quoi que ce soit sur ce sujet ; les monuments n'apportent pas davantage de matériel. Les Israélites figurés sur le bas-relief de marbre de Sennachérib apparaissent sans couvre-chef, et bien que les ambassadeurs de Jéhu sur la stèle de Salmanasar portent un couvre-tête, leur costume paraît plus assyrien qu'israélite. Un seul passage de la littérature ancienne présente quelque signification : I Rois xx. 31 mentionne “habalim” conjointement avec “sak”, tous deux placés autour de la tête. Cela rappelle les représentations de Syriens sur les monuments égyptiens, figurés portant une corde autour de leurs cheveux longs et flottants, coutume encore suivie en Arabie. Evidemment le costume des classes les plus pauvres est représenté ; mais comme il ne fournissait absolument aucune protection contre la chaleur du soleil à laquelle un travailleur des champs est si souvent exposé, il y a peu de probabilité qu'il soit resté inchangé très longtemps, bien qu'il ait pu être la mode la plus ancienne.
Les Israélites avaient très probablement un couvre-chef semblable à celui porté par les Bédouins. Il consiste en une keffieh pliée en triangle et placée sur la tête, les extrémités du milieu pendant sur la nuque pour la protéger, tandis que les deux autres sont nouées ensemble sous le menton. Une grosse corde de laine (“‘akal”) maintient le tissu fermement sur la tête. À une époque ultérieure, les Israélites, hommes et femmes, adoptèrent un couvre-chef du type turban, plus proche de celui des fellahs d'aujourd'hui. Ces derniers portent un petit bonnet (“takiyah”), généralement en tissu de coton plié doublement ou triplement, censé protéger les autres parties du couvre-chef de la transpiration. Chez les garçons, ceci constitue souvent le seul couvre-chef. Sous ce bonnet sont placés un, souvent deux, bonnets en feutre (“lubbadah”), et le couvre-chef national des Turcs, le tarbouch rouge. Autour de celui-ci est enfin enroulé soit un linge de coton non blanchi à rayures rouges et frange, un “mandil” à fleurs gaies, une keffieh rayée rouge et jaune, une écharpe en cachemire noire, un morceau de mousseline blanche, ou un tissu coloré. Un tel couvre-chef non seulement protège des rayons accablants du soleil, mais fournit aussi un oreiller pratique à l'occasion, et est souvent utilisé par les fellahs pour conserver des documents importants.
Que le couvre-chef des Israélites devait être de ce genre est indiqué par le nom substantival “zanif” et par le verbe “habash” (enrouler ; comp. Ézéchiel xvi. 10 ; Exode xxix. 9 ; Jonas ii. 6 [Version Autorisée King James 5]). “Zanaf” signifie “rouler comme une boule” (Isaïe xxii. 18). Quant à la forme de tels turbans, rien n'est connu ; peut-être variaient-ils selon les différentes classes de la société, comme c'était la coutume chez les Assyriens et les Babyloniens, dont les modes ont pu influencer le costume des Israélites. Comment la mitre du grand-prêtre (“mizuefet”; Exode xxviii. 37, xxix. 6) différait du zanif n'est pas clair ; peut-être était-elle pointue comme le couvre-chef porté par les rois assyriens ; le turban (“migba'ah”) d'un prêtre ordinaire avait probablement une forme conique. On ne sait rien concernant l'“atarah” (II Samuel xii. 30 ; Ézéchiel xvi. 12) ou la “keter” (Esther i. 11, ii. 17, vi. 8 ; comp. De Lagarde, “Gesammelte Abhandlungen,” pp. 207, 213-21 ; idem, “Armenische Studien,” pp. 67, 2003).
Le marié était distingué par son couvre-chef (“pe'er”; Isaïe lxi. 3 ; Ézéchiel xxiv. 17, 23), qui était, peut-être, en tissu enroulé autour de la tête et porté sur le zanif (comp. Exode xxxix. 28). Les voiles étaient utilisés seulement par les femmes, et même par elles seulement en certaines occasions, la stricte séparation des hommes et des femmes, coutume dans les pays musulmans, étant étrangère à l'antiquité juive. La mariée était voilée lorsque l'on la conduisait vers le marié (Genèse xxiv. 65 ; comp. xxix. 22 et s.). À une époque plus tardive, cependant, les voiles et les étoffes diaphanes trouvèrent place dans la garde-robe des femmes juives (comp. Isaïe iii. 16 et s.). Qu'il arrive que parfois les hommes israélites aient porté un voile, comme le font les hommes parmi les Arabes occasionnellement, ne peut être prouvé d'après Exode xxxiv. 33 et s. Voir Voile.
Jewish Head-Dress at Various Periods.
1,2. Angleterre (13e s.). 3-5. Allemagne (13e s.). 6-8. France (13e s.). 9. Provinces du Rhin (13e s.). 10. Constance (1417).
11. Hollande (15e s.). 12. Italie (15e s.). 13, 14. Allemagne (15e s.). 15-17. Provinces du Rhin (15e s.). 18, 19. Worms (16e s.). 20. Allemagne (16e s.). 21. Worms : “Judenbischof” (17e s.). 22. Souabe (17e s.). 23. Francfort-sur-le-Main (1630).
24, 25. Pologne (1765). 26, 27. Varsovie (1825). 28. Cracovie (17e-18e s.). 29. Podolie (1750). 30. Tunis (1800). 31. Maroc (1800).
32. Moravie (1800). 33. Russie (moderne). 34. Caucase (moderne). 35. Russie : karaïte (moderne). 36,37. Tunis (moderne). 38. Russie : “Yarmulka” (moderne). 39. Angleterre : rabbinique (moderne).
Règles d’hygiène
Cœur
Le texte est signé E. G. II. W. N.
