Définition dans Jewish Encyclopedia
Cananéens
CANAANITES, THE
Les expressions « Canaan » et « Cananéen » (yj2, ’yj3) sont appliquées dans l’Ancien Testament parfois à la population collective non-israélite à l’ouest du Jourdain, ou au pays lui-même (Genèse xii. 5 ; Josué xxii. 9 ; Ps. cvi. 38), et parfois à une partie de la population. Ainsi, les Cananéens sont mentionnés parmi d’autres tribus palestiniennes (Genèse xiii. 7, xv. 21 ; Exode iii. 8) ; et le terme est appliqué spécifiquement aux habitants de la côte méditerranéenne (Josué v. 1) ou aux tribus habitant entre cette côte et le Jourdain (Josué, xi. 3 ; Nombres xiii. 39). En tant que désignation des habitants de la côte il est identique à « Phéniciens », et est ainsi employé dans un sens politique en Isaïe xxiii. 2. En Sophonie ii. 4 le nom est appliqué à la population philistine de la côte méridionale ; mais l’exactitude du texte n’y est pas tout à fait certaine. Puisque le terme « Cananéens » s’appliquait aussi aux Phéniciens, il obtint progressivement le sens de « commerçants », comme employé en Isaïe xxiii. 8 ; Ézéchiel xvi. 29, xvii. 4 ; Sophonie i. 11 ; Job xl. 30 (A. V. xli. 6) ; Proverbes xxxi. 24 ; (possiblement aussi en Zacharie xiv. 21). L’usage cohérent du mot est une des caractéristiques distinctives des sources yahvistes, tandis que l’élohiste emploie « Amorite » dans le même sens (comparer Amorite et Hittite). En Isaïe xix. 18, où la langue des Cananéens est mentionnée, le mot « Canaan » est appliqué à la population juive de la Palestine, mais en Osée xii. 8 il est une épithète opprobreuse pour Israël idolâtre, si le texte ici est fiable.
Le même double emploi du mot se retrouve ailleurs. Ainsi, sur des monnaies phéniciennes le mot yj3 est utilisé pour désigner le peuple phénicien. De même, les écrivains grecs emploient le mot x’’" (forme courte = yjD) en référence à la Phénicie ou aux ancêtres des Phéniciens (comparer Schröder, “Die Phoenizische Sprache,” p. 6). Dans les tablettes d’el-Amarna “Kinahhu” (yjD) et “Kinahna” se réfèrent à la portion nord de la côte méditerranéenne. Dans les vieilles inscriptions égyptiennes le mot « Kan’na » est appliqué spécialement à la côte phénicienne ; parfois aussi à toute la rive méditerranéenne. Le mot désignant les Cananéens dans ces inscriptions est cependant appliqué d’un sens plus large au peuple de la Syrie occidentale en général. Cela est similaire à l’usage de l’Ancien Testament, mais plus compréhensif.
Il est très probable que l’application limitée du mot à la côte méditerranéenne est l’usage original et plus restreint du terme, observé dans tant d’inscriptions pointant dans cette direction. Le nom fut ensuite appliqué aux habitants de l’intérieur, soit parce que la population côtière était à l’origine mieux connue, soit parce qu’ils occupaient réellement une grande partie du district montagneux aussi.
Bibliographie : Moore, in Proceedings of Am. Oriental Soc. 1890, lxvii. et suiv. ; Zimmern, in Zeit. Deutsch. Paläst.-Ver. xiii. 138 ; W. Max Müller, Asien und Europa, pp. 205 et suiv. E. G. H. F. Bu.
