Définition dans Jewish Encyclopedia
Calendrier
CALENDAR
(hébreu, « Luah » = table) : Un arrangement systématique des jours de l’année.
Le calendrier juif compte les jours d’un soir à l’autre, conformément à l’ordre observé dans le récit biblique de la Création, « Et il y eut un soir, et il y eut un matin, un jour » (Genèse i. 5). Ce principe est répété dans le Pentateuque plusieurs fois (Exode xii. 18 ; Lévitique xxiii. 32). Avec la tombée de la nuit le jour, la période de vingt-quatre heures, prend fin, et un nouveau commence. Le jour, dans ce sens du mot, consiste en deux périodes, celle de la lumière et celle des ténèbres : la première est appelée « jour » ; la seconde, « nuit ». Ainsi le terme « jour » est employé dans un double sens ; (1) comme la période de vingt-quatre heures ; et (2) comme le temps du jour. Quel des deux sens le mot porte dans tel passage particulier de la Bible peut facilement être déduit du contexte ou de passages parallèles (comparer Bab. Suk. 43a).
La transition du jour à la nuit, de la lumière à l’obscurité, et vice versa, est graduelle : dans un cas elle commence avant le coucher du soleil, et se prolonge jusqu’après le coucher du soleil ; dans l’autre, elle commence avant le lever du soleil et se prolonge jusqu’après le lever du soleil. Les deux périodes de transition sont d’une longueur indéfinie, et sont appelées, en hébreu, « ‘ereb » et « boker » (« soir » et « matin » ; comparer Ruth iii. 14 ; Deutéronome xxiii. 11 ; Nombres ix. 15). La période de transition est aussi appelée « neshef » (« aube » et « crépuscule » ; Proverbes vii. 9 ; 1 Samuel xxx. 17 ; comparer Berakot 3b) et « dimdume hamraah » (rougeur du soleil, Yer. Berakot iv. 1 ; Bab. ib. 9 ; et Rachi, ad loc.).
La tombée de la nuit, en tant que ligne frontière entre deux jours consécutifs, est le moment où trois étoiles de la deuxième magnitude deviennent visibles (« zet ha-kokabim ») ; et la longueur d’un jour par opposition à la nuit est, selon Néhémie iv. 21, « depuis le lever du matin » (« ‘alot ha-shahar » ou « ‘alot ‘ammud ha-shahar ») « jusqu’à ce que les étoiles apparaissent » (« zet ha-kokabim » ; Berakot 2b). Le court laps de temps précédant l’apparition effective des étoiles est considéré comme une période douteuse, ni jour ni nuit, et est appelé dans la littérature rabbinique « ben ha-shemashot » (entre les deux soleils), euphémisme pour « bene ramshaya » (entre les soirées ; comparer Mishnah Pesaḥim i. 1). La durée du « ben ha-shemashot » est fixée par les Rabbins (Tur Orah Haššaim, 261) à treize minutes, trente secondes avant la nuit.
Un élément important du calendrier juif moderne est l’annonce de zet ha-kokabim les Sabbats, fêtes et jeûnes. Le temps qui s’écoule entre le coucher du soleil et l’apparition des étoiles varie d’un jour à l’autre et d’un lieu à l’autre. Il est déterminé par des observations fréquentes, ou par calcul. Dans ce dernier cas, ainsi que dans le premier, les résultats trouvés doivent être considérés comme le temps moyen de zet ha-kokabim, qui ne concorde pas dans chaque cas individuel avec le résultat de l’observation directe.
On peut supposer que, dans des conditions atmosphériques moyennes, trois étoiles de la deuxième magnitude deviennent visibles le soir quand le soleil est à sept degrés au-dessous de l’horizon. Le calcul est basé sur les trois équations suivantes ; (1) cos 0 — ^ ... (2) cos H = tan D
cos L cos D
tan L. (3) cos (H — x) = 2 cos cos ^
[H = temps en degrés depuis le midi jusqu’au coucher du soleil ; D = déclinaison du soleil ; p = un angle auxiliaire ; X = temps entre le coucher du soleil et le moment où le soleil atteint 7 degrés sous l’horizon.] Dans les latitudes élevées, où pendant l’été le soleil ne descend pas sous l’horizon, et pendant l’hiver ne s’élève pas au-dessus, les jours sont comptés en été depuis le midi, c.-à-d. depuis un passage supérieur du méridien par le soleil jusqu’au passage suivant ; en hiver, depuis minuit à minuit, c.-à-d. depuis un passage inférieur du méridien par le soleil jusqu’au suivant.
Dans des lieux de même latitude le moment de zet ha-kokabim varie selon la longitude. Comme tout autre point de temps, il parcourt la sphère à la vitesse d’un degré en quatre minutes d’un méridien à l’autre, le long de n’importe quel cercle parallèle, et revient au point de départ en vingt-quatre heures. La question qui se pose alors est : quel est à considérer comme le premier méridien. En quel point du cercle les vingt-quatre heures commencent-elles ? Le problème a été discuté par R. Judah ha-Levi dans son « Cuzari » (ii. 11), et bien qu’il semble enclin à prendre le méridien du Sinaï ou de Jérusalem comme premier, le méridien à 90 degrés à l’est de Jérusalem fut accepté comme point de départ.
Le jour est divisé en vingt-quatre heures égales, commençant à 6 p.m. (Dans Pirke R. El. l’« heure grande », égale à deux heures ordinaires, est mentionnée.)
Cette division n’affecte que le calcul du « molad » et de la « tekufah » (début d’un mois et des quatre saisons de l’année). À d’autres égards, le jour est divisé en douze heures, qui varient selon la longueur du jour. L’on ne sait pas si la nuit à l’époque talmudique était également divisée en douze heures. Tandis qu’en plein jour les parties pouvaient facilement être déterminées par le cadran solaire, cela devenait difficile après la tombée de la nuit. Tant dans la littérature biblique que talmudique il est fait mention d’une division de la nuit en trois ou quatre veilles (Berakot 3a) (« ashmorah » ou « mishmarah » ; comparer « la veille du matin » [Exode xiv. 24], « la veille du milieu » [Juges vii. 19], « le commencement des veilles » [Lam. ii. 19]).
L’heure est divisée en 1 080 parties (« halakim »). Dans le Yer. (Berakot i. 1) la division suivante est donnée : Un jour a vingt-quatre heures ; une heure a vingt-quatre « ‘onot » ; l’« ‘onah » a vingt-quatre « ‘ittot » ; un « ‘et » a vingt-quatre « rega’im ». Dans le calcul du molad seuls les halakim sont employés. L’heure et les parties (halakim) sont traitées comme constantes ; un jour à l’équateur, également divisé entre le jour et la nuit — la nuit durant de 6 p.m. à 6 a.m., et le jour de 6 a.m. à 6 p.m. — étant pris comme base du calcul.
La semaine consiste en sept jours, distingués les uns des autres par leur place dans la semaine. Ils sont appelés le premier jour, le deuxième jour, le troisième jour, et ainsi de suite jusqu’au septième jour, qui est en outre appelé « Shabbat » (Repos) ou « Yom ha-Shabbat » (Jour de Repos). Comme le Sabbat est le jour le plus important de la semaine, le terme « Shabbat » signifie aussi « semaine » — c.-à-d. la période d’un Sabbat au suivant ; et une année de repos est aussi appelée « Shabbat » (ou « shabu‘a »). Le vendredi, en tant que précurseur du Shabbat, est appelé « ‘Ereb Shabbat » (La Veille du Sabbat). Le terme « ‘ereb » admet deux significations : « soir » et « mélange » (Exode xii. 38) ; et « ‘Ereb Shabbat » désigne par conséquent le jour au soir duquel commence le Sabbat, ou le jour où l’on prépare de la nourriture à la fois pour le jour courant et pour le jour suivant, ce dernier étant le Sabbat.
L’idée de préparation est exprimée par le nom grec nερακεuη, donné par Josèphe (« Ant. » xvi. 6, § 12) à ce jour (comparer Marc xv. 42 ; Luc xxiii. 54 ; Matt. xxvii. 62 ; Jean xix. 42). Dans Yer. Pesaḥim iv. 1 le jour est appelé « Yoma da-‘Arubta » (Jour de la Préparation). Un autre terme fréquemment employé pour décrire le jour est l’araméen « me'ale » (apportant, c.-à-d. l’entrée du Sabbat). Le samedi soir — c.-à-d. la soirée après la fin du Sabbat — est en conséquence appelé « Moza’e Shabbat » en hébreu et « Appuke Yoma » en araméen (« faisant sortir le jour »). Le nom, donné à l’origine au samedi soir, est aussi appliqué pour désigner l’ensemble du « dimanche ». De même, la sixième année, ou l’année précédant l’année sabbatique, et la huitième année, ou l’année suivant l’année sabbatique, sont respectivement appelées « ‘Ereb Shevi'it » et « Moza’e Shevi‘it ».
Les mêmes termes sont aussi appliqués aux jours précédant et suivant chacune des fêtes ; comme « ‘Ereb Pesaḥ », « ‘Ereb Soukkot », etc. Les Sabbats hebdomadaires sont distingués les uns des autres par la leçon du Pentateuque ou par celle des Prophètes, lue le Sabbat. « Shabbat Bereshit », par exemple, est le nom du premier Sabbat après les fêtes solennelles d’automne, ou le premier Sabbat après Simḥat Torah, parce que ce jour est lu la section, ou parashah, qui commence « Bereshit » (Genèse i. 1) ; de même, le second Sabbat est appelé « Shabbat Noé », parce que la parashah commençant « Eleh Toledot Noé » est lue ce jour-là. Encore, « Shabbat Naḥamu » est le Sabbat après le jeûne d’Ab, lorsque Isaïe xl., commençant « Naḥamu » (Consolez-vous), est lu ; et « Shabbat Shovah » est le nom du Sabbat entre le Nouvel An et le Jour des Expiations, quand Osée xiv., commençant « Shubah » (Retour), est lu. Les noms sont fondés sur la coutume suivie à présent dans toutes les congrégations orthodoxes, prescrivant la lecture de l’ensemble du Pentateuque dans la synagogue une fois par an. Dans les synagogues où l’on adopte le cycle de trois ans, ces noms ne s’appliquent pas. Voir Sidr.x.
Une difficulté concernant le Sabbat se présente pour ceux qui voyagent autour du monde. En voyageant vers l’ouest, ils trouvent le jour plus long que 24 heures ; en voyageant vers l’est, ils trouvent le jour plus court que 24 heures. Lorsqu’ils reviennent au point de départ, les premiers constatent que les a jours de leur compte sont a—1 jours ordinaires de 24 heures ; tandis que ceux qui voyagent vers l’est trouvent que leurs a jours sont égaux à a + 1 jours ordinaires de 24 heures. Supposons que le voyageur se dirigeant vers l’ouest termine son voyage le vendredi soir selon son calcul, il trouve qu’à son point de départ ce n’est pas vendredi mais samedi soir ; et le voyageur dans la direction opposée, s’il termine son voyage le samedi soir, selon son compte trouve que le jour a été compté en ce lieu comme vendredi et non comme samedi. Dans le premier cas, donc, le voyageur a observé un Sabbat de moins que ses frères à la maison ; dans le second cas, un Sabbat de plus.
La lune passe par ses différentes phases en 29 jours, 12 heures, 793 parties (halakim) d’une heure. Ces phases servent de mesure du temps (comparer Ps. civ. 19) ; et la période couverte par elles est connue comme un mois lunaire. Pour des fins pratiques, cependant, les mois sont comptés en jours pleins et commencent avec le début de la nuit. Ils contiennent soit 29 soit 30 jours ; dans le premier cas le mois est « chéle », c.-à-d. déficient d’un demi-jour ; dans le second, « male » (plein) excédant d’un demi-jour. La première apparition de la nouvelle lune détermine le commencement du mois. Au début un petit croissant faible, comme une faucille, peut être aperçu par ceux dotés d’une bonne vue, depuis des lieux favorables pour une telle observation. Il peut donc arriver que dans différents endroits la réapparition de la lune soit remarquée à des jours différents. Afin d’éviter toute confusion possible pour l’autorité religieuse centrale, le chef du Sanhédrin, en collaboration avec au moins deux collègues, fut chargé de la détermination du jour du Nouvel An lunaire pour toute la nation. Voir Calendar, History of.
Bien que le calendrier juif ait ainsi été réglé par observation directe, les membres du tribunal semblaient être en possession d’un système reconnu, appelé « Sod ha-Tibbur » — (« Tibbur » est l’intercalation d’un jour dans un mois, le rendant trente jours, et d’un mois dans une année. L’objet principal du calendrier était de régler ces deux points) — qui leur permettait de mettre à l’épreuve l’exactitude des témoignages des témoins oculaires, et auquel on faisait probablement appel en des occasions exceptionnelles (R. H. 20). Il y eut des temps de persécution où le président et le Sanhédrin ne purent exercer leur autorité ; des temps de troubles et de guerre où ni témoins ni messagers ne pouvaient voyager en sécurité. Dans de telles occasions on dut se fier au calcul. La substitution du calcul à l’observation devint progressivement permanente, contribuant à maintenir l’unité religieuse de la nation, et assurant la célébration uniforme « des saisons de YHWH », indépendamment des vicissitudes des temps, ainsi que de la distance des colonies juives de la Palestine. Un calendrier permanent, encore en vigueur, fut introduit par Hillel II, nasi du Sanhédrin vers 360. Il est incertain ce que contenait à l’origine le calendrier de Hillel, et quand il fut généralement adopté. Dans le Talmud il n’en reste aucune trace.
À l’origine, les Hébreux employaient des numéraux pour distinguer un mois d’un autre. Le mois au cours duquel la saison du printemps (« Abib ») commençait était le premier mois (Exode xii. 2 ; Deutéronome xvi. 1), les autres mois étant appelés respectivement le second, le troisième, etc. Quelques traces de noms de mois se rencontrent dans les livres bibliques plus anciens : Abib, le premier mois (Ex. l.c.) ; Ziw, le second mois (1 Rois vi. 1) ; Ethanim, le septième mois (ib. viii. 2) ; et Bul, le huitième mois (1 Rois vi. 38). Dans les livres post-exiliques on emploie des noms babyloniens ; à savoir, Nisan, Iyyar, Sivan, Tammuz, Ab, Elul, Tishri, Heshwan, Kislew, Tebet, Shebat, Adar, et Ve-Adar.
Bien que les Hébreux aient compté par mois lunaires, il fut prévu que le premier mois soit au printemps (Exode xii. 2, xiii. 4 ; Deutéronome xvi. 1). Comme l’année lunaire consiste en douze mois, ou 354 jours, 8 heures, 876 parties, elle est plus courte, de 10 jours, 21 heures, 204 parties, que l’année solaire, et tous les deux ou trois ans la différence est égalisée par l’adjonction d’un mois, suivant le douzième mois. L’année est alors appelée année embolismique, et consiste en 383 jours, 21 heures, 589 parties. Différentes méthodes furent suggérées pour l’égalisation des années solaire et lunaire (voir ‘Ar. 8b et suiv. ; Pirke R. El. vii. ; et Baraita de Samuel), mais le cycle de Méton, ou le Mahzor du calendrier de Hillel, prévalut. Au début il appartenait au Sanhédrin de décider annuellement si l’année devait être commune ou embolismique ; et la décision était fondée sur l’observation directe quant aux signes du printemps. Avec le temps, le calcul fut aussi substitué à l’observation dans ce cas ; et la succession des années communes et embolismiques fut fixée de façon permanente.
Le fait que l’année civile n’incluait que des jours complets, ainsi que quelques autres considérations, exposées ci-dessous dans les principes du calendrier juif, causa des variations dans le nombre de jours, tant dans l’année commune que dans l’année embolismique.
Voici les principes régissant le calendrier juif : (1) La longueur du mois lunaire astronomique est de 29 jours, 12 heures, 793 parties.
(2) Un mois synodique a 29 ou 30 jours, et est en conséquence « chéle » (défectueux), ou « male » (plein).
(3) Le premier de Tishri est le jour où le « molad » (conjonction) de Tishri a lieu, sauf : (a) lorsque le molad a lieu à midi ou après (« Molad Zaken »). (b) lorsque le molad est un dimanche, mercredi, ou vendredi (« Adu » = 1 4 3). (c) lorsque le molad dans une année commune est un mardi, 204 parties après 3 a.m. (« Gatrad » = TiDJ). (cl) lorsque le molad est un lundi, 589 parties après 9 a.m., dans une année succédant à une année embolismique (« Betutakpat » = DDpni03). Les exceptions (« dehiyyot » = ajournements) furent introduites pour éviter que le Jour des Expiations ne tombe un dimanche ou un vendredi (‘Ar. l.c. p. 20), et que le septième jour des Tabernacles ne tombe un samedi. Maïmonide (« Yad », Kiddush ha-Hodesh, v. 7) tente d’expliquer ces exceptions astronomiquement. L’exception du Molad Zaken prévoyait que le premier de Tishri devrait au moins inclure six heures du nouveau mois astronomique, conformément à R. H. 20 : « si le molad a lieu avant midi, la lune peut être vue le même jour près du coucher du soleil » ; et ce même jour fut déclaré premier de Tishri. Il y avait au moins la possibilité que des experts découvrent le petit croissant de la lune six heures après la conjonction ; et cette possibilité justifiait les auteurs du calendrier à fixer le jour du molad comme premier du nouveau mois, si le molad avait lieu avant midi.
Une tentative infructueuse fut faite par un certain Ben Mehi (923) de substituer 12 heures, 642 parties pour « midi » (comparer A. Harkavy, “Zikron La’aharonim,” et M. Friedlander, in “Jew. Quart. Rev.” V. 196 et suiv.).
(4) Le molad de Tishri de l’an premier fut un dimanche, 204 parties après 11 p.m. (5) Une année commune, consistant en douze mois, a 353, 354, ou 355 jours ; une année embolismique, consistant en treize mois, a 383, 384, ou 385 jours. L’effet de ces variations est la variation dans la longueur des mois de Heshwan et Kislew, qui ont 29 et 30 jours, 30 et 30 jours, ou 29 et 29 jours ; les années sont en conséquence appelées « kesidrah » (régulière), « shelemah » (parfaite), ou « haserah » (défectueuse), et marquées par les lettres hébraïques D, et n. Ces variations pour l’année commune et pour l’année embolismique, ainsi que les changements quant au jour de la semaine où tombe le premier de Tishri, sont : C3, n3 DU DH, K'H D’T et nt pour l’année commune, et ^^2 HQ 31 nn t?T et ni pour l’année embolismique ; les lettres S. I. H. T. désignant lundi, mardi, jeudi, et samedi.
(6) Dans le cycle (« mahzor ») de dix-neuf années, la 3e, 6e, 8e, 11e, 14e, 17e, et 19e sont des années embolismiques ; les autres sont des années communes. Dix-neuf années lunaires avec sept mois supplémentaires égales dix-neuf années solaires moins une heure, quatre cent quatre-vingt-cinq parties. Certains comptent les sept années embolismiques du cycle différemment, parce qu’ils commencent la première année du premier cycle différemment. L’année solaire dans le calendrier juif, selon Samuel de Nehardea, est la même que l’année julienne. Selon R. Ada, fils d’Aliabah (date inconnue), elle est de 12/9? mois lunaires = 365 jours, 5 heures, 997|| parties (voir Maïmonide, “Hil. Kiddush ha-Hodesh,” ix., x.). L’année est divisée en quatre saisons égales ; et le commencement d’une saison est appelé en hébreu « tekufah ». Une tekufah est distante de la suivante de 91 jours, 7½ heures, selon Samuel, dont la théorie a été adoptée pour des fins rituelles.
Comme le calendrier chrétien est fondé sur l’année solaire, et que le calendrier juif n’a que des années de douze ou treize mois lunaires, se pose le problème de savoir comment trouver, pour une date juive donnée, la date chrétienne correspondante. La solution est la suivante :
Étant donné : Sept. 34, 3 A.M., la première tekufah de Tishri, étant 13 jours, 30 heures, 304 parties avant le premier molad de Tishri. Quelle est la date chrétienne du molad de Tishri 5661 (1901) ?
Solution : 5660 = 397 cycles (de 19 ans) et 11 ans. L’excès d’une année solaire sur une année lunaire = 10 jours, 21 heures, 204 parties : de 19 années solaires sur 1 cycle = 1 heure, 485 parties.
En 397 cycles l’excès = 17 jours, 22 heures, 405 parties ; En 17 années l’excès = 17 jours, 19 heures, 870 parties.
Déduire 12 jours, 20 heures, 204 parties de la somme, et 12 jours, 21 heures, 1071 parties restent comme excès de 5660 années solaires sur 5660 années lunaires ; c.-à-d., le molad Tishri de 5661 est 13 jours, 21 heures, 1071 parties avant le 24 sept., 3 a.m. = 11 sept., 14 min. après 5 a.m. (ancien style), ou 24 sept., 5 heures, min. (nouveau style).
La date du premier de Tishri n’est pas nécessairement celle du molad de Tishri. Selon la règle 3, elle dépend du jour de la semaine où le molad a lieu, si le premier de Tishri est le jour du molad, ou un ou deux jours plus tard. Pour trouver le jour de la semaine du molad Tishri, procédez dans l’exemple ci-dessus comme suit :
Le premier molad Tishri fut 2 jours, 5 heures, 204 parties. L’excès sur des semaines complètes est dans une année commune 4 jours, 8 heures, 876 parties : dans une année embolismique, 5 jours, 31 heures, 589 parties ; dans un cycle de 19 ans, 2 jours, 16 heures, 595 parties ; dans 297 cycles, 11 années communes, et 6 années embolismiques, il s’élève à 0 jours, 5 heures, 885 parties ; ajouté à l’initial 2 jours, 5 heures, 204 parties, le total est 3 jours, 11 heures, 9 parties ; c.-à-d. le molad Tishri 5561 est le lundi, min. après 5 a.m., et le premier de Tishri est le même jour, lundi, 24 sept.
Gauss (« Monatliche Correspondenz von FreiI. v. Zach. », v. 435) donne la formule suivante pour trouver la date chrétienne du quinzième de Nisan de l’année A a.m. :
12 A + 17 = 19 D + a ; A = 4 E + h : M est un entier et m une fraction ; M + m = 32.0440933 + 1.5542418 a + 0.25 b — 0.003177794 A. Explication de l’équation : Soient M, m, a, b, c, de même signification qu’au-dessus, T = date initiale de Nisan 1 (le jour du molad) de l’année 1 a.m. avec les heures et halakim du molad Tishri de l’année 3 (c.-à-d. le 33 mars, 583) ; __ mois lunaire I longueur. Alors M + m = T - (A - 1)
7K - (A - 1) L + (6 - 1) 0.25 = T - (A - 1) (19 - 12) K
- etc. = T + K (12 A - 13) - etc. = T + K (12 A - 2) - 10 K
- etc. = T + K (12 A + 17) - 10 K - etc. = T -f K (12 A + 17) - AL + L + 0.25 b - 0.25. T - 10K + L + 14 =
32.0440933 ; et — 0.25 est négligé afin d’augmenter la valeur de M de 6 heures et ainsi d’exclure Molad Zaken ; et l’addition ou la soustraction d’un multiple de 19 n’altère pas le résultat.
De plus, M + 3 A + 5 b + 5 = 7 F + c. Si c = 2, 4, ou 6, le quinzième de Nisan est le (M + 1)e jour de mars ; si c = 1, a > 6, m > 0.63287037, — il est sur le (M + 2)e de mars, et si c = 0, a > 11, et m > 0.89772376 Nisan 15 est sur le (M + 1)e de mars ; dans tous les autres cas, sur le M e de mars.
Cette formule vise à déterminer quel jour de la semaine tombe le M e de mars : l’excès de jours sur des semaines complètes est de 1 jour dans les années ordinaires, 2 jours dans les années embolismiques, ou 5 jours tous les 4 ans. Le premier mars de l’an 1 était un samedi ; l’excès de jours sur des semaines complètes depuis le premier mars de l’an 1 jusqu’au M e de mars de l’an A est = 6 + ⌊A-1/4⌋ + ⌊A-1/100⌋ + ⌊A-1/400⌋ = M + (A— b) 5 + b (parce que l’addition ou la soustraction d’un multiple de 7 n’altère pas le résultat) = M + 3 A - 2 b + 5 = M + 3 A + 5 b + 5.
Afin de faciliter la comparaison des deux systèmes de dates, des tables sont jointes qui montrent la date pour chaque jour sur 1 000 ans de l’an 1001 à 2000. Dans la Table I. la première colonne donne les années de l’ère commune ; la seconde colonne, celles de l’ère de la création (selon la tradition juive, les astérisques indiquant les années embolismiques) ; dans la troisième colonne les lettres « r », « p », et « d » indiquent si l’année hébraïque est régulière, parfaite, ou déficiente ; la colonne suivante porte les chiffres 2, 3, 5, 7 pour indiquer si le premier de Tishri est un lundi, mardi, jeudi, ou samedi. La dernière colonne donne la différence entre les dates standard chrétiennes de la Table II. et les dates réelles de l’année en question : par ex., 1110 c.E. ou 4870* A.M. p. 7 — 7 (c.-à-d., l’année 1110 C.E.) correspond à 4870 a.m., qui est une année embolismique de 13 mois, parfaite, ayant 385 jours, le premier de Tishri, samedi, et 7 jours avant le 4 sept.
Cette différence doit être ajoutée à la date chrétienne si l’on la cherche à partir de la date juive donnée, et déduite de la date juive si l’on cherche celle-ci à partir d’une date chrétienne donnée. Quant à la date juive entre Nisan et Elul de l’année X, ou la date chrétienne entre mars et décembre, utilisez la différence donnée pour X + 1 ; autrement, celle pour l’année X.
La Table II. contient les dates juives et chrétiennes d’une année, commençant le premier de Nisan, et le 11 mars ; et ayant Tishri 1 le 4 sept. Comme l’année chrétienne est plus longue que l’année juive commune, la table a été étendue jusqu’à la fin de Nisan de l’année suivante. Depuis Kislew en avant il y a trois lignes pour chaque mois, marquées « r », « p », et « d », et selon que l’année est régulière, parfaite, ou déficiente, l’une ou l’autre ligne doit être utilisée. En Ve-Adar « r », « p », et « d » ont chacune deux lignes, marquées respectivement « c » et « l », l’une pour l’année chrétienne commune, la seconde pour l’année chrétienne embolismique. La première colonne de dates contient les dates pour les premiers jours de Rosh-hodesh des mois qui ont deux jours de Rosh-hodesh. La différence entre les dates d’une année particulière et cette table standard (Table I, 5e colonne) s’applique aux mois depuis Tishri en avant dans cette année, et aussi aux mois de Nisan à Elul de l’année précédente (et de janvier à mars de cette année, et de mars à décembre de l’année précédente). Les dates qui tombent le même jour de la semaine que le premier de Tishri sont imprimées en chiffres plus gras. Les deux exemples suivants illustrent l’usage des tables :
Maïmonide naquit le 14 Nisan, 4895 ; trouver la date chrétienne correspondante. Dans la Table I. on trouve que 4895 A.M. correspond à 1135 C.E. ; et que le nombre de différence pour 4896 (qui s’applique aussi aux six derniers mois de 4895) est 6. Dans la Table II. le quatorzième de Nisan correspond au 34 mars : ajouter 6, et le résultat est : 30 mars 1135. Le premier de Tishri, selon la Table I., était un mardi, et le quatorzième de Nisan, occupant la cinquième place à partir de la date en caractères gras, était un samedi.
Quel jour hébreu correspond au 15 août 1520 ? Table I. : 1521 = 5281 9. Table II. : 15 août = 10 Elul ; déduire 9.
Donc : 15 août 1520 = 1 Elul 5280.
Selon la Table I., le premier de Tishri est un jeudi, et dans la Table II. 1 Elul précède de près la date imprimée en caractères gras. 1 Elul 5280 était un mercredi.
Il existe deux cycles : le grand cycle (« mahzor gadol ») de vingt-huit années solaires, et le petit cycle de dix-neuf années lunaires. En vingt-huit années solaires les tekufot (selon Samuel) complètent leur course de variations en ce qui concerne l’heure du jour et le jour de la semaine ; et le Nouvel An (1 janv.) revient exactement le même jour de la semaine tous les vingt-huit ans. Le cycle de dix-neuf années lunaires (le cycle de Méton) détermine la séquence des années communes et embolismiques dans le calendrier juif, parce que dix-neuf années lunaires avec sept mois supplémentaires (sept années embolismiques) égalent approximativement dix-neuf années solaires.
Treize petits cycles, = 247 ans, forment le cycle (« ‘iggul ») de Rabbi Nahshon. Ce cycle a presque un nombre exact de semaines, seulement 905 parties manquant pour compléter la dernière semaine. Le premier de Tishri après 247 ans tombe sur le même jour de la semaine pendant une longue période, mais pas pour toujours, à cause de la déficience de 905 parties ; ni le même ordre des années quant à leurs caractéristiques ne se répète après 247 ans.
Les cycles de « shemittah » (sept ans), d’année de remise, et de « yovel » (cinquante ans = jubilé), n’affectent pas le calendrier juif.
Voici une liste des dates des fêtes et jeûnes juifs ;
Nisan 14. Veille de Pâque.
15. Pâque, premier jour.
16. Pâque, second jour.
17-20. Chol ha-mo‘ed, ou jours intermédiaires.
21. Pâque, septième jour.
22. « huitième jour.
Iyyar 18. Lag ba-‘Omer, ou trente-troisième du ‘Omer.
Sivan 6. Shavuot ou Pentecôte, premier jour.
7. « « second jour.
Tammuz 17. Jeûne de Tammuz.
Ab 9. Jeûne d’Ab.
Tishri 1. Nouvel An, premier jour.
2. « second jour.
3. Jeûne de Gedaliah.
10. Jour des Expiations.
15. Souccot, premier jour.
16. « second jour.
17-21. Chol ha-mo‘ed, ou jours intermédiaires.
21. Hoshana rabba.
22. Fête du huitième jour.
23. Réjouissance de la Loi (Simḥat Torah).
Kislew 25. Hanoukkah, premier jour.
Tebet 10. Jeûne de Tébet.
Shebat 15. Nouvel An des arbres.
Adar 13. Jeûne d’Esther (en années communes).
14. Pourim (en années communes).
15. Pourim de Chouchan (Shushan Purim).
Adar 14-15. Pourim Katan (en années embolismiques).
Ve-Adar 13. Jeûne d’Esther (en années embolismiques).
14. Pourim (en années embolismiques).
15. Shushan Purim (en années embolismiques).
Bibliographie : Isaac Israeli, Yesod Olam; Slonimski, Tsvoti ha-Tibbûr ; A. Schwartz, Der Jüdische Kalender, Breslau, 1872 ; Al-Biruni, The Chronology of the Ancient Nations, London, 1879 ; S. B. Ramahy, The Jewish and Mohammedan Calendar, London, 1901 ; I. Loeb, Tables du Calendrier Juif, Paris, 1886. Maïmonide, Mishne Torah, Hil. Kiddush ha-Hodesh ; Abraham Cohen Pimentel, Minhat Kohen, Amsterdam, 1668.
j en années embolismiques.
TABLE I.
Montrant les dates pour chaque jour sur mille ans depuis l’année 4761 (1001 C.E.)
